Cameroun : 72 heures après sa réapparition, la vie et la mort de Biya toujours au cœur de la controverse

Le Cameroun est-il finalement dirigé par un mort-vivant ? Tout porte à le croire, sauf à penser que le pays n’est plus dirigé du tout, ou qu’il l’est depuis un bon bout de temps par des intérimaires ou par… “délégation des pouvoirs”.

La preuve en a été donnée mardi 19 mai 2020 lors du message inhabituel à la nation attribué au président camerounais, Paul Biya, pourtant réputé disparu depuis fin mars des radars de l’actualité du pays, don on veut faire croire à ses compatriotes qu’il serait d’une irresponsabilité telle qu’il pourrait se murer dans un silence criminel, deux mois durant,  quand les Camerounais ont besoin d’un chef en chair et en os pour conduire leur part de la guerre contre la maladie du Coronavirus (Covid-19).

A ce jour, de nombreux actes ont été posés par le régime pour prouver que son “guide” tenait sur ses jambes, mieux, qu’il était vivant.

Il en a été de cette vidéo, il y a un peu plus d’un mois et demi, tentant de montrer la participation du président à un sommet de chefs d’États africains sur le Nouveau Coronavirus. Elle s’était révélée fausse.

Il en sera ensuite d’une autre, celle qui a fait le plus scandale,  montrant le président camerounais en audience avec l’ambassadeur de France au Cameroun. Démystifiée par des spécialistes ou prétendus tels, cette tentative d’enfumage avait fini par convaincre ceux qui s’activent à démentir la mort du premier Camerounais que les vidéos conçues dans des officines pour soutenir leur démarche ne suffisaient plus pour entuber les Camerounais. D’où, selon les détracteurs du pouvoir, l’avant dernier exercice d’enfarinement qui aurait consisté à produire un tweet de Paul Biya évoquant une autre rencontre, cette fois-ci avec le représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Afrique centrale, le Guinéen Louceny Fall.

Là aussi, la cible n’aurait pas été dupe. Quoique jusqu’ici, la preuve que le président de 86 ans, au pouvoir depuis bientôt 38 ans a fait le grand saut n’a pas encore été donnée.

Il aura donc fallu attendre la célébration de la fête nationale du Cameroun (encore appelée ironiquement « fête de l’Unité » dans un pays complètement clivé), les mythomanes ne se refaisant pas, pour que les apprentis réalisateurs qui écument les allées du pouvoir s’essaient une fois de plus dans la manœuvre, avec pour visée de frapper le coup de maître du trucage vidéographique, et de corriger ainsi les impairs des fois précédentes.

Mais le crime a ceci de caractéristique qu’il n’est jamais parfait malgré le grand soin dont sa commission peut être entourée.

Conséquences :  

  • Un Paul Biya dépourvu de son oreille droite que les téléspectateurs avisés ont cherchée en vain tout le long son adresse ;
  • Un drapeau du Cameroun figée comme une image durant toutes les 18 minutes et 12 secondes qu’a duré l’adresse “présidentielle”, comme si Paul Biya se trouvait enfermé dans un cadre ne laissant aucune possibilité à l’air de circuler ;   
  • Paul Biya dont on connait le penchant pour la correction de la langue, répétant sans cesse « le Covid » ou « le Covid-19 » au lieu de « la Covid » validée dernièrement par l’Académie française, alors qu’il dispose, entre autres créatures à son service, de l’un des sémioticiens les plus fanfarons du Cameroun –le Fame(ux) “gromologue” Ndongo, pour ne pas le nommer-, qui aurait visiblement reçu au sein de l’équipe des lions indomptables du hold-up politique, la mission de déceler les incorrections sémantiques et les faiblesses dialectiques du discours de Maurice Kamto, et qui récemment encore, s’est fendu d’une tirade oiseuse sur l’usage simultané à dénotation pléonastique des morphèmes et des monèmes par l’Agrégé de droit, montrant par la même occasion combien il était lui-même la nullité personnifiée, notamment quand ce sémiologue du Renouveau a tenté de démontrer qu’on ne saurait mettre ensemble le verbe “collaborer” et la préposition “avec” sans commettre le crime « abominable » à ses yeux d’intellectuel frelaté.
#ctaText??#  Attaque terroriste : Maurice Kamto pointe les coupables

Une ablation de l’oreille du président Biya ?

Autant de choses et d’autres qui font dire qu’une fois de plus, les Camerounais ont été bernés relativement à la situation réelle de leur président. « Jésus, pour donner la preuve à ses disciples qu’il était vivant, leur avait parlé en face, et avait permis aux plus dubitatifs d’entre eux de le toucher, alors qu’il aurait pu se contenter du fait que ceux qui croyaient en lui propageraient et imposeraient dans l’opinion la nouvelle de sa résurrection », commente un partisan de Paul Biya, rangé finalement lui aussi, à l’idée que le discours présidentiel du 19 mai était une mise en scène comportant de grossiers ratés.  Ce à quoi un mordu de la thèse d’un Paul Biya toujours vivant et prenant du plaisir à jouer avec les nerfs de ses opposants, répond : « Mais à l’époque de Jésus, il n’y avait ni télé, ni Tweeter et encore moins Facebook. ». Et d’ajouter : « Si le président Biya n’est pas vivant, dites-nous comment d’autres font pour accéder à son fil tweeter ou son compte Facebook afin d’y poster des informations alors qu’ils n’ont pas son mot de passe… arrêtez-nous vos “kamtoïsmes” là, ça devient bête ! ».  

Autre lieu, autre thèse, un autre commentateur repéré dans une buvette par le micro baladeur de Cameroonvoice croit savoir que le président est bel et bien vivant, et que c’est lui qui a prononcé le discours du 19 mai. Au soutien de sa thèse, l’oreille droite du chef de l’Etat qui n’a pas été visible : « Je ne suis ni tontinard, ni sardinard, mais je suis Camerounais et je connais mes frères camerounais en matière de mauvaise foi. Paul Biya qui souffre de nombreuses maladies pourrait avoir subi une opération chirurgicale ayant abouti sur le sectionnement du pavillon droit de l’une de ses oreilles. Et comme il sait qu’il a de nombreux ennemis, il se garde depuis de se montrer, de peur de donner libre cours à votre comportement animalier qui consiste à se moquer des malheurs d’autrui. En apparaissant à la télé le 19 mai, il a cru que vous serez trop préoccupé à commenter sur sa réalité et sa virtualité pour faire attention à son oreille. Mais c’était peu vous connaitre, peuple pervers… ». 

Décidément, même pendant la fête de l’Unité, Paul Biya reste le plus grand diviseur commun des Camerounais.

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