Cameroun: Paul Biya reconnait que l’unité nationale est une illusion

Dans une adresse prétendument dédiée à la fête de l'unité du Cameroun ce 19 mai 2020, Paul Biya a essentiellement rappelé les mesures entreprises par le gouvernement contre le Coronavirus et ses conséquences sur l'économie sans dire un mot sur l'Unité nationale alors que les guerres ethniques ont fait leur lit au Cameroun.

Son adresse du 19 mai 2020 a duré un peu moins de 19 minutes; mais , l’évocation du Coronavirus dans ce discours est amplement justifiée par l’actualité, mais de là à devenir l’épine dorsale de son discours pourtant dédié à la fête du Cameroun, au point de ne pas y faire allusion avec les guerres tribales qui ont cours actuellement n’a rien du hasard. Parlant d’abord de ce discours, l’on a vu un président fatigué à l’oeuvre, se donnant beaucoup de peine pour rappeler aux Camerounais ce qui leur a jusqu’ici été dit par le gouvernement au sujet du Coronavirus. Il a enchaîné une série de rappel tantôt à l’imparfait tantôt au passé composé en se contentant de dire ses condoléances aux familles éprouvées par le Covid-19. Sans préciser ce à quoi il voulait véritablement faire allusion, Paul Biya annonce que le programme habituel de vaccination va se poursuivre.

Et s’il ne s’est pas contredit il parle à la fois d’une intention d’explorer les traitements endogènes (remèdes traditionnels) en restant dubitatif sur l’existence d’un traitement efficace, malgré les résultats satisfaisants de la trouvaille de Mgr Kleda. En somme, les Camerounais attendaient qu’à l’image de tous les présidents du monde Paul Biya se prononce sur le Covid-19 depuis le 6 mars 2020. Si le Coronavirus avait décimé plusieurs milliers de Camerounais, c’est 74 jours après que le président de la République serait venu malignement dire un message coupable de condoléance et sans profondeur. La démarche employé pour ce discours censé être celui de la fête du 20 mai annulée le témoigne bien. A l’occasion d’une date qui a consacré l’unité des parties anglophones et francophones du Cameroun, Paul Biya n’a dit aucun mot à ce sujet.

Cette unité est pourtant menacée comme le témoigne la crise dans les régions à majorité anglophone avec plus de 3000 morts; pas suffisant pour que le président de la République s’y penche. Les massacres de Ngarbuh sont pourtant une marre de sang versée par l’armée camerounaise dans cette partie du pays, qui tardera à sécher. Au-delà de cette sphère, on a remarqué une montée spectaculaire du tribalisme dans les cœurs de certains Camerounais de la région du Sud qui, au nom de l’appartenance de certains de leurs compatriotes à la région de l’Ouest leur ont refusé l’accès à cette région. Les exemples peuvent se multiplier, mais ils n’ont rien pour susciter l’intérêt de Biya; sans doute il a compris que le mauvais tournant de la haine tribale dans lequel ses thuriféraires et lui ont engagé le peuple Camerounais est sans retour.

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