À un peu moins de 7 mois de la tenue de la Grand-messe du football africain, l’incertitude est grande relativement à sa tenue effective au Cameroun. Le report de la cérémonie de tirage au sort par la Confédération Africaine de Football est un élément majeur qui fonde les inquiétudes. Si le COVID-19 est la principale raison avancée pour justifier cette irrégularité, la vérité est bien au-delà. Les autorités de Yaoundé ne savent pas à quand est programmée cette cérémonie de tirage au sort, mais tiennent quelques arguments pour rassurer les populations camerounaises. « A la demande de la CAF, le Comité local d’organisation (COL) du Cameroun a accepté de reporter le tirage au sort de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies Cameroun 2021 pour des raisons logistiques liées à la pandémie de Covid-19 », renseigne la déclaration des autorités locales chargées de l’organisation de la compétition.
Le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, a indiqué qu’il s’agit de « Fake news et des publications visant à jeter le discrédit sur notre pays en créant une psychose chez les fans du football ». Il a été rejoint dans cette lancée par le président de la Fécafoot Seidou Mbombo Njoya. A contrario, des nouvelles ont renforcé l’idée selon laquelle l’Algérie et certains pays du Maghreb se positionnent déjà comme une alternative au Cameroun. Le président de la Fédération algérienne de Football, Amara Charaf-Eddine, a démenti l’information concernant son pays. Il demeure cependant un goulot d’étranglement incontournable, l’état d’avancement des infrastructures camerounaises devant abriter la compétition. On note un retard inquiétant dans l’ensemble dans l’évolution des chantiers.
C’est en effet de 7 ans que l’organisation de la biennale du football africain a été confiée au Cameroun. La lenteur dans la livraison des infrastructures a entraîné au retrait de la compétition au Cameroun en 2019. Le scénario semble devoir se reproduire à bien y regarder. Le réseau routier du Cameroun est dans un état déplorable, qui n’est pas favorable à la compétition. Aussi, le stade d’Olembe prévu pour servir de cadre à la cérémonie d’ouverture n’est pas encore livré. Ce qui renforce davantage les inquiétudes.
La visite du secrétaire général de la CAF, Véron Mosengo-Omba du 14 au 16 juin permettra de lever un coin de mystère sur cette situation tant il va rencontrer des officiels camerounais en charge de l’organisation au plan local. Mais Paul Biya n’est pas loin de mordre à nouveau la langue. Malgré son assurance et les déclarations positives de l’ancien président de la CAF, Ahmad Ahmad en visite à Yaoundé 2018. Le Cameroun s’était vu écarté de l’organisation le 30 novembre 2018 à Accra lors de l’Assemblée générale extraordinaire de la Confédération africaine de football. Les ingrédients d’un nouveau retrait ne manquent pas.


