« Nous avons décidé d’être souverains » Le président de la Transition Burkinabé (capitaine I. Traoré) sort de ses gonds

La récréation est résolument terminée au Burkina, à en croire la dernière sortie du président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré à l’occasion de sa première visite officielle dans la deuxième ville du pays, Bobo Dioulasso, capitale économique. Une visite qu’il a mise à profit pour s’exprimer sur ce qui apparait déjà comme une véritable brouille de son régime avec la France.

Pour une fois, celui qui est apparu  quelque peu taiseux sur les questions diplomatiques -dont la charge semblait laissé à la discrétion de la ministre des Affaires étrangèrtes, Olivia rouamba et du Premier ministre Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambéla- depuis le coup d’Etat du 30 septembre 2022 contre la précédente junte conduite par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a fait montre d’une abondante clarté sur sa perception de ce que doit être la relation entre le “Pays des hommes intègres” et le reste du monde, en l’occurrence les grandes puissances.

« Nous ne sommes pas contre quelqu’un, mais nous voulons juste vivre et vivre dignement au Burkina (…).Nous avons décidé d’être souverains. C’est une lutte qui sera âpre et dure, mais nous l’avons entamée et comptons aller jusqu’au bout », a déclaré calmement mais fermement, l’homme dont le pays a montré en décembre 2022 de nombreux signes d’agacement vis-à-vis de certaines attitudes des Occidentaux et/ou assimilés. On se souvient à ce propos de la demande des autorités burkinabé du départ du chef de la mission diplomatique française à Ouagadougou pour des raisons de « perte de confiance ».

L’Ambassadeur Luc Hallade  avait exhorté ses compatriotes à quitter la 3e ville du pays, Koudougou, du fait de l’insécurité qui y règne. Un classique de ces alertes dont sont coutumières les missions diplomatiques –occidentales, généralement- accréditées dans des pays en proie à des crises politiques ou sécuritaires, mais que le gouvernement burkinabé a considéré comme une confortation des terroristes soi-disant “jihadistes” et autres fauteurs d’insécurité dans l’idée qu’ils ont une certaine emprise sur les populations, d’une part, et d’autre part, comme une façon d’entretenir le doute et la peur dans les esprits des populations de la région qui commençaient à être rassérénées par les actions énergiques de l’armée. Dans la même foulée des actes de rétorsion, Ouagadougou expulsait, mi-décembre deux citoyens français pour espionnage présumé de l’armée. L’Onu n’était pas du reste, qui a vu éconduire sans délai, toujours au mois de décembre,  la Coordonnatrice du système des Nations-Unies, Barbara Manzi, coupable d’avoir décidé du retrait –sans requérir l’avis des autorités du pays hôte- le personnel non essentiel de l’ONU à Ouagadougou.

#ctaText??#  "S'il était lâché par l'occident, il irait chercher les Russes sans hésiter" : Au Cameroun, l’embarras de la France dans la problématique de l’après-Biya

Le président de la Transition qui affirme que son pays (ou régime) n’est contre personne ou aucune puissance) a fait savoir dans son discours à Bobo, que sa préoccupation essentielle était celle de la consolidation de l’indépendance et de la souveraineté de son pays même si cela n’allait pas arranger d’aucuns : « Cela stipule que certains pays auront du mal avec cela. » « Mais nous ne devons pas nous laisser manipuler », a aussitôt tenu à mettre au point le jeune officier dont le discours sur le « renforcement de l’axe Ouagadougou-Bamako » lors de sa visite en novembre 2022 à son homologue malien Assimi Goita,  avait donné l’impression qu’il se rangeait dans la russo-poutinophilie ambiante.

Le régime du capitaine Traoré avait certes démenti à plusieurs reprises vouloir confier les soins de la lutte contre l’islamo-terrorisme aux mercenaires russes de Wagner dont l’”efficacité” empreinte de présumés “violations de droits humains” et “crimes de sang” a été éprouvée en République Centrafricaine et au Mali où l’on noterait, en dépit de la controverse, une relative stabilisation de la situation sécuritaire. Mais les divergences latentes  qui couvent sous la cendre des relations franco-burkinabé préoccupent au plus haut point Paris et ce qui lui reste d’“amis” africains quant à l’éventualité que le Burkina faso franchisse définitivement le pas d’un “changement d’alliance ou d’une “réorientation” de ses pôles d’intérêts vers la Russie, comme le demandent déjà de nombreux Burkinabés en particulier et en général certaines populations d’Afrique de l’Ouest, que des observateurs disent plus ou moins activement pistonnés par Moscou.   

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