Ces raisons qui ont poussé Ouattara à briguer un 3e mandat

Alors qu'il avait renoncé à briguer un troisième mandat après la mort de son dauphin Amadou Gon Coulibaly, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara a annoncé ce 6 août qu'il est à nouveau candidat à l'élection générale du 31 octobre 2020.

29 jours seulement après la mort du candidat déclaré du parti au pouvoir, le mystère est levé sur le scénario envisagé au RHDP. C’est en prélude à la célébration 60e anniversaire de l’accession de la Côte d’Ivoire à l’Indépendance que le Président a indiqué qu’il portera les flambeaux de son parti à l’élection générale du 31 octobre.

Une décision pour le moins inattendue lorsqu’on se rappelle sa sortie du 5 mars dernier à ce même sujet. Avec nostalgie le président Ouattara indiquait sa volonté de laisser un pays en paix et selon des principes démocratiques « Je n’ai certainement pas tout réussi mais les résultats sont là. J’ai donné le meilleur de moi-même, pour mes compatriotes ; parce que j’aime mon pays.Je veux assurer les conditions d’une passation du pouvoir d’un Président démocratiquement élu à un autre, pour la première fois dans l’histoire de notre pays.», écrivait-il sur son compte Twitter. Ouatta avait également soutenu qu’il était habité par le désir de transmettre le flambeau à une nouvelle génération.

Il n’a pas caché les raisons de ce retournement de veste. « Les récents événements tragiques, avec le décès du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, laissent un vide au niveau de l’équipe que j’avais mise en place pour poursuivre et consolider le programme de développement économique et social. », écrit Alassane Ouattara qui soutient que « Face à ce cas de force majeure et par devoir citoyen, j’ai décidé de répondre favorablement à l’appel de mes concitoyens me demandant d’être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Je suis donc candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020.». A croire que la disparition d’un seul homme a bouleversé les plans de toute une équipe transitoire préparée depuis plusieurs mois.

Pour les thuriféraires du président sortant, qui avaient sollicité qu’il revienne sur sa position, c’est une sage décision qui va contribuer à préserver la santé économique du pays. Interrogé quelques heures après la décision, le Secrétaire Général de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire Patrick Achi soutient qu’« Après une période de croissance moyenne de 7% cette année on risque de finir à moins de 1%, il y a également des risques sécuritaires au niveau de nos frontières. On est dans une situation où tous les acquis de plus d’une dizaine d’années d’efforts. Le président Ouattara a pris notre pays dans une situation de chaos pour l’emmener au niveau de performance mondialement reconnu aujourd’hui avec les perspectives qui sont également annoncées; on ne peut pas prendre le risque de perdre tout ça.», a-t-il expliqué.

Difficile cependant d’écarter la guerre de leadership dans laquelle était plongé la majorité présidentielle après le décès du candidat déclaré du RHDP. L’actuel premier ministre et ministre de la Défense Hamed Bakayoko était présenté comme un aspirant incontestable à la fonction suprême, le vice-président Daniel Kablan Duncan, et  le secrétaire général de la présidence Patrick Achi aussi entre autres. Autant de velléités qui auraient contraints le président ivoirien à revenir sur sa décision qui tenait sur une carte qui a tiré sa révérence finalement. Il y a également fort à croire que le RHDP aurait vu venir sa chute à travers les forces en présence.

Dans la mosaïque des aspirants connus, on a des poids lourds à l’instar de es concurrents de taille à l’instar de l’ancien premier ministre Pascal Affi N’Guessan (67 ans) du FPI, de l’ancien président Henry Konan Bédié (Âge: 86 ans) PDCI; avec la forte influence de Laurent Gbagbo, Guillaume Kigbafori Soro, Charles Blé Goudé dont la condamnation les empêche de rejoindre le pays. Alassane Ouattara est donc résolu à prendre le fâcheux tournant des présidents à mourir puisqu’il aurait exactement 84 ans au crépuscule de son second bail à la Présidence. A croire que l’on lui avait reconnu le mérite des grands hommes d’Etats à son adresse du 5 mars dernier.

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