Lutte contre le terrorisme dans le Sahel : Le non à Macron du Tchadien Idriss Deby

La “Réunion de clarifications” de Pau convoquée  pour lundi prochain par le président français Emmanuel Macron se fera sans le chef de l’Etat Tchadien Idriss Deby, qui évoque une inadéquation avec son propre calendrier.

Le  porte-parole du gouvernement tchadien, Oumar Yahya, qui est monté au créneau pour expliquer la décision de son patron en évoquant un hôte de marque à accueillir à  Ndjamena quasiment à la même période, et un sommet sous-régional à Libreville au Gabon le lendemain, a demandé à l’opinion de ne pas donner d’autres connotations à l’absence annoncée du président Deby à Pau.

Une manière de faire taire des commentaires qui liaient cette absence au désaccord entre l’homme fort de Ndjaména et Emmanuel Macron  dont les termes jugés “cavaliers” de l’invitation adressée verbalement à ses homologues africains membres du G5 sahel ont heurté plus d’un Africain.

En effet, trois jours après l’hommage national rendu aux 13 soldats français tués au Mali, le président français qui se trouvait au sommet de l’Alliance atlantique à Londres mercredi, a esquissé des conditions à la poursuite par la France de l’opération «Barkhane» au Sahel. En même temps qu’il répondait aux polémiques suscitées par la présence militaire française au Sahel.

Tout ceci a donné lieu à une invitation que d’aucuns ont estimé être l’illustration du mépris coutumier des dirigeants français en général et d’Emmanuel Macron en particulier, à l’endroit de leurs homologues d’Afrique :

« J’attends d’eux (Les Président du G5 Sahel) qu’ils clarifient et formalisent leurs demandes à l’égard de la France et de la communauté internationale », a-t-il déclaré. « Souhaitent-ils notre présence et ont-ils besoin de nous? Je veux des réponses claires et assumées sur ces questions », avait dit monsieur Macron, martelant presque ses mots, avant de se recadrer : « La France n’est pas là avec des visées néocoloniales, impérialistes ou avec des finalités économiques. On est là pour la sécurité collective de la région et la nôtre ». Avant de repartir, derechef menaçant : « Je ne peux ni ne veux avoir des soldats français sur quelque sol du Sahel que ce soit à l’heure même que l’ambiguïté persiste à l’égard de mouvements anti-français, parfois portée par des responsables politiques ».

Deux jours plus tard, Idriss Deby répondait à son homologue hexagonal via un tweet, sur  « Les menaces d’envergure qui persistent au Sahel » : « Nous devons prendre en compte le caractère transversal du danger qui n’épargnera ni la méditerranée, ni l’Europe moins encore le reste du monde », écrivait le président africain, non sans établir un lien direct entre le développement du terrorisme au Sahel et la crise libyenne : « Je pense que le succès de la lutte contre le terrorisme a forcé le règlement de la crise libyenne »,  notait-il.

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L’annonce par la radio française, RFI, de sa non participation à la réunion de  clarification a été vivement salué en Afrique, même si par la suite, l’enthousiasme est tombée chez ceux qui s’attendaient à une escalade entre les deux hommes d’Etat, mais qui se rendent compte qu’il ne s’agissait que d’une question de “calendrier“.

 

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