Abonné absent à Kumba, Paul Biya omniprésent aux obsèques de sa sœur : le chef (de l’Etat) est mort, vive le chef de famille !

Elu le 7 octobre 2018 par les Camerounais et renversé le 22 par le Conseil Constitutionnel, Kamto se serait rendu sans se faire prier  à Kumba où des élèves innocents ont été massacrés le 24 octobre dernier. Biya, n’a quant à lui que du mépris pour les Camerounais auxquels il ne devrait pas sa présence à la tête de l’Etat. Confirmation qu’il y a bel et bien eu hold-up électoral en octobre 2018 ? Voire !

Le chef de l’Etat camerounais avait décrété un deuil national à la mémoire des enfants assassinés de Kumba, mais n’a pas trouvé le temps de s’y rendre, laissant le soin à ses collaborateurs d’aller s’y livrer à une sorte de bal des sorciers. Pour les obsèques de sa sœur, il s’est montré très disponible au point de sortir des huit mois de confinement qui l’ont fait prendre pour mort depuis près de huit mois. Même son épouse, fondatrice d’une fondation contre les souffrances, resté effacée lors du drame de Kumba, a subitement recouvré la forme humaine.

Si ce n’est pas de l’insouciance, c’est du mépris. Total. Toutes choses qui, de l’avis des Camerounais approchés jeudi par #Cameroonvoice, ne sont pas pour plaider un comportement responsable de la part de celui qui bénéficie beaucoup du Cameroun, mais qui, en retour, donne peu ou rien du tout ! 

La preuve, la présence notable, de celui avec qui de nombreux officiels camerounais sont allés compatir ce jeudi 12 novembre 2020 à l’hôpital général de Yaoundé (à l’occasion des obsèques de sa sœur aînée Régine Ngonda, veuve Bidjang), parce qu’il est le président de la République. Une présence… omniprésente qui tranche tout net avec son absence significative aux obsèques officielles d’enfants tués à Kumba pour payer leur part de tribut au chef de guerre qu’il est, incapable, ne serait-ce que pour préserver les vies innocentes, de « négocier avec les terroristes » contre lesquels il est en guerre, sa préférence allant plutôt au dialogue avec les gens qui sont contre les terroristes et qui ne constituent en aucun cas une entrave à la tranquillité de qui que ce soit. 

Le président de fait du Cameroun est donc vivant. Il l’était du reste au moment des obsèques des enfants victimes du carnage du samedi noir à Kumba.

Tant pis pour ceux qui lui accordaient ces derniers temps des circonstances atténuantes, arguant de ce qu’il serait décédé. Certes, la nouvelle circulait depuis, qu’un clone, “copie certifiée conforme”  de monsieur « le successeur constitutionnel » de « l’illustre prédécesseur », était en cours de téléchargement dans un labo chinois auquel de grands spécialistes français de la chirurgie plastique prêtaient main forte, pour en boucher un coin, à l’occasion de la parade du 20 mai 2021 à venir, à ceux qui avaient prétendu que si Biya n’avait pas fait le service minimum le 20 mai 2019 comme d’autres chefs d’Etat, ce n’était pas à cause du Coronavirus, mais parce qu’après avoir fait un montage vidéo montrant un Paul Biya prononçant un discours inhabituel le 19 mai, ses proches n’avaient pas été à même de fabriquer un semblant de Biya pouvant aller prendre place à la place des fêtes le lendemain.

Le président camerounais était donc vivant comme on avait pu le croire – sans en être rassuré toutefois – après qu’il eut décrété un deuil national pour le samedi 31 octobre, , mais n’est pas allé honorer la mémoire des 7 enfants abattus par des… “SE-PA-RA-TIS-TES-TER-RO-RIS-TES”. Est-ce parce que ce n’était pas son affaire ? Où parce qu’il en savait déjà beaucoup sur la genèse de ces assassinats d’enfants, du moins probablement autant que le préfet de la MEME, comme l’ont insinué certaines révélations sur les réseaux sociaux ? A moins aussi que ce soit parce que le chef de l’Etat qu’il est – la Constitution du Cameroun fait du président de la République le chef de l’Etat – était mort en lui.       

Les Camerounais peuvent être heureux de découvrir que leur président est encore vivant, mais ils savent qu’il est mort et enterré, le chef de l’Etat qu’il y avait en Paul Biya avant que certains membres de son ethnie d’origine, faux intellectuels mais vrais intellec…tueurs de l’unité nationale,  qui estimaient venue l’heure de gloire des Bétis-Bulus-Fang, et qui voulaient jouir égoïstement et sans encombrement de cette gloire-, le convainquent d’inventer la découverte le 22 août 1983, d’un « complot contre la sûreté de l’Etat ourdi par AHIDJO avec le concours de son ex-intendant Oumarou IBRAHIM et de son ex- aide de camp Adamou SALATOU » pour s’offrir le prétexte d’épurer le sommet de l’Etat des « moutons du Nord » qui avaient acquis une réputation d’habiles faiseurs de coups d’Etat politiques depuis l’épisode Ahmadou Ahidjo-André Marie Mbida en 1958, afin d’avoir la possibilité de ne les y inviter de nouveau que lorsqu’ils auront rempli les conditions d’allégeance aux « Seigneurs », aux « BE-NTIS » (lire “Bétis”, en faisant abstraction de la lettre “N” » pour y être tolérés, au même titre que les Bamilékés(1) et les Bassas(2) dont les membres, selon les consignes strictes laissées par le colonisateur français avant le passage apparent de flambeau aux nouveaux maitres apparents du Cameroun,   n’étaient coptés par le régime Ahidjo, et ne pouvaient l’être par celui de Biya, que proportionnellement à leur capacité de faire du lèche-culage.

Il est donc mort le chef de l’Etat, et le chef de famille qui devait s’effacer derrière le serviteur des Camerounais est né ou est ressuscité. Ce n’est pas un poisson d’avril en plein novembre. Tout le monde l’a vu jeudi à l’Hôpital général de Yaoundé. Avec un masque facial qu’il n’avait jamais mis quand il s’agissait des affaires du Cameroun. Même pas pour montrer aux Camerounais qu’ils devaient en mettre pour se protéger contre la terrible pandémie. Pour sa famille, il en a mis. C’est tout dire de l’ordre des priorités de celui dont le sacrifice suprême ne serait rien en comparaison de la divine confiance placée en lui (?) par le PEUPLE camerounais.

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  • (1) Pour être acceptés comme des serviteurs du régime et non de l’Etat, les Bamilékés qui souhaitent avoir une place au soleil font montre d’une servilité à nulle autre pareille. A l’instar de l’un de leurs ressortissants, aujourd’hui ministre délégué, dont le seul nom donne de violents haut-le-cœur à ses congénères de l’Ouest. Il ne rate aucune occasion de désigner sa communauté ethnique d’origine à la vindicte des autres ethnies du pays, pour plaire à celle dont est originaire le président Paul Biya, maitre souverain de la vie et de la mort, de la liberté et de la castration, de l’abondance et de la misère. Sans que le régime lui ait particulièrement confié cette mission, il a fait du dénigrement de l’homme politique Maurice Kamto, lui aussi ressortissant de l’Ouest, donc bamiléké, son  hobby préféré, lui conférant au passage une stature de leader tribal dans laquelle monsieur Kamto ne se reconnait pas.

(2) Quand aux Bassas qui flirtent avec le régime ou en attendent des faveurs quelconques, généralement insignifiantes au regard des sacrifices faits, ils sont capables de dénoncer leurs propres parents, amis et connaissances qui ne supportent pas le régime, et les vouer ainsi à une mort certaine ou des tortures atroces, pour simplement espérer qu’ils seront considérés par le régime comme des exemples de citoyens respectueux de l’ordre, et ainsi classés parmi ceux qui pourraient, après que les principales faveurs seront échues aux ressortissants de l’ère ethno-géographique d’origine du président Biya, ramasser les miettes, généralement des emplois mal rémunérés.

Toutes ces ignominies qui feraient se pendre les figures historiques du peuple bassa tels que le véritable père de la Nation camerounaise, l’emblématique  Ruben Um Nyobe, son Secrétaire particulier Yém Mback qui fut tué avec lui, le 13 septembre 1958, ou les combattants armé Mpouma Kilama Théodore alias Makanda Pouth, assisté deYetna Leba, Etienne Bapia alias Nkul Ndutu, André Singui alias Si Ndutu…,   n’empêchent pas que les communautés Bassas qui se situent dans les régions du Littoral (département de la Sanaga-Maritime) et du centre (département du Nyong et Kellé), soient parmi les plus  clochardisées et les plus abandonnées du Cameroun par le régime Biya –à telle enseigne que, par exemple, pour joindre par route, à partir de la capitale économique qui n’en est éloignée que de moins de 241 kilomètres  certaines de leurs localités situées dans la même  région (le Littoral) que Douala, il faille aller passer par Yaoundé, Evodoula et Mbebe dans la région du Centre, et parcourir un total de 387 kilomètres. Et encore, les 90 derniers kilomètres sont tellement impraticables que l’usager peut y passer 24 heures, dans une voiture obligée par endroits de rouler à une vitesse de  moins de 5 kilomètres/heure.

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