Covid-19 : Comment Nkurunziza sacrifie les Burundais pour «se maintenir »

Malgré la pandémie de covid-19 qui a déjà touché le pays, mercredi 6 mai 2020, le président de la République du Burundi a convié ses concitoyens aux urnes afin de voter massivement pour l’échéance présidentielle prévue le 20 mai 2020. Des mouvements des contestations ont déjà été relevés dans tout le pays par rapport au risque de contamination à la pandémie.

Le Burundi a entamé depuis le 27 avril 2020, sa phase électorale en prélude au scrutin présidentiel prévu le 20 mai 2020. Les campagnes électorales ont déjà débutés sur l’étendue du territoire. La grande cohue réunie au stade de Bujumbura lundi 5 mai 2020, a laissé témoigner de son lancement effectif. Les adeptes du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie ( CNDD-FDD ), le parti au pouvoir, se rassemblent dans plusieurs meetings dans les villes du pays. La température prise, il n’y a plus de danger lié à une éventuelle contamination, selon les autorités administratives du pays. Seulement, l’inquiétude des populations réside surtout dans la crainte de l’organisation de campagne électorale alors que le Covid-19 n’a pas encore fini de faire ses prouesses mortuaires en Afrique.

Derechef, les 15 cas confirmés de covid-19 au Burundi ont eu pour effet de n’inquiéter aucun membre de l’administration burundaise, tous plongés dans la campagne électorale. Les villes de Bujumbura et de Muramvya ont accueilli dans leurs stades, près de 500.000 personnes pour des meetings du CNDD-FDD, ces deux derniers jours. « Interdire aux gens de sortir de chez eux, revient à empiéter sur leur vie sociale, économique et politique donc faire en sorte qu’ils souffrent encore plus qu’avant le confinement », a indiqué le conseiller principal du président Nkurunziza, Willy Nyamitwe.

Faisant croire que toutes les mesures ont été prises pour empêcher au Covid-19 de se propager, les autorités et les partisans du parti du président ont organisé deux à trois meeting et certains membres du parti ont expliqué que « Sachant que la distanciation sociale ne peut pas être possible à respecter, l’utilisation du thermo flash a été instruite à l’entrée de chacun des stades du meeting, afin de vérifier la température à l’entrée de tout point de rassemblement », a indiqué le ministre de la Santé du pays, Dr. Thaddé Ndikumana. En fait, au Burundi rien n’a jamais été arrêté, et la pandémie a été déclarée alors que le pays entrait dans sa phase électorale. Aucune activité n’a réellement cessé depuis lors. A preuve, le championnat burundais de football n’a pas connu d’arrêt, avec toujours autant de supporters comme à l’accoutumé.

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Des rassemblements humains en plusieurs lieux de meeting, ont laissé penser que le covid-19 est absent dans ce pays où 15 personnes ont déjà été touchées et une personne décédée de suite du dangereux coronavirus. La version du covid-19, a favorisé la monté en puissance du parti du président sortant le CNDD-FDD, qui a décidé de proposer le général Ndayishimiye pour le remplacer au même poste d’ici au 20 mai 2020. Au Burundi, la priorité revient aux élections plutôt qu’à la pandémie version 2020. Bien que certaines Ong et des civils burundais aient réclamé la cession ou le report des échéances électorales, le temps d’endiguer la pandémie, pour le président sortant Pierre Nkurunziza, c’est l’heure d’accentuer la campagne en faveur de son poulain.

Comme vu avec Gon Coulibaly et Ouattara en Côte d’Ivoire, le président burundais veut cimenter la place à son remplaçant le général Evariste Ndayishimiye, grâce aux sinuosités liées au covid-19. En Côte d’ivoire, dans les rues d’Abidjan en période de pâques, les citoyens avaient reçu des packs de nourriture de la part du futur candidat du RHDP de Ouattara à l’élection présidentielle, Gon Coulibaly. Dans les stades de Bujumbura et Muramvya, à la fin des meetings du CNDD-FDD, les partisans sont gratifiés avec des enveloppes et certains des packs de nourriture, des dons assez cruciaux lorsqu’on sait que le pays a effectué son déconfinement le 26 avril 2020 et, que les boutiques ont augmentés par deux les prix des vivres. Le réel paradoxe réside dans le fait qu’en dehors de celui de M. Nkurunziza, aucun autre parti politique encore n’a effectué un meeting jusqu’ici.

Yvan Ngon

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