Cameroun-Affaire Malicka : ce qu’on ne savait pas jusqu’ici

Dans une publication ce 23 juillet sur son compte Facebook, le lanceur d’alerte Boris Bertolt a révélé une bonne partie des contours du scandale dans lequel est impliqué le journaliste Martin Camus Mimb et révèle l’implication d’une troisième personne dans l’affaire. Cameroonvoice vous propose l’intégralité de sa publication.

Jusqu’à ce jour, ni les enquêteurs et encore moins les magistrats n’ont la vérité dans l’affaire Martin Camus Mimb. Hier, l’audience était présidée non pas par le juge à qui avait été confié l’affaire dès le départ, mais un nouveau juge. Raison invoquée : l’ancien juge est allé en congé et ses dossiers ont été confiés à d’autres personnes. Il faut déjà savoir qu’il y a dans cette affaire deux procédures. La procédure liée à la citation directe a été renvoyée au 26 août 2021 pour paiement de la consignation de 40 000 Fcfa et ouverture des débats. La plainte à la police judiciaire a été renvoyée au 3 août 2021 pour réquisitions du ministère public sur la demande de libération provisoire. Mais déjà, hier, les avocats de Martin Camus Mimb et Wilfried Eteki ont déposé une requête en habeas corpus en nullité de procédure pour obtenir la libération de leurs clients. Des requêtes de demandes de remises en liberté dans un contexte où ni la famille de Malicka, ni les avocats, ni les policiers et encore moins les magistrats ne savent pour l’instant ce qui s’est réellement passé.

Rappelons ici que la loi du 21 décembre 2010, relative à la cybersucrite et la cybercriminalité stipule en son Article 74*.- (1) Est puni d’un emprisonnement de un (01) à deux (02) ans et d’une amende de 1.000.000 (un million) à 5.000.000 (cinq millions) F CFA, quiconque, au moyen d’un procédé quelconque porte atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur auteur, les données électroniques ayant un caractère privé ou confidentiel. Or, dans cette affaire, il est établi que Martin Camus Mimb et Wilfried Eteki ont effectivement filmé la jeune Malicka Bayemi et que la vidéo a été mise en circulation sans son consentement. L’article 8 de la même loi souligne qu’est puni d’un emprisonnement de six (06) mois à deux (02) ans et d’une amende de 5.000.000 (cinq millions) à 50.000.000 (cinquante millions) F CFA le fait de divulguer des données nominatives portant atteinte à la considération de la victime.

Yves Bassong

Si jusqu’ici Martin Camus Mimb, après avoir menti n’avoir pas participé aux ébats sexuels dans son bureau a finalement fait son Mea Culpa, il dément avoir diffusé la vidéo. Sa position est soutenue par celle de son compère Wilfried Eteki qui a affirmé devant les enquêteurs de la police judiciaire que c’est lui qui a envoyé les vidéos comme le témoignent les procès-verbaux d’audition à la police judiciaire. Il a confié avoir envoyé les vidéos à deux personnes : Martin Camus Mimb et un troisième larron, Yves Bassong.

Qui est Yves Bassong ? Yves Bassong est le fils de Isabelle Akounda Moneyang, aujourd’hui décédée mais ancienne ambassadeur du Cameroun auprès du BENELUX et de la Communauté européenne à Bruxelles de 1989 à 1986. La mère de Yves Bassong, décédée le 9 novembre 2006 à Bruxelles était également connue comme une proche de Paul Biya. Yves Bassong, qui réside actuellement en Europe, entre la France et la Belgique est un ami de longues dates de Wilfried Eteki. Plus, Yves Bassong connaît bien la petite Malicka. Ils étaient voisins de la maison construite à SOA par la mère de Malicka. Yves Bassong, qui a environ 50 ans, a donc vu grandir la jeune Malicka.

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Wilfried Eteki dans les éléments contenus dans les procès-verbaux d’audition a donc confié avoir également transmis la vidéo à ce Yves Bassong qu’il accuse d’avoir par la suite diffusé la vidéo. Problème : Yves Bassong a quitté le Cameroun depuis cinq ans et affirme n’y avoir pas mis ses pieds depuis trois ans. Contacté, il reconnaît effectivement avoir reçu la vidéo, mais affirme que ses conseils lui ont demandé de ne rien dire tant qu’il n’est pas saisi par la justice camerounaise. Mais selon ses propres mots : « Il connaît la vérité ». Laquelle ? Au cours de notre échange, il se braque et confie simplement attendre « le bon moment pour s’exprimer ».

La belle Mya

Il faudra donc encore attendre pour connaître la vérité. Mais elle peut se trouver quelque part : dans les téléphones de Martin Camus Mimb et de Wilfried Eteki qui ont été saisi par les enquêteurs de la police judiciaire. On y découvre qu’en réalité il n’y a pas seulement une troisième personne, mais une quatrième personne qui se fait appeler « MYA ». Ni Wilfried Eteki et encore moins n’ont mentionné « MYA » pendant les enquêtes et les auditions à la police judiciaire. Pourtant, tous semblent connaître la vérité. Ont-ils caché volontairement son existence ?

N’empêche que sur la base de l’exploitation des téléphones de Martin Camus Mimb et Wilfried Eteki, l’on découvre que quelques heures après le crime, un groupe whatsapp est créé. Ce groupe s’appelle : « TROP JACKS D ». En résumé : « Trop de Jack Daniel » en référence à la bouteille de Jack Daniel consommé au bureau de Martin Camus Mimb le jour du crime. Dans ce groupe figure Wilfried Eteki sous l’identité : « SM Wilfried » (sa Majesté Wilfried) et Martin Camus Mimb sous l’identité « Nsang Kong ». C’est Martin Camus Mimb qui sonne l’alerte : « Wilfried, vous êtes dehors faites attention ». Réponse d’Eteki : « OK ». Martin revient à la charge : « Mon nom est dehors. Ce n’est pas sérieux. Qui d’autre a vu ces images ? ».

Les coups de fils circulent déjà à cet instant. La toile s’embrase. Malicka est traquée dans la rue. Rentre chez elle, pleure et casse son téléphone. Wilfried Eteki répond : « Aiie la salope à Bruxelles ». Puis il ajoute : « On nie tout ». Rien de surprenant que Martin Camus Mimb ait donc nié dès les premières heures du déclenchement de l’affaire. À camus Mimb d’ajouter : « Il y a aussi la vidéo où vous êtes dans la bagnole ». Puis revient à la charge : « C’est qui la salope ? » Lance Martin Camus Mimb. Wilfried Eteki répond : « MYA. Elle a dû balancer à des Kmer ». Pour aromatiser la conversation, Eteki poste une photo d’une fille nue et belle qui serait « MYA » et que Martin semble ne pas connaître.

Silhouette de mannequin, corps nu, brune, longs cheveux à la Jennifer Lopez, regard revolver traduisant l’innocence d’une lionne dans cette forêt aux herbes courtes, MYA laisserait peu d’hommes indifférents avec son regard aguicheur… Qui est donc la belle MYA ? (à suivre)

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