Les Camerounais souhaitent un Cameroun qui parle de progrès économique et social

Un jour, en entretien sur Equinox TV, le journaliste Valentin Siméon Zinga me dit qu’il n’y a pas d’Institut de Sondage ni d’Enquête au Cameroun, ce qui est partiellement vrai parce que ça ne veut pas dire que les enquêtes de terrain ne se font guère! J’en fais énormément.

Les Camerounais participent très peu à la vie politique de leur pays. Ceci n’est cependant pas une preuve qu’ils ne s’intéressent pas à ce qui se passe dans ce pays au quotidien. J’en veux pour preuve le nombre de Camerounais que l’on retrouve devant les kiosques à journaux tous les matins.

Ils ne les lisent certes pas, mais ils parcourent les unes, se font leur idée avant de se retrouver en petit comité pour en débattre. Une enquête Facebook-MCPSD, le parti politique que je préside, effectuée il y a quinze jours sur « l’intérêt que les Camerounais portent à la vie politique du Cameroun » montre des résultats encourageants. Ainsi sur un échantillon large de 100 000 internautes interrogés sans tenir compte de leur résidence, mais en s’assurant qu’ils sont camerounais, il ressort que 73 % des sondés s’intéressent à tout ce qui touche le Cameroun. 64 % affirment n’avoir voté ni pour la présidentielle ni pour le scrutin couplé législative et municipale. Ce pourcentage n’est pas différent de celui de Transperency International et de la CODEG (Coalition For Democratic Governance) qui situent le taux de participation aux deux scrutins à 37 % pour ce qui est de la présidentielle et à 43 % pour les législatives/municipales.

Les Camerounais nous adressent donc un message. Dans leur immense majorité, ils souhaitent un Cameroun qui parle de progrès économique et social. La montée en puissance de la misère est en contradiction avec l’insolence dans laquelle vivent les dirigeants et une minorité de fonctionnaires. Ainsi 67 % de Camerounais interrogés pensent que le Cameroun n’est pas en crise, mais que ce sont les dirigeants qui installent la population dans la misère. 86 % des Camerounais interrogés ne font pas la différence entre l’Etat, le Pouvoir, les Dirigeants et les Fonctionnaires. Ainsi, de leur point de vue, tous ces nominatifs sont interchangeables : un fonctionnaire est l’Etat, il est le pouvoir, il est aussi un dirigeant.

Les signes d’amélioration contenus dans les discours notamment du Président de la République et repris par tous ceux qui parlent en son nom ne sont visibles nulle part. Les Camerounais sont passés de l’état de pauvreté à l’état de misère! P Aujourd’hui, peu de familles arrivent à scolariser les enfants ou à leur donner un repas par jour. Dans les villes, de nombreuses familles vivent avec moins de 500 Fr par jour. De nombreuses familles notamment à Douala et Yaoundé ont perdu leur maison sans espoir de se reloger.

Ainsi donc au Cameroun aujourd’hui, de nombreuses familles sont sans domicile fixe! Mais effectivement, faute de statistiques et d’études fiables, le chercheur ne peut se fier qu’à l’observation directe. Une autre statistique fiable est la raréfaction de plus en plus présente de l’eau potable et de l’électricité dans les villes et les campagnes. Si dans les villes la distribution de l’eau incombe à une société de droit privé avec l’Etat qui détient 51 % des actions, dans les campagnes, l’exode rural de la jeunesse a obligé les vieillards abandonnés à ne plus entretenir les ruisseaux qui hier, leur donnaient de l’eau potable. 73 % des villages camerounais ne sont pas électrifiés et les populations utilisent des lampes à pétrole ou à huile. De cette petite enquête d’opinion auprès des ménages il ressort que nous devons construire notre économie, aider les entreprises à s’implanter, à entrer dans une dynamique de création des emplois. Voici l’urgence pour le Cameroun, là est la priorité!

Il nous faut créer un Cameroun de l’investissement. C’est la clé de notre avenir!

Pour cela, il nous faut d’abord créer un Cameroun de l’investissement. C’est la clé de notre avenir! Ce moteur est aujourd’hui quasiment à l’arrêt, alors même que les défis auxquels nous faisons collectivement face appellent au contraire une véritable politique industrielle camerounaise, mais aussi dans la zone CEMAC, pour préparer l’avenir.
Or, le triste constat est qu’aujourd’hui dans notre pays, l’argent public semble faire la course dans les poches et les comptes des particuliers. Les investisseurs privés manquent de confiance, alors même que notre épargne est abondante. Face à cette situation, nous devons recréer les conditions pour favoriser l’investissement dans l’économie camerounaise et sous-régionale. Cela passe avant tout par la construction d’un marché interne avec la libération des devises pour favoriser la consommation. Le premier échelon de consommation étant celui des ménages. L’achèvement de la construction du  marché commun de la sous-région avec des rapports privilégiés avec le Nigéria qui appartient à l’Afrique de l’Ouest.

Le Cameroun a l’obligation d’attirer les capitaux vers certains domaines clés comme l’énergie, les télécommunications, la recherche et l’innovation, le numérique.

L’agriculture de seconde génération n’est pas pour demain, il faut une agriculture intermédiaire et nos ingénieurs agronomes, les techniciens agricoles ont un rôle important à jouer ici. Elle est plus facile, plus réaliste, plus attractive et moins coûteuse et épouse les configurations de nos villages.

Notre pays se doit de cultiver la confiance monétaire et financière pour rendre le crédit accessible au plus grand nombre. Le COBAC doit fonctionner et s’installer définitivement à Libreville comme cela a été décidé par le Sommet des Chefs de l’Etat de la CEMAC depuis 2009 et l’inauguration des locaux depuis 2011. Nous pouvons construire ici un tissu financier viable si nous combinons avec agilité fonds publics, épargne privée, dans la rigueur et le sens du bien public.

Mettons le Cameroun au service d’un modèle économique et social, bâtissons le Cameroun de l’investissement, pour la croissance et l’emploi.

Pendant cinquante ans, le Cameroun a fait du mensonge l’action politique par excellence. Aujourd’hui, les résultats sont là : pas d’eau, pas d’électricité, pas de routes, des hôpitaux mouroirs, une main-d’œuvre qualifiée qui ne veut plus se mettre au service du pays, un tissu bancaire en déroute… Le Cameroun, qui hier dans la tête et les revendications des Pères de l’indépendance, était la solution, est devenu aux yeux de beaucoup le problème. Je n’accepte pas cette fatalité!

Remettons plutôt le Cameroun au service d’un modèle économique et social qui lui soit propre, mais qui tienne compte de la mondialisation tout en restant collé à la réalité de notre économie. Bâtissons le Cameroun de l’investissement, pour la croissance et l’emploi.

Je suis prêt à y jouer mon rôle, je tends sans cesse la main au peuple, afin d’être porté par son énergie et sa volonté de voir enfin sa misère derrière lui. Un avenir est radieux si aujourd’hui il y a un engagement vrai!

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