Des centaines de camerounais pris en otage au Chypre

Rentrer chez soi, ou alors vivre dans un camp fermé et surpeuplé ? A Chypres, des centaines de migrants sont pris au piège devant ce dilemme en ce moment où règne la pandémie.

Plusieurs demandeurs d’asile sont dans ce dilemme quasi chimérique, en pleine pandémie de Covid-19. Ces derniers parmi lesquels on distingue des Camerounais, des Syriens, des Nigérians, et Indiens entre autres Pakistanais espèrent de jours meilleurs sous le ciel chypriote qui leur offre pour le moment des misères « Soit tu montes dans le bus en direction du camp, soit tu signes un papier disant que tu veux rentrer dans ton pays », a expliqué un migrant qui fait partie des demandeurs d’asile auparavant logés dans les hôtels-appartements à Aya Napa (Sud-est) et transférés directement dans un camp de l’île par les autorités. « Nous n’avons même pas eu le temps de lire le papier présenté par les autorités », poursuit le jeune nigérian.

Cameroonvoice apprend qu’il est désormais bloqué dans le camp de Pournara, à Kokkinotrimithia, près de la capitale Nicosie. Il a décrit par téléphone le camp qui est constitué de préfabriqués et de tentes des Nations unies, entourés de barbelés. Il indique que ce camp a été construit pour 200 personnes, mais en abrite aujourd’hui environ 800. « Nous avons un nombre considérable de migrants, et 75% ne sont pas des réfugiés », explique le ministre de l’Intérieur, Nikos Nouris, rencontré dans ses locaux par l’AFP. M. Nouris dit vouloir à la fois accélérer les procédures d’admission et les rapatriements volontaires. Il est à signaler que Gale, territoire septentrional, constitue la porte d’entrée pour les migrants, qui arrivent par bateaux puis accèdent dans le Sud par la « ligne verte », surveillée par l’Organisation des Nations-Unies et qui entoure l’Île sur une distance de 180 km. C’est une zone à plusieurs entrées et on note une forte concentration des migrants ces derniers temps.

Les demandes d’asile ont augmenté passant de 2.253 en 2015 à 13.648 en 2019, selon le ministre chypriote. « Nous voulons accueillir des réfugiés », ajoute Nikos Nouris. « Mais nous ne pouvons plus accueillir, dans un tel nombre ». Pour Doros Polycarpou, membre des droits des migrants Kisa, la décision de retenir les réfugiés sans recours dans ce camp a constitué « une violation sérieuse » de la loi. Et selon lui, Nicosie voulait passer un message : « Ne venez plus à Chypre ».

Face à toutes ces difficultés, un autre nigérian a choisi de faire demi-tour en renonçant à sa demande d’asile « On m’a mis dans le camp (de Pournara) quand je suis arrivé à Chypre », raconte-t-il. « Je ne veux pas y retourner. Jamais. C’est un endroit horrible », va-t-il conclure. Une ONG, Cyprus Refugee Council, dénonce également les « conditions très difficiles » dans le camp,fermé, surpeuplé .

Dexter Mve

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