Emouvants témoignages pour J.J. Rawlings : Maurice Kamto et Kemi Seba saluent la mémoire d’un “démocrate”, “panafricaniste dans l’âme”

Une grande perte pour l’Afrique ! Ainsi est vécue sur l’ensemble du continent la disparition de l’ancien Numéro 1 ghanéen, John Jerry Rawlings, décédé jeudi dernier à 73 ans, au Korle Bu Teaching Hospital d’Accra.

« Capitaine révolutionnaire » pour les uns , « putschiste qui a fait du Ghana une démocratie pour les autres », « despote éclairé » pour quelques-uns, ou encore « le père du Ghana moderne », et bien entendu « Jay Jay » (initiales de ses prénoms, JJ pour John Jeremiah, prononcé en anglais) pour les intimes –en lesquels on pouvait voir chaque Ghanéen-,  ce lointain successeur de l’Osagyefo Kwame Nkrumah,  à défaut de faire l’unanimité, dans ce continent où l’on compte sur les doigts d’une main les dirigeants qui ont marqué positivement leurs peuples,  ne laissait personne indifférent de son vivant.

Un sentiment qui est resté entier après son décès le 12 novembre 2020. D’où l’émotion qui a saisi quelques-unes des plus importantes figures africaines et panafricanistes de l’heure, à l’instar de l’intrépide leader de l’ONG “Urgences Panafricanistes” Kemi Seba, qui n’est pas passé par quatre chemins pour dire qu’il aurait préféré voir certains croulants despotes africains, généralement des sanguinaires et marionnettes de la France y passer, au lieu que ce soit le charmant  “JJ”, qui quitte la terre des hommes  aussi brutalement.

« J’aurai souhaité que les marionnettes africaines soumises à l’Occident, appelées de manière impropre nos ” présidents”, te précèdent papa », a  écrit sur les réseaux sociaux le jeune leader de la société civile africaine qui se dit « dévasté », non sans expliquer sa pensée : «… le Président héroïque Jerry Rawlings, ami de Sankara, vient de transiter. Au moment où les autres dirigeants africains, marionnettes de l’Occident, continuent de piller leurs peuples et de les parasiter. De piétiner nos Constitutions que Rawlings quant à lui protégeait… ».

Moins violente mais non moins émouvante est la réaction sur Twitter le 14 novembre du leader politique camerounais Maurice Kamto, séquestré depuis 54 jours (56 jours au moment où nous mettons sous presse) dans sa propre résidence par le régime de Yaoundé. Le candidat arrivé 2ème à la présidentielle de 2018 au Cameroun, selon les résultats proclamés par le régime dont il a remis en cause la sincérité, a estimé que « Le président Rawlings à marqué d’une forte empreinte l’histoire de son pays, le Ghana et de toute l’Afrique. ». L’agrégé de Droit parle de l’ancien capitaine d’aviation comme d’un « Panafricaniste dans l’âme », qui « s’est intéressé de près aux #crises multiformes qui déchirent le Cameroun ».

Avant d’adresser ses condoléances au Ghana et à la famille du président Rawlings, le président du Directoire National du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) insiste sur l’intérêt que l’homme d’Etat ghanéen portait à la grave crise politico-sécuritaire qui mine le Cameroun occidental anglophone : l’« Une des blessures que le Président Rawlings emporte avec lui est la rémanence de la guerre civile dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui tire le Cameroun vers les abysses.  ».

Le président Rawlings en bref

John Jerry Rawlings avait brièvement dirigé une junte militaire au Ghana entre juin et septembre 1979. Lieutenant de l’armée de l’air ghanéenne à l’époque, il avait participé à un coup d’État militaire en mai 1979. Le complot ayant été déjoué, il est arrêté. Il sera cependant libéré quelques semaines plus tard par un groupe de jeunes officiers subalternes qui réussissent quelques jours plus tard un nouveau putsch, renversant le régime de Fred Akuffo. Rawlings est porté à la tête du pays que Akufo préparait à des élections en vue de transmettre le pouvoir aux civils. Il se conformera à ce processus en conduisant les élections à l’issue desquelles le régime civil du Dr. Hilla Liman arrivera au pouvoir à Accra en 1979.

Deux ans plus tard, les difficultés économiques, la corruption galopante et les querelles politiciennes le pousseront à revenir de nouveau au pouvoir suite à un autre putsch. Il dirigera dès lors le Ghana d’une main de fer, jusqu’en 1992, année à laquelle, nouvelle donne démocratique oblige, il affronte la concurrence une première fois lors de l’élection présidentielle. Sa campagne sera couronnée par un succès  qu’il rééditera en 1996. La Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels, l’ancien putschiste la respectera en tirant sa révérence en 2000.

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