Chers Camerounais, plus que jamais… Sachez identifier vos ennemis ! (Wilfried Ekanga)

« Il n’y a que deux tribus au Cameroun, et notre situation commencera à s’améliorer quand nous aurons compris que nous sommes tous dans le même camp », assure l’analyste politique et militant du MRC, Claude Wilfried Ekanga Ekanga, qui appréhende toujours avec grande sagesse les crises sociopolitiques qui étreignent le Cameroun . Sa dernière sortie sur sa page Facebook officielle datée de ce samedi 2 novembre 2019 que Cameroonvoice vous propose ci-après, a trait au comportement de quelques Camerounais par rapport à l’adversité politique qui n’est très souvent appréhendée ici que sous le prisme ethnosociologique.  Lisons plutôt.

L’heure est très grave, et dans cette urgence, vous devez vous trouver un rôle politique. Pour cela, vous devez identifier en premier lieu vos ennemis. Qui sont ceux qui nous font du mal et à la nation tout entière ?

Je ne vous demande pas de chercher à devenir tout de suite ministre ou député. Ces postes ne servent à rien si les mentalités sont vampirisées par une élite minoritaire prête à tout pour conserver les délices d’un pouvoir violent. Non, vous devez vous trouver un vrai rôle. Un combat social qui donne un sens à votre vie.

Il n’y a que deux tribus au Cameroun, et notre situation commencera à s’améliorer quand nous aurons compris que nous sommes tous dans le même camp. C’est la tribu des riches aux frais du contribuable, la tribu des puissants usurpateurs, la tribu d’une élite malhonnête et cruelle qui pourrit ainsi notre pays à chaque rotation de la Terre.

C’est cette tribu là (et elle seule) que nous devons combattre.

Car nous, nous sommes de la tribu des gens d’en bas. La tribu populaire qui contient les Bassa, les Toupouri, les Bulu, les Duala ou les Bamileke. Tout comme le clan faussaire au pouvoir, elle est constituée de toutes les souches ethniques de la République.

Cette semaine, les USA ont mis fin à l’accord douanier (AGOA) signé en l’an 2000, et qui permettait au Cameroun d’exporter ses produits gratuitement sur le marché américain. Le problème c’est que même quand il était valable, nous n’en avons pas su profiter, vu que nous ne produisons presque rien. Mis à part le pétrolier (qui constitue 70% de nos exportations), nous sommes un pays qui importe tout, jusqu’au format A4.

Parce que les politiques de création de biens ont été sinistrées par cette funeste tribu des élites. Le pays qu’ils ont vendu à la France à travers le CFA fonctionne selon une règle qu’on appelle le « rationnement de crédit », et il est d’environ 25% seulement du PIB.

Pour faire simple, ça veut dire que même si le PIB ( qui désigne la valeur totale des richesses générées par un pays ) du Cameroun est de 100 milliards, les banques commerciales ne donnent pas de crédit à plus de 25 milliards, aux personnes qui ont un projet et qui veulent entreprendre ( Ceux qu’on appelle les opérateurs économiques ).

Parce que c’est la France qui décide, dans un accouplement incestueux avec les forces locales. Donc le crédit des banques ne sert pas à stimuler l’investissement, mais plutôt à contrôler l’inflation ( la masse monétaire comparée aux biens disponibles ), et donc à nous maintenir pauvres ad vitam. Et les victimes de cette misère se retrouvent dans toutes les couches sociales, y compris ( et peut-être même surtout ) le Sud d’où vient Paul Biya, le maître d’hôtel.

Ateba Eyene a posé la question en 2008 : « élites productrices ou prédatrices ? ». Les voilà, nos fameux paradoxes.

Alors sortez de la manipulation. Les graines de la haine qu’on fait germer dans vos cœurs en vous faisant croire (comme à des mineurs ) qu’il y a une ethnie de Gros Gentils et une de Gros Méchants, ne servent qu’à assurer à ces monstres qui sont au pouvoir, qu’ils ne perdront jamais ce pouvoir-là.

Identifiez la vraie cible. Devant la guerre idiote que vous vous livrez, eux ils rigolent dans leur canapé en mousse et tirent un coup de champagne en savourant de vous voir si hors-sujet. S’il y’en a deux ou trois parmi vous qui ont compris l’arnaque, qu’ils le fassent savoir aux autres et qu’on sorte peu à peu de cette bêtise. Car il y a urgence.

Trouvez-vous un combat. Trouvez-vous un sens à la vie. Trouvez-vous un rôle politique.

EKANGA EKANGA CLAUDE WILFRIED

À LIRE
Experts Camerounais en horticulture: Un fruit pourri maintenu 37 ans sur un arbre !

(L’avenir du Cameroun ne repose pas en première ligne sur des postes électifs, mais sur un travail de RÉÉDUCATION POLITIQUE des masses).

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