Cameroun : trafiquants de pangolin en Afrique centrale démasqués

Cameroonvoice a appris que la Police camerounaise a mis la main sur un réseau de trafiquants de peaux de léopard et sacs d'écailles de pangolin à Yaoundé ce 22 juillet 2021.

La police camerounaise affirme avoir saisi, pour la première fois pendant la pandémie, des parties d’environ 2 000 pangolins transitent dans le braconnage au Cameroun et dans les pays voisins, la Guinée équatoriale et le Gabon. Selon la police, les restrictions de voyage avaient ralenti le trafic de ce fourmilier menacé d’extinction vers l’Asie, où sa viande est considérée comme un mets délicat et où ses écailles sont utilisées en médecine traditionnelle.

Au moins 12 sacs d’écailles de pangolin et de peau de léopard se trouvent dans un entrepôt de la police à Nlonkak, un quartier de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Le responsable du poste de police, Claude Mboutou Abessolo, affirme les trafiquants ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à transférer les écailles et la peau d’animal au Nigeria, pays voisin du Cameroun.

Il indique que les polices du Cameroun, du Nigeria et du Bénin collaborent pour traquer les autres membres d’un groupe de trafiquants de pangolins opérant dans les trois pays. Il affirme que les trafiquants ne tarderont pas à être pris dans les filets de la police. Il précise que certains trafiquants ont été arrêtés au Cameroun.

Le Cameroun a brûlé plus de trois tonnes de peaux et d’écailles de pangolins saisies auprès de contrebandiers et destinées à des pays asiatiques. L’État d’Afrique centrale affirme qu’en brûlant les peaux du mammifère qui fait l’objet du plus grand trafic au monde et en arrêtant les contrebandiers, il envoie des signaux forts indiquant que le Cameroun ne sera plus un pays où le braconnage et la contrebande sont monnaie courante. Philip Ngole Ngwese, ministre camerounais des Forêts et de la Faune, affirme que les peaux et les écailles de pangolin ont été saisies à trois reprises.

L’on ignore le nombre de personnes arrêtées, mais il nous revient que le plus jeune des trafiquants est âgé de 24 ans. Certaines écailles de pangolin et peaux de léopard sont soit cachées au Cameroun, soit expédiées illégalement au Nigeria, d’où elles seront acheminées vers des pays asiatiques, notamment la Chine. La police a déclaré que l’opération était soutenue par le ministère camerounais des Forêts et de la Faune et par le Last Great Ape, un groupe de conservation.

Le vice-président du groupe, Eric Kabah Tah, affirme que près de 2 000 pangolins ont été tués illégalement au Cameroun au cours des 16 derniers mois. Selon M. Tah, les écailles sont cachées dans des maisons et dans la brousse. Il explique qu’avec la fin des restrictions de voyage du COVID-19 et le relâchement du contrôle de la police, les trafiquants ont du mal à faire sortir clandestinement les écailles de pangolins du Cameroun, du Gabon et de la Guinée équatoriale.

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« Les trafiquants d’animaux sauvages sont venus apporter des problèmes en raison de la réduction de la mobilité due à la pandémie de COVID-19, mais actuellement, nous assistons à une remobilisation, nous voyons de plus en plus de trafiquants d’écailles de pangolin. Nous constatons que les écailles de pangolin quittent le Cameroun et d’autres pays d’Afrique centrale pour se rendre au Nigeria où elles sont exportées vers les pays asiatiques.» 

Selon M. Tah, les Camerounais qui ont perdu leur emploi ou dont le travail agricole s’est effondré à cause du COVID-19 vendent des pangolins aux trafiquants, qui tuent les animaux pour leurs écailles.

Harouna Nyandji Mgbatou, officier de division dans le premier district de Yaoundé, affirme que le gouvernement veillera à ce que ceux qui aident les trafiquants soient poursuivis, non sans exhorter les Camerounais à dénoncer les trafiquants, afin de réduire le braconnage. Selon lui, les pangolins sont protégés pour maintenir un écosystème équilibré et préserver les hommes et la forêt de la dégradation environnementale.

Selon la loi camerounaise sur la faune, toute personne trouvée en possession d’écailles ou de parties de pangolin est considérée comme ayant tué le fourmilier et est passible d’une peine de prison de un à trois ans ou d’une amende pouvant atteindre 20 000 dollars.

L’année dernière, les écailles de pangolins ont été retirées de la liste des ingrédients approuvés pour la médecine traditionnelle chinoise. Les groupes de protection des animaux ont déclaré que cette mesure constituait une étape clé dans l’éradication du commerce des pangolins, le mammifère faisant l’objet du plus grand trafic au monde. Last Great Ape et le gouvernement camerounais affirment que les efforts des autorités chinoises n’ont pas mis fin au massacre des pangolins dans le pays.

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