“Biya doit partir” : Les menaces de Calibri Calibro si Atanga Nji et ses “abeilles” versent le sang d’un Camerounais

Le feu de la révolution contre les abeilles de la répression. Le Commandant en chef de la Brigade Anti-Sardinard a relevé vendredi le défi de la terreur lancé aux adversaires de Paul Biya par le ministre de l’Administration territoriale et Secrétaire Permanent du Conseil National de Sécurité, Atanga Nji.

La confrontation paraît désormais irréversible au Cameroun où chaque seconde marquée sur l’horloge de ce pays le mène inexorablement  vers son heure de vérité historique : le lancement du vaste mouvement populaire visant à obtenir le départ du pouvoir de Paul Biya, président de la République depuis le 6 novembre 1982.

A titre de rappel, le 24 aout dernier, l’homme politique Maurice Kamto, vainqueur présumé de la présidentielle de 2018 ayant finalement pris acte de la proclamation de la victoire de son adversaire en ses lieu et place, a lancé un ultimatum au régime de fait : la convocation du corps électoral pour toute élection au Cameroun avant qu’une solution soit trouvée à la violente crise anglophone qui dure depuis quatre ans, et sans une révision consensuelle du système électoral, entrainerait une campagne populaire de protestation ne devant prendre fin qu’avec la démission de l’actuel président de la république, Paul Biya, unanimement présenté comme la source des malheurs du Cameroun, ou –toutes choses égales par ailleurs- comme un incapable à qui tout échappe en dehors du maintien forcé des Camerounais sous le joug étouffant de son régime.

Pour bien montrer qu’il restait égal à lui-même, incapable de faire la moindre concession ou d’entreprendre quelle que démarche visant à établir un consensus ou à préserver les vies, le régime est passé en force à travers un décret pris le 7 septembre 2020, convoquant pour le 6 décembre prochain, le corps électoral pour la tenue des élections des conseils régionaux. Et comme si le défi n’était pas assez clair, le ministre de l’Administration territoriale du régime, Atanga Nji Paul, le même va-t-en-guerre  qui a contribué à rendre la situation insolvable dans les régions anglophones dont il est pourtant un ressortissant, a fait une sortie immédiatement après la convocation du corps électoral par le chef de l’Etat, pour mettre en garde tous ceux qui pensaient se livrer à des manifestations de protestations.

« En tapant sur une ruche d’abeilles, vous savez ce qui vous attend lorsque vous ne pouvez pas fuir. J’espère avoir été suffisamment clair »,  

avait martelé le ministre, après avoir fait remarquer que :

« En effet, il nous est revenu que certains responsables de partis politiques, en perte de vitesse ont lancé des mots d’ordre irresponsables en posant des préalables pour la tenue de l’élection des Conseillers régionaux, faute de quoi ils engageront des actions visant à déstabiliser les institutions républicaines et contre Celui qui les incarne, S.E. Paul Biya ».

A leur tour, les menaces du ministre ne sont pas tombées dans des oreilles de sourds, car aussitôt avait-il fini de les proférer, que le porte-parole de Maurice Kamto, en la personne de Olivier Bibou Nissack, rendait publique la date du début des manifestations ayant trait à l’opération « Paul Biya doit partir » : le 22 septembre 2020.

Depuis lors, ceux des Camerounais qui veulent en découdre avec le régime multiplient les préparatifs, prêts à s’offrir en chair à canon ou à remplir les nombreuses prisons du régime le cas échéant, si c’est le prix à payer pour faire entendre pacifiquement leurs voix. Mais parallèlement à ceux qui se disent prêts à affronter les forces de répression les mains nues, d’autres Camerounais, ceux de la diaspora, sont prêts à répondre à la violence par la violence, et n’entendent pas laisser le régime perpétrer impunément les habituels actes de violences contre des manifestants pacifiques.

C’est le cas de l’activiste de la diaspora Calibri Calibro que l’on ne présente plus. Le célèbre cofondateur de la Brigade Anti-Sardinards qui avait interpellé publiquement le président français sur le génocide anglophone a fait savoir vendredi 11 septembre 2020 que le feu constituait une mesure de rétorsion efficace contre les abeilles   que le ministre de l’Administration territoriale et Secrétaire Permanent du Conseil National de Sécurité comptait lancer aux trousses des Camerounais « qui ne peuvent pas fuir », sous-entendu, ceux qui sont sur le territoire camerounais.

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