De nombreux habitants de la capitale économique camerounaise, militants de l’opposition et des mouvements citoyens, ont pris rendez-vous ce jour, 22 septembre 2020, avec l’histoire en cours d’écriture de la “libération du pays” du régime du président Biya, au pouvoir depuis 38 ans.
Comme beaucoup s’y attendaient au sujet de cette ville frondeuse qui a accordé la majorité de ses suffrages à l’élection présidentielle de 2018 à Maurice Kamto, les populations de Douala n’ont pas hésité à partir de 10 heures du matin, à mettre en avant leurs droits civiques pour prendre pacifiquement d’assaut différents carrefours de la ville, nonobstant la forte présence des policiers et des gendarmes qui ont procédé à quelques arrestations, et se sont livrés à des provocations aussi bien vis-à-vis des populations circulant simplement dans la ville qu’à l’endroit des manifestants.
Des manifestants pour qui ce qui a commencé ce jour n’est que le début d’un processus de lutte pacifique qui ne s’arrêtera pas avant la démission du président Biya.
« Il n’est pas question que des gens comme Atanga Nji ou René Sadi veuillent nous faire croire que parce que Biya a volé pour la énième fois un mandat de sept ans, les camerounais ne peuvent pas lui dire “stop” en cours de mandat. C’est le peuple souverain qui recrute un individu pour gérer ses affaires sur la base de la candidature de ce dernier à l’élection présidentielle. Si celui-ci ne travaille pas comme cela lui est demandé, le peuple le congédie en temps voulu et n’attend pas qu’il fasse s’effondrer tout le pays sous prétexte qu’on a signé un contrat de 7 ans avec lui ».
affirmait un manifestant ce mardi au carrefour marchand Ndokoti, ce matin. Et une autre de renchérir :
« Si nous ne le faisons pas, c’est que nous sommes un peuple irresponsable. Tu recrutes un manœuvre contre rémunération pour défricher ton champ avant les semences, et il recrute à son tour des aides. Puis tu vois qu’au lieu de défricher le champ, le chef des manœuvres et ses aides passent le clair de leur temps à couper les cannes, dans le champ, à cueillir les mangues, prunes et avocats dans le champ pour s’offrir du plaisir. Tu décides de mettre fin à cette collaboration, et le manœuvre en chef décide de faire main basse sur le champ, puis avec l’aide des autres manœuvres, menace de te découper avec les machettes. Si tu laisses tomber, il fait de ton champ le sien. C’est inadmissible. Paul Biya et ses Atanga Nji vont nous tuer avant de confisquer le Cameroun. »

