593 Camerounais punis par le régime Biya pour "l'échec retentissant" des marches du "22 septembre"

593 Camerounais punis par le régime Biya pour "l'échec retentissant" des marches du "22 septembre"

Les autorités camerounaises, leurs policiers, gendarmes et militaires avec, ont-elles tellement pris goût à la torture qu’elles se sont senti obligées de rentrer dans les domiciles des particuliers pour les en extirper ? Ou alors est-ce pour punir les Camerounais de ne pas savoir exprimer leur colère que 593 personnes ont été arrêtés et sont en train de subir d’indescriptibles atrocités dans les cellules infectes de cette vaste prison de 475.442 Km2 qu’est devenu le Cameroun sous Paul Biya ?

Il y aurait eu zéro(s) manifestation(s) au Cameroun le 22 septembre. Celles relayées par la vidéo ci-dessus ont eu lieu au… Mali

La question se pose d’autant plus que dans un élan nihiliste visant à faire d’un non événement le début du réveil des Camerounais marqué par les protestations du 22 septembre dernier lesdites autorités et leurs médias stipendiés ont prétendu qu’il n’y avait pas eu de manifestations contre le régime mardi dernier, en réponse à l’appel de l’opposant Maurice Kamto à manifester sur l’ensemble du territoire pour demander la démission de Paul Biya, au cas où celui-ci décidait de la tenue d’une autre élection avant d’avoir ramené la paix dans les régions anglophones en voie de sécession, et avant l’élaboration d’un code électoral consensuel et démocratique.

Non-manifestations d’un “petit parti politique” au Cameroun

Mais comment explique-t-on alors ces arrestations qui ont horripilé aussi bien la communauté nationale que l’opinion internationale, toutes surprises de la violence avec laquelle, non seulement les manifestants, mais aussi les journalistes, ont été réprimés à cette occasion ?

Des journalistes à l’instar de Polycarpe Essomba de RFI qu’on peut voir dans cet extrait du reportage de nos confrères de Canal 2 International, ont reçu la torture de leur vie

Pis encore, comment le régime policier de Paul Biya a-t-il pu trouver les personnes qu’il a arrêtées par centaines et qui se trouvent encore, au moment où nous mettons en ligne, dans ses centres de torture agréés que sont les commissariats de police et les brigades de gendarmerie ?

Par quel miracle ses policiers ont-ils pu transformer des manifestants venus scander “Kamto président” pour les obliger à chanter « Paul Biya, Biyaa, Paul Biya, Biyaa, notre Président –  Père de la Nation … ».

Se croyant en démocratie, ces activistes étaient sortis mardi le 22 septembre pour appeler Biya à démissionner. Certains scandaient même: “Kamto, président”. Puis surgirent les miliciens du régime abusivement appelés “police nationale”, “gendarmerie nationale”, “armée nationale”, qui les obligèrent à se renier en mondovision pour ne pas mourir sur le champ.

La réponse est simple : malgré la peur incontestablement justifiée qui les étreint, les Camerounais ont massivement adhéré à l’appel du seul camp politique qui défend leurs intérêts. Ils eurent été plus nombreux à le démontrer s’ils ne devaient pas, quoique marchant les bras levés, affronter des éléments de l’armée et de la police qui tirent pour tuer ou dans les jambes pour les casser. De même, les arrestations eurent été plus impressionnantes en nombre que ce qu’ont présenté les avocats membres du “Collectif des Avocats feu Me Sylvain Souop”, si certains manifestants arrêtés n’avaient pas aussitôt monnayé -chèrement d’ailleurs- leur libération, afin de ne pas avoir à aller se faire massacrer dans les commissariats ou aller passer des mois ou des années en prison. 

#ctaText??#  Cameroon: Heightened Crackdown on Opposition (Human Rights Watch)

Ci-après, le rapport désolant des marches du 22 septembre 2020 au Cameroun, établi par le “Collectif des Avocats feu Me Sylvain Souop”

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