Côte d’Ivoire : L’étau se resserre sur Alassane Ouattara

Résigné à poursuivre un troisième mandat controversé, Alassane Ouattara a fait séquestrer depuis trois jours l'opposant Henri Konan Bedié et ordonné l'arrestation de plusieurs cadre de l'opposition; la riposte est continuelle.

Le climat sociopolitique est de plus en plus préoccupant en Côte d’Ivoire depuis la proclamation des résultats de l’élection controversée du 31 octobre. Alors que le Conseil constitutionnel s’apprête à confirmer les résultats rendus par la Commission électorale indépendante, la division est proprement consommée entre l’opposition, qui rejette formellement l’issue de cette « parodie d’élection », et le régime Ouattara. Mis sur pied le 02 novembre dernier par les poids lourds de l’opposition, le Conseil national de transition, destiné à former un gouvernement de transition, fait face à la répression du président Alassane Ouattara. On amorce le quatrième jour de détention arbitraire ou de séquestration pour plusieurs figures de l’opposition au rang desquels le président Henri Konan Bédié, reclus de force à sa résidence. L’on enregistre 13 morts depuis la proclamation des résultats.

Le réactions s’enchainent pour remettre les pendules à l’heure. Ce mercredi, la France a appelé les protagonistes à «mettre fin aux provocations et actes d’intimidation». Dans le même sens, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a exhorté «le président et les principaux dirigeants de l’opposition à s’engager dans un dialogue» pour «trouver une issue à la crise». L’ancien chef d’État Laurent Gbagbo, qui avait rompu quatre ans de silence à la veille de l’élection depuis Bruxelles, a demandé au Premier ministre Hamed Bakayoko, lors d’un entretien téléphonique, de favoriser « le dialogue plutôt que la répression ».

Dans une sortie ce mercredi, l’opposant Guillaume Soro condamne fermement les agissements du régime Ouattara, dont il ne reconnait plus la légitimité. Depuis l’étranger, le leader de GPS invitait l’armée à «agir» contre le régime pour soutenir le «Conseil national de transition» institué par l’opposition. Il a également appelé «les corps constitués à désobéir aux ordres illégaux» du régime et à «rallier le Conseil national de transition» dont il se dit «membre», et «la population à se lever et à poursuivre la désobéissance civile», initiée par l’opposition avant l’élection.

#ctaText??#  Côte d'Ivoire : Ouattara entre dans la poubelle de l’histoire (Edito)

Dans registre de ces sorties, il y a évidemment la plainte portée par le Collectif des Avocats d’Henri Konan Bédié et des leaders de l’opposition politique ivoirienne au Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan. Entre les lignes du document parcouru par Cameroonvoice, ils pointent les arrestations arbitraires du 03 novembre tout en rappelant « Qu’en sa qualité d’ancien Président de la République, SEM Henri Konan BEDIE ne peut être privé de sa liberté que par une procédure spéciale prévue et règlementée par la loi 2005-201 du 16 juin 2005 portant statut d’ancien Président de la République, d’ancien Chef d’Institution et d’ancien membre du Gouvernement(…) », peut-on lire.

Le conseil juge également qu’en faveur de la même loi, l’ancien ministre et député à l’Assemblée nationale Maurice Kakou GUIKAHUE devrait recouvrer sa liberté. Et d’ajouter « Que le blocus imposé aux résidences de SEM Henri Konan BEDIE, du Premier Ministre Pascal Affi NGUESSAN, des anciens ministres ASSOA ADOU, Abdallah Toikeusse MABRI et Hubert OULAYE ne rentrent dans aucun cadre législatif et règlementaire applicable en Côte d’Ivoire, de sorte qu’il doit être qualifié de séquestration. »

Le Collectif dénonce ces violations illégales des droits humains et prend l’opinion publique à témoin avant de conclure qu’il « engage Monsieur le Procureur Général près la Cour d’Appel d’Abidjan, en sa qualité de surveillant de la police judiciaire et Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan, en sa qualité de directeur de la police judiciaire, à mettre un terme, sans délai, à ces actes illégaux d’officiers de police judiciaire placés sous leur autorité. »

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