S’il est un secteur qui a continué à dépasser les attentes en Afrique, c’est bien celui des télécommunications. Aujourd’hui, le continent compte plus de 500 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles. Cela représente près d’un Africain sur deux. Cela dépasse de loin ce que l’homme d’affaires rwando-congolais Miko Rwayitare, créateur du premier réseau mobile du continent, Telecel International, aurait pu imaginer en 1987. À l’époque, l’entrepreneur ne visait que quelques milliers d’heureux élus et ses téléphones, qui ne pouvaient même pas envoyer un SMS, avaient encore la taille d’une brique.
En trois décennies, les opérateurs ont traversé les crises mondiales relativement sereinement. Après le développement des réseaux 2G, puis 3G et 4G, des câbles sous-marins et des paiements mobiles-mobiles, le continent a fait un nouveau saut technologique, celui de l’économie de plateforme.
Elle est d’abord apparue dans le domaine du commerce électronique, actif depuis quelques années, pour être rejointe par les services financiers, l’énergie, l’agriculture, la santé et l’éducation. Même les gouvernements ont commencé à les utiliser dans l’espoir de combler le fossé entre les citoyens et les administrations.
Aux côtés de MTN, Vodacom, Orange et autres, des milliers de startups, d’investisseurs, d’incubateurs, d’opérateurs de réseaux de fibre optique, de centres de données et d’influenceurs enrichissent l’écosystème. Cette profusion d’acteurs a inspiré à The Africa Report son premier classement des 40 personnalités qui composent l’Afrique numérique, avec l’objectif de le mettre à jour chaque année.
En sélectionner 40 dans ce champ très dense était une entreprise ambitieuse. On y trouve des opérateurs de télécommunications comptant des centaines de millions d’abonnés, des dirigeants de fonds d’investissement spécialisés et des fondateurs de startups devenues des licornes, mais aussi des représentants africains des géants FAANG (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google). On y trouve également certains décideurs publics qui tiennent les cordons de la bourse des infrastructures numériques.
Innovation, financement, leadership
Pour notre classement, nous avons utilisé une série de critères allant de la capacité d’innovation à la solidité financière et à l’importance des fonds levés, en passant par le leadership et la notoriété, en nous concentrant principalement sur les événements survenus au cours de la période 2020 à 2021. Ce classement ne peut prétendre à une vérité objective, mais il présente notre vision d’une révolution que nous suivons depuis ses débuts.
Nous aurions pu placer d’emblée les 10 premiers opérateurs télécoms, sans lesquels bien peu de choses seraient possibles, mais nous avons également voulu mettre en avant l’adoption du e-commerce, l’explosion des fintechs, notamment au Nigeria, l’intérêt croissant pour les services d’accès à l’énergie, le développement des data centers, et les premiers projets réellement significatifs des entreprises FAANG en Afrique, notamment dans les infrastructures.
Le rôle des régulateurs et des fonctionnaires éclairés est déterminant pour le succès, voire l’échec. Pour chaque Institut de technologie de Kigali, il y a des répressions illégales par les banques centrales sur les opérateurs de blockchain.
Enfin, nous constatons que les femmes sont encore minoritaires dans cet écosystème, et notamment dans les fonctions supérieures. Cependant, elles sont loin d’être absentes. Outre les personnalités présentes dans notre classement, citons Odunayo Eweniyi, cofondatrice de la startup Piggyvest, Coura Carine Sene, qui dirige Wave mobile money au Sénégal, Fatoumata Ba, dont le fonds, Janngo Capital a promis 60 millions d’euros (70 millions de dollars) pour les startups dirigées par des femmes, et Andreata Muforo, partenaire de la société d’investissement TLcom. La Camerounaise Rebecca Ennonchong, promotrice d’AppTechs, y figure fièrement à la 39e place, alors qu’on note une très faible présence des femmes.
Voici le Top 40 des meilleurs entrepreneurs du numérique en Afrique selon Africa Report



