Cameroun : Paul Biya donne l’ordre d’exterminer les séparatistes

Le gouvernement camerounais a déployé cette semaine 300 soldats supplémentaires à Bui, une unité administrative du Nord-Ouest du pays qui, selon l'armée, est devenue un bastion des séparatistes. Les troupes effectuent du porte-à-porte à la recherches d’armes et détruisent les engins explosifs improvisés et les camps rebelles. Mais les civils accusent les deux parties d'abus et de violations des droits humains.

Selon l’armée camerounaise, le département de Bui dans le Nord-Ouest, est en train de devenir un épicentre d’atrocités séparatistes. Environ 35 engins explosifs improvisés ont été détruits par l’armée au cours des deux dernières semaines. D’autres engins explosifs improvisés placés par les séparatistes ont détruit des véhicules et des routes à en croire des sources militaires.

Les récents statistiques de l‘armée régulière apprennent que les troupes envoyées pour rétablir l’ordre en juin ont tué sept combattants, dont trois généraux séparatistes autoproclamés. Quatre soldats sont morts en saisissant les armes des combattants. Le général Valere Nka, qui commande les troupes engagées dans la lutte contre les séparatistes, a déclaré que 300 soldats supplémentaires ont été déployés cette semaine à Bui avec pour mission de détruire les engins explosifs improvisés et les camps séparatistes.

M. Nka a précisé que ses troupes n’ont pas le temps de se reposer car les meurtres et les pillages commis par les rebelles sont toujours monnaie courante à Bui. Il a déclaré que les combattants continuent de menacer les libertés et les droits des civils. A lui en croire, Paul Biya, qui est le commandant en chef des forces armées du Cameroun, a donné l’ordre aux militaires de détruire les camps séparatistes et de neutraliser les rebelles et leurs généraux autoproclamés. Un projet que soutient Adolphe Lélé l’Afrique « Il y a certains prophètes de malheur qui veulent apporter le chaos dans notre région en déstabilisant la population de la région du Nord-Ouest. Nous avons instruit les autorités administratives et les forces de sécurité [les militaires] de récupérer toutes ces armes, munitions qui circulent dans la région. Le processus est en cours. Nous allons faire en sorte que tous ceux qui détiennent encore des armes et des munitions dans la région soient interpellés et poursuivis. » précise le gouverneur de la région du Tchad.

M. Nka a exhorté les civils à aider les militaires à dénoncer les suspects et à identifier leurs cachettes. L’église presbytérienne de Bui a déclaré que des dizaines de ses membres, notamment des motocyclistes qui transportent des voyageurs, se sont enfuis de la zone en raison des combats. « Quand ils [les militaires] viennent, ils font irruption dans les maisons et ensuite ils pillent. Ils récupèrent les téléphones, les appareils musicaux et tout autre gadget électronique dont ils ont besoin. Quand ils voient une moto, ils la ramassent et ne la rendent pas. Donc, nous plaidons. Le gouvernement devrait voir [négocier] un moyen de mettre fin à cette guerre », a expliqué Christopher Tatah, 40 ans, qui s’est installé à Bafoussam dans la région de l’Ouest dans l’ouest du pays.

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Il explique que les militaires ont saisi sa moto à Kumbo et reconnait que les civils accusés de collaborer avec les militaires sont pris pour cible et torturés par les combattants séparatistes. Il a ajouté qu’avant de quitter Kumbo dimanche dernier, six civils ont été tués par la détonation d’un engin explosif placé par les combattants. Selon des témoignages, les civils sont les principales victimes de cette bombe.  Transportés dans des véhicules militaires, ils sont toujours la cibles des combattants, déterminé à traquer et punir les personnes qui collaborent avec l’armée camerounaise.

Les forces gouvernementales sont accusées d’être responsables de la plupart des atrocités. Dans le même temps, les officiels camerounais continuent de rappeler que l’armée camerounaise est professionnelle et respecte les droits citoyens.  La violence a éclaté en 2017 dans les régions à majorité anglophone du Cameroun lorsque des enseignants et des avocats ont protesté contre une discrimination présumée orchestrée par la majorité francophone. L’armée avait réagi par une répression et les groupes séparatistes ont pris les armes, affirmant qu’ils protégeaient les civils. Selon les Nations unies, 3 000 personnes ont été tuées et plus de 50 000 déplacées dans les villes francophones et au Nigeria voisin. Malgré les multiples appels au Dialogue, le régime Biya continue de privilégier la voix des armes.

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