Assassinat de journaliste et immunité aux USA de Mohamed Ben Salmane : HRW dénonce l’alliance criminelle entre l’Américain Joe Biden et le dictateur Saoudien

« L'immunité du prince héritier saoudien met en évidence l'échec de la quête de justice par les États-Unis »

Selon l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch, « L’administration Biden devrait plutôt exiger des comptes pour le meurtre de Jamal Khashoggi »

Par Joey Shea (Chercheuse sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis)

Le président américain Joe Biden saluant le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avec la « salutation du poing » (« fist bump ») près de l’entrée du palais Al-Salam à Djeddah, le 15 juillet 2022.   © 2022 Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien via AP

Le département d’État américain a émis un avis juridique selon lequel le Premier ministre saoudien Mohammed ben Salmane (souvent surnommé « MBS ») ne peut pas être poursuivi en tant que chef de gouvernement ; ceci met en évidence l’échec de l’administration Biden à demander des comptes pour le rôle de MBS dans le meurtre brutal du journaliste américain Jamal Khashoggi en 2018.

Le 17 novembre, le Département d’État a indiqué qu’il « reconnaît et autorise l’immunité du Premier ministre Mohammed ben Salmane en tant que chef de gouvernement en exercice d’un État étranger ». Cette déclaration a été émise dans le cadre d’une poursuite au civil déposée en octobre 2020 par Hatice Cengiz, la fiancée de Khashoggi, et Democracy for the Arab World Now (DAWN), contre MBS et plus de 20 autres complices présumés, cherchant à les tenir responsables du meurtre de Khashoggi. En février 2021, l’agence de renseignement américaine CIA a conclu que MBS avait approuvé le meurtre de Khashoggi.

Le roi saoudien Salman bin Abdulaziz a nommé Mohammed ben Salmane au poste de Premier ministre le 27 septembre 2022, quelques jours avant la date limite pour que le département d’État américain fournisse une réponse à un tribunal américain sur la question de l’éventuelle immunité de MBS. Ce délai a ensuite été prolongé.

Bien qu’il ait déclaré lors de sa campagne présidentielle qu’il ferait de l’Arabie saoudite un État « paria », le président Joe Biden n’a pas cherché à exiger des comptes pour le rôle de MBS dans le meurtre de Khashoggi et dans d’autres abus graves. Cet échec, ainsi que le voyage désastreux de Biden en Arabie saoudite en juillet et sa notoire salutation « fist bump » (« poing contre poing ») de MBS a été suivi d’une augmentation des violations graves des droits humains par les autorités saoudiennes. En août, une cour d’appel saoudienne a augmenté la peine de prison de la doctorante saoudienne Salma al-Chehab de 6 à 34 ans, sur la seule base de son activité sur Twitter. D’autres personnes – dont au moins un citoyen américain – ayant critiqué le gouvernement saoudien sur les réseaux sociaux ont été condamnées à de lourdes peines de prison par les tribunaux saoudiens.

#ctaText??#  Levée avec effets immédiats des sanctions contre le Niger : L'humiliant et tardif rétropédalage de la CEDEAO ? (Sputnik)

La promesse de campagne de Biden de s’assurer que les autorités saoudiennes « payent le prix » pour le meurtre odieux de Khashoggi n’a pas été tenue. En l’absence de sanctions réelles contre le gouvernement saoudien pour sa répression transnationale, MBS interprétera la politique américaine comme un « feu vert » pour continuer à commettre des abus à l’intérieur du royaume et à l’étranger, tout en bénéficiant d’un généreux soutien militaire, diplomatique et politique américain.

HRW

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