La situation des prisonniers politiques est de nouveau à l’origine d’une violente altercation entre le régime du président Paul Biya (89 ans le 13 février prochain et au pouvoir depuis 1982) et une frange importante de la diaspora camerounaise qui a bruyamment exprimé son mécontentement ce jeudi 6 janvier 2022, en prenant d’assaut la mission diplomatique de leur pays en Belgique.
Une mission diplomatique, symbole, selon eux non pas de l’Etat du Cameroun, mais du régime répressif qui a pris le Cameroun et les Camerounais en otage depuis des décennies.
A la manœuvre dans l’enceinte de l’Ambassade du Cameroun à Bruxelles où les manifestants ont tenté –en vain- de rallier à leur cause quelques personnels civils et militaires trouvés sur place, de grandes figures de la diaspora contestataire membres de la Brigade Anti-Sardinards (BAS), exigeaient la libération immédiate des prisonniers politique du régime, en hurlant les noms de Mispa Awasum, Alain Fogue Tedom, Olivier Bibou Nissack (respectivement Vice-président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, Trésorier national, et porte-parole du président national du même parti), ainsi que des autres Camerounais, pour la plupart des militants et sympathisants du MRC arrêtés en septembre 2020 et condamnés fin 2021 à e lourdes peines allant de 1 à 7 ans de de prison ferme. Les prisonniers politiques anglophones étaient également évoqués, à l’instar du leader sécessionniste Sisiku Julius Ayuk Tabe, enlevé dans un hôtel au Nigeria par les services camerounais avec la complicité du gouvernement nigérian, puis extradés au Cameroun où ils ont été condamnés en 2019 à la perpétuité.
Tout à fait pacifique, quoique bruyante, la manifestation à l’ambassade du Cameroun à Bruxelles pour la libération des prisonniers politiques au Cameroun a pris fin avec l’arrivée de la police bruxelloise qui a engagé des négociations avec les meneurs. A la suite de cette trêve, des altercations ont éclaté entre les manifestants et certains de leurs compatriotes qui leur reprochaient d’avoir empêché par leur action, l’aboutissement ce jour de leurs démarches administratives. Des confrontations qui ont amené la police à procéder à des interpellations.
Aux dernières nouvelles ce sont dix (10) personnes au total qui ont été retenues et qui selon Sarah Frederickx, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Midi doivent répondre des faits de dégradation et violation de domicile.



