France : Choqué par la liberté de ton de la presse libre, Macron veut lancer un média qui fera ses éloges

Depuis sa sortie tonitruante contre les médias russes (Sputnik et Russia Today), le nouveau président français, Emmanuel macron, ne cesse plus de donner à voir  au monde un trait qu’il a en commun avec son homologue américain, Donald Trump : l’aversion contre la presse libre.

Manifestement, seuls les mécanismes légaux régissant le fonctionnement des institutions en France l’empêchent -pareil pour l’Américain Trump- empêcheraient le “président jupitérien” d’éradiquer cette prese honnie. En attendant de gouverner son pays comme en Turquie, comme dans certains pays d’Afrique, d’Amérique Latine, d’Asie, d’Europe de l’Est,  où la liberté d’expression n’est pas une valeur partagée par les dirigeants, celui qui profite encore de la popularité due à l’Etat de grâce pour donner des signaux d’un règne dictatorial comme on n’en voit dans des pays dirigés par des populistes, envisage, sous le couvert de sa formation politique, La République En Marche (REM), de mettre sur pied un, voire plusieurs médias à sa solde, qui pourront se livrer à volonté à la masturbation intellectuelle des Français et du monde.

C’est dans cette optique que le parti de la majorité présidentielle en France a rendu publique sa volonté, dans un contexte de dégradation de la relation entre l’Elysée et la presse, de créer un média et recruter des rédacteurs, afin de s’adresser directement aux Français, comme l’a révélé ce matin le média en ligne Russia Today.

Pas satisfait du travail de la presse ? La République en marche veut lancer son propre média

Selon ce média qui cite abondamment une porte-parole du parti au pouvoir en France qui s’est exprimée hier, la République en marche (LREM) veut “se constituer comme un média” en développant sa propre production de contenus pour relayer ses messages sur le terrain, y compris “là où les médias ne vont pas”«LREM, qui réunit ce 8 juillet à Paris sa première convention pour déterminer ses grands chantiers à venir, compte recruter des rédacteurs et des vidéastes pour faire connaître les initiatives et les messages de ses adhérents sur le terrain». 

«Nous voulons associer davantage la presse quotidienne régionale. Mais nous voulons aussi développer des contenus, de manière décentralisée. Si les médias n’y vont pas, on ira», a expliqué la porte-parole. «Nous voulons aussi nous adresser à des médias un peu plus sociétaux, pour casser la lecture uniquement politique des partis». «C’est à nous de monter sur des thématiques, nous avons un champ d’expression qui touche la vie des gens. Les syndicats, le gouvernement vont s’écharper, or c’est loin de la vie des gens. Nous montrerons cette dynamique de l’engagement citoyen».

Pour RT, cette nouvelle donne socio-politique en France illustre le rapport compliqué du «président jupitérien» à la presse : 

«Au sommet de l’Etat, Emmanuel Macron privilégie déjà une communication directe avec les Français, via les réseaux sociaux. Il n’a donné qu’une seule interview depuis son investiture, dans huit journaux européens simultanément, sur l’Europe, et supprimé l’habituelle interview télévisée du 14 juillet.

«Bien qu’ayant bénéficiant d’une couverture médiatique en France assez nettement favorable durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron et son mouvement ont pu heurte le monde journalistique depuis l’élection présidentielle. Mi-juin, une vingtaine de médias s’étaient mobilisés, via une tribune dans Libération, après l’appel de François Bayrou à Radio France pour se plaindre d’une enquête sur le financement du MoDem, et la plainte de la ministre du Travail contre Libération.

«Cela n’avait pas empêché le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, fin juin, de demander aux médias de ne pas trop attaquer le ministre du Travail, Muriel Pénicaud, touchée par la polémique sur le voyage  d’Emmanuel Macron à Las Vegas, lorsqu’il était ministre de l’Economie.

«De plus, lors de son allocution à Versailles, le président de la République a appelé à cesser la «chasse à l’homme» médiatique à l’encontre des membres du gouvernement…»

 
comme un dieu, le président Macron adore les éloges. Gare à la dérive despotique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut ajouter que c’est la dernière sortie de Macron à la gare d’Austerlitz, à l’occasion de l’inauguration d’une start-up qui a fini de mettre le feu aux poudres dans les relations avec la presse du successeur de François Hollande. 

Macron avait alors déclaré, dans un élan discursif empreint de bonne foi, qu’«Une gare est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien».

Comme il l’a expliqué plus tard, et à sa suite des médias chargés d’écrire des articles panégyriques  pour ses beaux yeux, il s’agissait d’une invite à la solidarité, adressée à ceux qui réussissent, et qui doivent savoir que juste à côté, il y a des gens qui ne peuvent même pas oser avant d’échouer, et qu’il faut leur tenir la main, au lieu de les laisser à la marge.

La presse avait alors rapporté ce qu’elle avait entendu : «Une gare est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien». La phrase, marquée par la conjonction logique  “et”, reliant à titre comparatifles gens qui réussissent , d’une part,  et d’autre part,les gens qui ne sont rien“, ne pouvait souffrir d’aucune autre interprétation que celle de l’expression du mépris présidentiel vis-à-vis de ceux qui ne réussissent pas. Le sous-entendu moqueur était si évident qu’à moins que les journalistes aient le magique don d’aller se faufiler dans le cerveau du président pour en saisir les ressorts de la pensée. Mais comme c’est le cas dans les dictatures -qu’elles soient naissantes ou qu’elles aient déjà la réputation établie-, les commentaires tout à fait conséquents de la presse française et internationale ont fait prendre la chèvre à ce président  passé maître dans l’art de dire toujours très mal ses bonnes pensées (cf. les «ouvrières illettrées de Gad»).

Il leur en veut depuis à mort, comme si c’était la faute de la presse, si de manière récurrente, sa phraséologie n’était pas capable de construction claire et cohérente. Il eut été pourtant simple de dire qu’«Une gare est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui cherchent en vain leur voie, malgré toute leur détermination à parvenir à la réussite ». Plus prosaïque, mois “savant”, le propos présidentiel aurait été compris par l’esprit le plus enténébré, sans besoin d’exégèse. Mais Macron aime faire compliqué, “épatant”. Avec tous les risques de mésinterprétation qui vont avec.

On dirait que les trois derniers présidents français sont  victimes de la malédiction du langage. Contrairement à Mitterrand et  Chirac qui brillaient par leur éloquence, Sarkozy avait un langage de brute parfaite, bruyant et tapageur ; Hollande l’avait embrouillé. Macron, lui, l’a irritant. Et navrant.     

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