Urgent : la sanction de Biden après les coups d’Etat en Éthiopie, au Mali et en Guinée

Le Mali et la Guinée ont été exclus de la loi américaine sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) en raison des récents coups d'État perpétrés par des dirigeants militaires, tandis que l'Éthiopie a été exclue en raison de violations des droits de l'homme.

C’est ce samedi 2 janvier que les États-Unis ont exclu l’Éthiopie, le Mali et la Guinée du programme de commerce hors taxes avec l’Afrique en raison de violations présumées des droits de l’homme et des rapports sur les récents coups d’État dans ces pays. “Les États-Unis ont aujourd’hui retiré l’Éthiopie, le Mali et la Guinée du programme de préférences commerciales de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) en raison d’actions prises par chacun de leurs gouvernements en violation du statut de l’AGOA”, a déclaré le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) dans un communiqué rendu public le 2 janvier.

Cette décision arrive à la suite d’un avertissement du président américain Joe Biden en novembre dernier contre les violations des droits de l’homme commises par l’Éthiopie dans la région du Tigré. Le Mali et la Guinée ont tous deux été exclus de la loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA) en raison des récents coups d’État organisés par les dirigeants militaires. La loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique est une loi américaine sur le commerce, promulguée le 18 mai 2000, qui renforce le partenariat commercial et favorise l’accès en franchise de droits au marché américain pour les pays d’Afrique subsaharienne (ASS).

Le pacte vise à établir des liens commerciaux plus forts entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne par le biais de plusieurs accords commerciaux préférentiels. Le pacte, qui devait initialement durer quinze ans, a été ré autorisé pour dix années supplémentaires le 25 juin 2015 par l’ancienne administration Obama. En 2020, plus de 38 pays sont devenus éligibles à l’AGOA.

Les États-Unis “profondément préoccupés” par la violation flagrante du statut de l’AGOA

Washington est “profondément préoccupé par les violations flagrantes des droits de l’homme internationalement reconnus commises par le gouvernement éthiopien et d’autres parties dans le cadre de l’aggravation du conflit dans le nord de l’Éthiopie”, peut-on lire dans le communiqué du représentant américain au commerce. Il a toutefois déclaré que les trois pays avaient toujours la possibilité de rejoindre le pacte s’ils acceptaient de ne pas appliquer les dispositions de la loi. “Chaque pays a des critères clairs pour une voie vers la réintégration et l’administration travaillera avec leurs gouvernements pour atteindre cet objectif”, souligne le communiqué.

Une guerre sporadique a éclaté dans la région du Tigré en Éthiopie au cours du mois de novembre 2020 contre les dirigeants du Tigré et les factions rebelles sous la direction du Premier ministre Abiy Ahmed Abiy. Ce conflit de 13 mois qui a déstabilisé la région a fait des dizaines de milliers de victimes civiles, 400 000 personnes ayant souffert de pénurie alimentaire et de famine au Tigré. Selon les rapports, les soldats éthiopiens ont également ravagé la Somalie en empruntant une route partant de l’Érythrée voisine. La décision des États-Unis menacerait l’industrie textile du pays, qui importe des marques de mode américaines.

La CEDEAO avait imposé des sanctions contre le Mali lorsque les dirigeants de la transition ont annoncé qu’ils n’organiseraient pas d’élections démocratiques dans le pays avant la date limite du 27 février 2022, date qui avait été convenue à l’unanimité par le colonel Assimi Goita pour une transition de 18 mois après que les militaires maliens ont chassé l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita lors du coup d’État d’août 2020.

Plusieurs pays africains ont imposé des interdictions de voyager et gelé les avoirs des dirigeants militaires maliens “avec effet immédiat” depuis la prise de pouvoir politique. En Guinée, au début de l’année dernière, les militaires ont renversé le président Alpha Condé. C’était un coup de force mené par le commandant des forces spéciales Mamady Doumbouya et l’unité d’élite des forces spéciales. Le cerveau du coup d’État, le colonel Mamady Doumbouya, s’est déclaré nouveau dirigeant du pays depuis lors.

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