« L’attaque à Ebam n’est pas un cas isolé. Elle a été perpétrée seulement deux semaines après que des soldats ont massacré 21 civils dans le village de Ngarbuh, dans la région du nord-ouest. »,
Ilaria Allegrozzi (HRW)
Près d’un an après l’attaque du village Ebam dans la région sécessionniste anglophone du Sud-ouest, et malgré le silence de plomb observé sur l’affaire par craintes de représailles qui a fait croire aux assaillants qu’ils s’en étaient définitivement tirés à bon compte, l’ONG internationale de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, a mis le doigt dans la plaie en révélant dans un rapport rendu public vendredi, 26 février 2021, que les auteurs de cette ignominie n’étaient autres que des éléments de l’armée camerounaise.
HRW évoque des soldats camerounais qui ont perpétré « l’une des pires » attaques parmi les nombreuses qui ont été perpétrées contre les populations civiles au cours des quatre, voire cinq dernières années, dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest (NOSO).
L’attaque du village Ebam (région du Sud-ouest), le 1er mars 2020, par des militaires s’étaient soldées par les viols de plus d’une vingtaine de femmes dont des handicapées, et la torture physique atroce de quelque trente hommes. L’ONG déclare ainsi qu’au moins 36 hommes dans une base militaire, « où ils ont été roués de coups à plusieurs reprises » et ont subi « des passages à tabac d’une violence relevant de la torture ». Et pour ponctuer le tout, un homme de 34 ans a été tué dans une forêt autour d’Ebam.
C’est le lieu de rappeler que cette autre agression attribuée à l’armée camerounaise qui se comporte de plus en plus comme une organisation terroriste (cliquez ici et lisez particulièrement l’antépénultième paragraphe), avait suivi le massacre de Ngarbuh perpétré par l’armée deux semaines plus tôt par des militaires accompagnés de civils qui jouent souvent les agents de renseignements. Accusée d’être les auteurs du “#massacre de la Saint Valentin“ par de nombreux témoins et organismes de défense et de promotion des droits de l’homme, l’armée camerounaise aurait, dit-on, multiplié d’autres actes criminels, espérant en faire porter le chapeau aux sécessionnistes anglophones qui combattent pour l’indépendance de l’”Ambazonie. En vain, manifestement, au cas où cette manœuvre machiavélique auraient réellement existé.
Commentant ce rapport, Ilaria Allegrozzi, chercheuse à Human Rights Watch, a déclaré que l’attaque d’Ebam est juste une image de la situation réelle au Cameroun anglophone.
« L’attaque à Ebam n’est pas un cas isolé. Elle a été perpétrée seulement deux semaines après que des soldats ont massacré 21 civils dans le village de Ngarbuh, dans la région du nord-ouest. »,
a souligné madame Allegrozzi, tandis que sa collègue, Ida Sawyer, directrice adjointe de la division Afrique à HRW invite à l’occasion les autorités camerounaises à
« mener une enquête indépendante d’urgence sur l’attaque d’Ebam, avec le soutien de l’ONU et de l’Union africaine, et rendre ses conclusions publiques ».


