Ils sont entre la vie et la mort dans les griffes des Ambaboys. Ces enseignants en service au lycée bilingue de Kumbo sont tous du sous-système francophone. Ils s’indignent du mutisme assumé des autorités camerounaises et particulièrement de Pauline Nalova Lyonga, qui sont au courant des exactions qu’ils subissent dans cette région anglophone. « Dans un premier temps, les autorités nous mettent la pression et pour continuer d’enseigner. Nous prenons des risques pour nous rendre dans cette zone. », a confié l’un de ces enseignants sous anonymat au lanceur d’alerte Boris Bertolt. Le risque pour ceux qui ne prennent pas service dans cette région en crise est de perdre définitivement leur emploi « Certains collègues ont été suspendu du fichier solde de l’Etat. » A-t-il assuré.
« Et deuxièmement, en route nous subissons les contrôles des ambas boys. Actuellement où je vous écris, on a des collègues du lycée bilingue de Kumbo et du lycée technique de Kumbo qui sont entre les mains des ambas boys et ces derniers demandent des rançons. Les autorités de Kumbo ne disent plus rien. Nous sommes fermement dépassés jusqu’à quand cette situation va durer ? », se demande l’enseignant. À lui en croire, la présence des enseignants francophones dans les écoles de cette collectivité territoriale n’est pas seulement risquée, elle devient de plus en plus inutile « dans ce lycée bilingue de Kumbo, nous n’avons plus de sections francophones, car tous les francophones ont déserté la Zone. Nous ne comprenons pas pourquoi nous, enseignants francophones, on nous maintient dans cet endroit. Nous voulons être redéployés afin d’exercer calmement notre profession. » Suggère l’enseignant.
Des données compilées par l’UNICEF renseignent que plus 90 % des écoles primaires et 77 % des écoles secondaires de l’enseignement public sont restées inactives dans les régions à majorité anglophone en raison de la crise. Exception faite des écoles privées où les chiffres sont tout aussi impressionnants. Plus de 3 500 personnes ont été déjà tuées et plus de 700 000 ont fui leurs villages. Malgré ces exactions, le gouvernement privilégie toujours la réponse militaire en lieu et place du dialogue devant une situation quasiment hors de contrôle.



