Conflit USA – Iran : Chronique d’une guerre “inévitable”

Après l’assassinat du puissant général iranien Qassem Soleimani, vendredi dernier, par un raid américain. L’Iran a lancé depuis mardi l’opération « Martyr Soleimani » en guise de représailles contre la mort de cet imminent général de 62 ans, qui fut pendant longtemps à la tête de la Force Qods (forces espionnes) donc, en charge des opérations extérieures et intérieures de l’Iran. Dans la nuit de mardi à mercredi, en moins de quarante minutes, 22 missiles balistiques sol-sol se sont heurtés sur les bases irakiennes d’Ain al-Assad et d’Erbil, bases où sont postés près de 5250 soldats américains déployés en Irak depuis bien des temps déjà. Dans la foulée, c’est l’ayatollah Ali Khamenei qui s’est targué d’avoir donné une « gifle en pleine face » au pays de l’oncle Sam. Celui qui avait été qualifié «  monstre » il y avait peu de temps encore par Donald Trump, a perdu la vie vendredi dernier. La cause de sa mort reste jusqu’ici sujet à une kyrielle de polémiques, entre poursuite pour l’enrichissement de l’uranium iranien ou encore, tentative de déstabilisation du système iranien par les Etats-Unis, il demeure tout de même vrai que pour Donald Trump, le général Soleimani était le caillou qui serait dans la chaussure Iran. Fort de ce constat, jaillit cette interrogation ; avec cette riposte, les iraniens ont-ils obtenus leurs vengeance ou envisagent-ils une répétition d’actions du même genre sur le long terme ?

« L’évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu’ici, tout va bien ! » a réagi Donald Trump sur twitter. Celui-ci semble même vouloir désamorcer le conflit en revenant sur sa menace de frapper des sites culturels iraniens. Dans le point de presse donné hier à la maison blanche Donald Trump déclamait d’un ton étonnement laconique « Que les Etats-Unis étaient prêt pour toute éventualité… ». Pour le locataire de la maison blanche, il n’est pas question de laisser l’Iran salir la nation américaine. La pertinence de ce conflit est probant, car pour certains spécialistes de l’Otan, l’Iran a agi avec une réponse proportionnée, selon la logique suivante : les américains ont bombardés nos militaires en terre irakienne, alors nous aussi allons frapper leurs bases militaires déployées en Irak. Trump a demandé la non-ingérence de l’Otan dans ce presque conflit.  Jusqu’ici, ni l’Allemagne, ni la Chine ou la France ne se sont encore prononcés, certainement parce qu’ils sont embarrassés par la situation.

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Pendant que d’autres irakiens pensent que les mouvements militaires du genre n’étaient pas suffisants pour cette affaire, du fait qu’il est important que la présence des Etats-Unis dans cette zone s’estompe. Pour Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, il est évident que la république islamique ne cherchait pas l’escalade encore moins la guerre et que les représailles proportionnées de la nuit étaient terminées.  Cependant le constat est effectué et laisse vraisemblablement paraitre que la prise de parti de l’Irak pour l’Iran était apparent, de fait que les intérêts économiques, géographiques et sécuritaires de Bagdad, pris en étau entre les deux nations, américaines et Iranienne. À Téhéran la capitale, des manifestants iraniens sont sortis dans la rue depuis lundi, pour protester contre la gérance des Etats-Unis dans les conflits internes du pays et contre l’assassinat de leur icône de « résistances », les drapeaux américains sont déchirés et brûlés, de même que les drapeaux irakiens sont mis en flamme, car pour certains, ils sont « complices » des plans américains. Cette riposte signale sans doute une phase nouvelle, bien qu’elle n’ait pas encore entraînée la déflagration tant redoutée.

Yvan Ngon

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