l’adresse de Ouattara n’avait pas été officialisée que des Ivoiriens ont battu le pavé le 6 août pour le prévenir en cas d’un désir de briguer un troisième mandat. Avec assurance ils ont mis le président sortant en garde sur le désastre qu’une telle décision entraînerait en Côte-d’Ivoire. C’est donc sans aucune surprise que la volte face d’Alassane Ouattara a suscité une levée de boucliers en Côte d’Ivoire. L’un des messages d’indignation des plus remarqués est celui de l’artiste musicien Meiway, qui a marqué l’adhésion de bon nombre d’Ivoiriens et même au-delà des frontières de la Côte d’Ivoire. De fil en aiguille, les mobilisations se sont enchaînées dans les ruelles du pays.
Plusieurs manifestations d’Ivoiriens contre la décision d’Alassane Ouattara ont été organisées. Des pneus brûlés et la voie barrée empêchant pendant des minutes la circulation en scandant que «Les manifestations vont continuer jusqu’à ce que les noms de nos leaders soient inscrits sur la liste électorale (…) afin qu’ils puissent jouir de leurs droits», a déclaré à Jean Bahé, responsable de la jeunesse universitaire du Front populaire ivoirien (FPI), de Laurent Gbagbo. Acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), Laurent Gbagbo a été condamné en novembre 2019 par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour le «braquage» de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest pendant la crise-post-électorale de 2010-2011.
Contrairement aux allégations des défenseurs de Ouattara, les populations ne se disent pas du tout satisfaites de sa gérance. Ils regrettent les deux mandants que se sont offerts le président sortant et ses fidèles. Ils n’en peuvent plus de ce régime ingrat et véreux; raison pour laquelle ils comptent multiplier les mobilisations jusqu’à ce qu’ils obtiennent l’objet de leur quête. Ouattara pliera-t-il finalement ou non ? La situation ne lui laisse ni le temps ni le choix de se défiler.

