Sommet de Sotchi, Le Drian chez Biya : Un prêtre camerounais renvoie les “prédateurs” dos à dos

Le père Ludovic Lado n’est pas impressionné outre mesure par les yeux doux que fait la Russie à l’Afrique. Il n’est pas pour autant tendre avec cette France dont le chef de la diplomatie est venu au Cameroun la semaine dernière pour arracher et remettre à l’homme d’affaires français Bolloré, le très lucratif terminal à conteneurs du Port Autonome de Douala.

Ci-après, le réquisitoire du prêtre Jésuite

“JE NE SUIS PAS COMME LES AUTRES !”

Chacun à son tour drague et abuse de l’Afrique. La semaine qui s’achève, pendant que Jean Yves Le Drian engraissait l’hydre de la Françafrique au Cameroun, la Russie faisait les yeux doux à l’Afrique au sommet de Sotchi. L’Afrique est-elle donc devenue une grande prostituée qui rappelle les alliances douteuses qu’Israël, dans la Bible, nouait avec l’Egypte, alors grand empire, pour faire face à l’Assyrie, une autre grande puissance de l’époque. Ces alliances entrainaient la corruption spirituelle que les prophètes dénonçaient à travers l’image de la prostitution. Chacune de ces puissances vient dire à l’Afrique qu’elle n’est pas comme les autres, un peu comme le publicain dans l’évangile de ce dimanche.

Des puissances rivales du Nord comme du Pharisien

En effet, dans l’évangile de ce dimanche, il est question d’un pharisien et d’un publicain qui vont au temple pour prier. La prière du pharisien consiste à dire à Dieu qu’il est plus juste que le publicain : « Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes– ils sont voleurs, injustes, adultères –,ou encore comme ce publicain » (évangile). Transposé dans les relations internationales, on peut imaginer les Chinois ou les Russes dire à l’Afrique, véritable déesse des ressources naturelles et objet de toutes les convoitises : « je ne suis pas comme la France : voleuse, injuste, adultère, etc. » Qu’est-ce que Poutine a dit ou promis aux Africains à Sotchi ? Sûrement aussi le marché des armes…pour s’entretuer. Oui, tu me donnes des ressources naturelles et je te donne les armes. Ils sont tous les mêmes !

« Le pauvre crie, le Seigneur entend »

Au lieu de la prière du publicain, celle qui convient à toutes ces grandes puissances voraces, c’est la prière du pharisien : « Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’ » (évangile). Car ils sont tous les mêmes : leur dieu c’est l’argent. Oui, aucune de ces puissances ne peut oser lever les yeux vers le Ciel. Parce que Dieu seul est juste : « Le Seigneur est un juge qui se montre impartial envers les personnes. Il ne défavorise pas le pauvre, il écoute la prière de l’opprimé. » (1ère lecture) Vivement qu’il écoute la prière des pauvres de l’Afrique sacrifiés sur l’autel des intérêts égoïstes servis par la complicité entre les grandes puissances mondiales et les gouvernants africains. Vivement que Dieu écoute la prière des pauvres du Cameroun. « Le pauvre crie, le Seigneur entend » (Psaume)

Le Drian comme un loup qui rôde ?

Pendant qu’Yves Le Drian rodait au Cameroun pour promouvoir les intérêts français, un navire militaire Français accostait aux rives du port de Kribi et le secrétaire général à la présidence du Cameroun signait une lettre pour redonner espoir à l’une des figures de proue de la Françafrique au Cameroun : Bolloré. Aussi, une certaine classe politique camerounaise se bousculait au portillon pour prendre une photo avec lui. On dirait un maître et ses esclaves ! Quelle misère spirituelle ! Pendant que nous sacrifions l’Afrique sur l’autel des intérêts de l’Occident, saint Paul affirme : « je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. » (2ème lecture). Oui passer sa vie à mener de bons combats, c’est ça prendre de la hauteur spirituelle. Se sacrifier pour une bonne cause, comme saint Paul, voilà ce qui donne un sens à une vie. Au lieu de sacrifier l’Afrique, il s’agit plutôt de se sacrifier pour l’Afrique et ensuite quitter cette terre la conscience tranquille pour recevoir de Dieu la couronne de gloire, celle-là qui ne flétrit pas.

Le combat pour une Afrique plus libre

Saint Paul nous rassure que ceux qui, comme lui, se sacrifient pour une bonne cause peuvent être abandonnés par les hommes, mais jamais par Dieu : « La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. Que cela ne soit pas retenu contre eux. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. ». Le combat pour une Afrique plus libre doit continuer jusqu’à ce que cesse la prostitution de ce beau continent. Oui, un jour, l’Afrique si abaissée sera élevée. Bon Dimanche et à Dimanche prochain.

Ludovic Lado, jésuite

Les intertitres sont de la rédaction

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