“Famlah”(*) : Les Camerounais questionnent et accusent les origines mystico-criminelles des accidents et incendies de fin d’année

Paranoïa, vue de l’esprit, fantasme ou mauvaise foi, les Camerounais croient sérieusement que derrière les malheurs qui fondent ces derniers temps sur eux telle une nuée de sauterelles, il y a la main obscure des forces des ténèbres qui inspirent et contrôlent leurs élites.

Au milieu des pleurs et des grincements de dents qui sont redevenus leur violent lot quotidien depuis quelques jours, les habitants du « Cameroun de Paul Biya » se demandent si la décimation des leurs par graves accidents de la circulations et incendies d’envergure n’ont pas pour but ultime de requinquer leurs dirigeants séniles, presque fossilisés qui se sentant au crépuscule de leur vie, n’hésitent pas à se servir des moyens mystiques dont ils ont le secret, pour y faire passer des citoyens qui ne sont pour eux ni plus ni moins que de la viande hachée ou de la graine à récolter, conformément aux recommandations qui leur sont faites par les ordres satanico-ésotériques que fréquentent ceux-là qui accèdent aux pouvoirs politiques, économiques et/ou financiers au prix d’innommables compromissions.

C’est un véritable enfer au Cameroun ou dans l’ensemble, presque chaque famille vit sa part de drame, de catastrophe ou de sinistre en cette période de « fêtes de fin d’année » tournée en dérision ici par l’appellation « faîte de fin des damnés ».  

Le dernier sinistre le plus couru en date est l’incendie qui a eu lieu aux premières du lundi 28 décembre, au marché Mboppi dans la capitale économique, Douala, situé à deux ou trois minutes de la caserne des Sapeurs-pompiers de Ngodi, mais qui a eu le temps de consumer pas moins de 21 boutiques.  Comme à l’accoutumée,  les éléments du 20ème groupement des sapeurs-pompiers de Douala-Ngodi ont accusé « les installations électriques anarchiques ». La même rengaine est reprise par les mêmes soldats du feu qui réussissent toujours l’exploit d’arriver quand l’incendie a déjà fait de graves ravages, au point que les Camerounais ne les désignent plus que par le sobriquet peu flatteur de « médecins après la mort ».  C’était déjà le cas  lors du dernier incendie qui s’y est produit le 11 novembre de l’année dernière. Mais c’était aussi surtout le cas lors des précédents incendies dont ce marché, le plus grand d’Afrique centrale (Zone CEMAC), dit-on, est coutumier.

Avant cet incendie, un autre, tout aussi grave, avait réduit en cendres le 19 janvier, près d’une dizaine de logements dans une mini-cité au quartier New-Deido, toujours à Douala, réduisant au “glorieux” statut de sans-abris de nombreuses familles. Alors que la caserne des sapeurs-pompiers mentionnée plus haut n’est située qu’à environ 10 minutes du lieu du sinistre, les sapeurs ne sont arrivés qu’à 22 heures 48 minutes alors que les populations qui les appelaient au secours depuis 21 heures se battaient avec grand peine contre des flammes impitoyablement ravageuses.

Ces dernières heures, de nombreux autres incendies se sont signalés çà et là dans le pays, rappelant au citoyen cette politique des incendies des habitations et infrastructures (espaces marchands, hôpitaux et établissements scolaires) pratiquée dans les zones anglophones où l’armée est en guerre contre les séparatistes, et pour lesquels l’armée à très souvent été indexée.

De très mortels accidents de la circulation

Comme s’ils étaient traqués et cernés de toutes parts par le malheur, les Camerounais qui ont échappé aux incendies, doivent faire face aux accidents de la circulation avec leurs cortèges de morts.

Dans la nuit du 25 au 26 décembre un bus de 70 places de l’agence de voyages AVENIR en provenance de Foumban –dans la région de l’Ouest-  qui avait fait le plein des passagers est allé échouer dans les ravins à Ndikiniméki, près de Bafia, dans la région du Centre. Officiellement, les autorités parlent de 37 morts, des sources hospitalières parlent de 57 décès tandis que des témoins sur place affirment qu’il n’y a pas eu un seul survivant, même pas le chauffeur.

Pas plus tard qu’hier, ce sont trois personnes qui sont heurtées et tuées sur place à Buea dans la région anglophone du Sud-ouest par un véhicule, un moniteur d’EPS qui est assassiné lundi par un conducteur de moto-taxi –non identifié à ce jour- à quelques mètres du commissariat du 1er arrondissement de Police de Nkongsamba…, la liste est longue et non exhaustive des drames qui frappent les familles camerounaises, et auxquels il faut ajouter, comme le signalent nos correspondants à Yaoundé et à Douala une trentaine d’accidents graves impliquant des conducteurs de motos-taxis. Certes ces derniers ont bon dos lors des accidents en raison de leur présumée mauvaise éducation, mais des esprits fouineurs et un peu méchantes langues croient savoir que ce sont des cobayes récoltés par les cercles mystiques qui soutiennent « les gens bien de là-haut » dans leur consolidation du pouvoir.

Pour de nombreux Camerounais alors, ces incendies qui ravagent parfois toute une agglomération sous la barbe et les nez des sapeurs-pompiers, ou ces accidents qui parviennent à défier tous les dispositifs de sécurité routière déployés à grand renfort de publicité (Ces dernières années au Cameroun, on a vu les médias audiovisuels et écrits faire des gorges chaudes sur la montée au créneau de généraux de la gendarmerie ou du Secrétaire d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie, venus personnellement en renfort aux gendarmes du rang sur les axes lourds, et s’exerçant à sanctionner les usagers de la route coupable d’excès de vitesse), ne sont ni plus ni moins que du “Famlah”(*) « Vous allez voir que demain jeudi, 31 décembre, lors de son discours de fin d’année, le président qui est apparu avachi en novembre dernier, à l’occasion des obsèques de sa sœur aînée, aura rajeuni de deux décennies au moins, la verve et la beauté en plus », remarque André(**), un habitant de Yaoundé qui a la vaniteuse prétention d’avoir décelé le mystère des accidents et des incendies, et qui se moque de ceux qui, à l’instar du dirigeant de l’opposition camerounaise, Maurice Kamto, « continuent de se convaincre que le régime actuel des buveurs de sang peut être débarrassé par la lutte démocratique. Plus vous leur donnez du sang à verser et à récupérer par des moyens mystiques pour des orgies ténébreuses, mieux ils se portent. Et si vous ne leur en donnez pas à l’occasion des manifestations pacifiques, ils vont en obtenir dans les accidents et les incendies.» 

Et André d’ajouter qu’« En dehors du sang des humains tués lors des marches de protestation, les plaintes et gémissements des citoyens cernés par la misère matérielle, ou leur sueur versé lors des extinctions des incendies comme de n’importe quel dur labeur sans contrepartie équitable qu’on leur impose, constituent les matériaux de choix pour fabriquer une imparable énergie mystique pour les seigneurs de ce monde, qui sont les seuls à pouvoir sacrifier certains des leurs quand les puissances maléfiques dont ils tirent leur pouvoir leur demandent du “sang noble” pour garantir une longue vie au chef qui jouit alors du privilège de repousser à plus loin sa mort. Quand vous dînez avec un vampire, il faut vous faire à l’idée, que lorsque le menu apprêté sera épuisé, il se régalera de vous ».

Martine(***) n’est pas d’accord avec André : « On dit que ces gens ont été vendus par nos dirigeants pour se refaire une santé. Ce que ces gens ne savent pas, c’est que le Cameroun est un pays béni par Dieu, et que le mal ne peut pas avoir d’emprise sur les citoyens de ce pays, même si cela vient de nos dirigeants. Or nos dirigeants en question sont des gens qui prient Dieu avec ferveur et assiduité. On ne peut pas être avec Beelzébut et être agréé dans les églises et les mosuées par Dieu. ‘est que vous serez foudroyé dès que vous aurez franchi le seuil de la porte. Le coronavirus a tué depuis mars plus que tous ces accidents et incendies. Ce phénomène-là vous l’imputez à qui ? »

Comme quoi, les affaires du Cameroun sont résolument très compliquées .        

(*) Famlah: expression consacrée chez les Bamilékés de l’Ouest-Cameroun et finalement acceptée par les autres communautés du pays comme une pratique maléfique propre aux Bamilékés – mais dont la pratique ne leur est pas exclusive -, signifie littéralement “village abandonné” ou encore cimetière. Selon la légende, la pratique du famla consiste, pour de grands commerçants ou planteurs, ou des dépositaires du pouvoir temporel, à échanger à chaque réquisition, des vies humaines contre l’accroissement de leurs richesses ou la consolidation de leurs pouvoir. Les êtres humains ainsi vendus au “Famlah” appelé “Koupé” par les habitants de la plaine littorale parce que aux pieds du mont Koupé situé entre le Cameroun francophone et le Cameroun anglophone, s’était établie une large population agricole dont une frange considérable uniquement constituée de gens veules, travaillant machinalement sans jamais lever la tête, même pas pour répondre aux voyageurs passant près de leurs champs. Ces travailleurs zombifiés, qui commençaient à travailler dès la tombée du jour et qui faisaient montre d’une force de travail incomparable, disparaissaient à l’aube, se faisant substituer par des agriculteurs connus et identifiables mais moins dynamiques. On en déduisait donc que la grande et magnifique production agricole était le fait des “tâcherons de la nuit” qui ne percevaient pas de rétribution, leur rémunération étant directement versée aux seigneurs qui les avaient vendus au Famlah ou Koupé à travers une mort qui n’était qu’apparente puisqu’une fois que les vendus étaient ensevellis, des sorciers et magiciens travaillant pour le compte de ceux qui les avaient vendus, venaient les ressusciter ou réanimer, en veillant par des procédés mystiques, à annihiler leur volonté et leur raison, pour en faire des robots humains travaillant plus qu’il n’est admissible qu’un être de chair et de sang puisse le faire. Un rapprochement est donc fait entre le famlah et la situation des Camerounais qui ne réagissent plus à rien. Même les femmes enceintes éventrées sur le parvis d’un hôpital central par une passante qui tentait de l’accoucher pour protester contre le refus de le faire par des professionnels de la santé affectés à cette tâche, n’a suscité ici que de légers secouements de tête en guise de désapprobation, chacun craignant de rendre son désaccord perceptible et d’être emprisonné. En 2019, les mêmes Camerounais ont laissé Célestin Djamen et Michel Ndoki, Ngankam, blessés par balles par la police séjourner plus de huit mois en prison sans broncher, au point ou seul le président de la très “colonialiste” France a pu toucher le coeur du président Biya pour obtenir leur libération et celle de Maurice Kamto, du moins ce qu’il a pu, qu’au Mali, les populations conduites par un imam, travaillaient à renverser un président de la République à cause de l’enlèvement par des terroristes d’un opposant. Récemment encore, malgré l’exemple malien, Maurice Kamto a été séquestré à son domicile et mis ainsi hors d’état de nuire aux élections régionales sans que les Camerounais qui à plus de 70% lui donnent raison, ne sortent massivement réclamer sa libération. Il a encore fallu attendre la magnanimité (?) de Paul Biya pour que Kamto recouvre sa liberté, et il faudra encore la même générosité du président camerounais, pour que les Bibou Nissack, et Alain Fogue dont l’objectif est de libérer les Camerounais du joug de l’une des dictatures les plus sauvages au monde. Conclusion, les Camerounais serait aussi sous l’emprise du Famlah ou du Koupé. Sauf que celui qui est accusé de les vendre ainsi est un honorable fils de catéchiste et un digne ancien séminariste, et un patriarche Bulu, pétri des valeurs d’humanisme catholique et de tolérance de la communauté Ekang, et ne peut pas, sauf erreur, se laisser aller aller à de telles offenses contre le Souverain Créateur et contre ses prochains, au risque de subir, quand le moment sera venu, le sort de tous ces “donneurs de famlah” dont le sort, on le raconte souvent, a toujours été pire que ceux réunis de toutes les personnes dont ils avaient vendu les âmes et retenu les corps. On ne sort jamais gagnant d’un deal avec le diable. Il finit toujours par demander un sang que l’on ne doit pas verser. Et si son associé s’obstine à verser ce sang en se disant que tant qu’à faire, autant continuer d’en verser (“mouillé c’est mouillé, il n’y a pas de mouiller sec”, dit l’artiste), il verra le malheur déferler sur lui avec le plus confus des fracas.

(**)et(**): Pseudonymes

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