Affaire Vamoulké : l’ONU exige sa libération immédiate

Un groupe de travail contre les détentions arbitraires des Nations Unies demande que l’ex directeur général de la CRTV Amadou Vamoulké soit soit libéré immédiatement en raison de sa santé.

Dans un récent communiqué, l’ONU estime que la détention provisoire du journaliste d’Amadou Vamoulké n’a pas de base légale car elle va « au-delà de la limite maximale prescrite par la loi, et sans explication suffisante du caractère raisonnable et nécessaire de cette mesure.» a relevé l’instance.  Amadou Vamoulké, à ce jour âgé de 70 ans est poursuivi pour des détournements de fonds, non pas à des fins personnelles mais au seul profit de la CRTV, et sa détention provisoire dure déjà près de quatre ans.

Plus d’une trentaine d’audiences ont eu lieu, deux procédures ont été lancées mais aucun élément n’est venu corroborer les accusations portées contre lui. « Ces violations du droit à un procès équitable sont d’une gravité telle qu’elles confèrent à la détention de M. Vamoulké un caractère arbitraire.»,a reconnu le groupe d’experts de l’ONU.Tout porte à croire qu’il s’agit d’une volonté manifeste de représailles contre ce journaliste connu pour son indépendance d’esprit et ses méthodes de gestion éthique.

Amadou Vamoulké avant la 16e audience de son procès devant le tribunal criminel spécial le 22 janvier 2019 à Yaoundé

En sus, l’ONU demande au gouvernement de libérer « immédiatement M. Vamoulké et de veiller à ce qu’il reçoive le traitement médical nécessaire dans toute la mesure du possible.» En effet, le septuagénaire est malade, et aucun protocole médical adapté n’a été suivi malgré deux certificats médicaux prescrivant des examens qui ne peuvent être réalisés au Cameroun. L’épidémie de coronavirus qui n’a pas épargné la prison centrale de Yaoundé dans laquelle est incarcéré Amadou Vamoulké n’a pas non plus conduit les autorités à lui accorder une remise en liberté, ne serait-ce que provisoire.

Le groupe d’experts qui s’est déclaré profondément préoccupé par la gravité de l’état du journaliste a décidé de transférer son cas au rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à la santé, un mécanisme actionné par RSF tout comme la saisine de l’ONU en janvier 2019.

Le 6 avril, RSF et 80 organisations avaient écrit à dix chefs d’Etat africains dont le président Paul Biya pour leur demander de libérer les journalistes emprisonnés dans leurs pays respectifs soulignant que dans le contexte de la crise sanitaire et dans des prisons surpeuplées, ils n’avaient pas la possibilité de s’isoler et qu’ils étaient souvent privés des soins médicaux nécessaires. Le Cameroun, 134e sur 180 pays, a perdu trois places au Classement mondial de la liberté de la presse récemment publié par RSF.

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