Cameroun : Réné Sadi ou le menteur à louer

Alors que la Communauté internationale appelle de tous vœux la tenue d’un vrai dialogue au Cameroun et que les Etats Unis d’Amérique ont récemment sanctionné les traitements inhumains infligés aux populations dans les régions anglophones, René Emmanuel Sadi s’est fendu d’un discours ce 18 novembre. Le Porte Parole du Gouvernement développe sans vraiment convaincre.

La suppression des avantages de l’AGOA, dont le Cameroun bénéficiait  jusque-là, a récemment été annoncée par  le patron de la Maison Blanche. Donald Trump invoquait les traitements inhumains servis aux populations civiles des régions à majorité anglophones. Les officiels américains se sont également indignés de la tenue du Grand dialogue national convoqué par Paul Biya invitant à la tenue d’un dialogue plus sérieux.  La réponse de Yaoundé est pour le moins surprenante. Si la  crise en cours dans les régions à majorité anglophones du Cameroun a fait plus de 2000 morts à ce jours, pour René Sadi, le Cameroun a fait ce que tout Etat devait faire « ce sont des missions régaliennes auxquelles aucun Gouvernement digne de ce nom ne saurait se dérober ». Réprimer violemment et impitoyablement son peuple, voilà une mission régalienne pour laquelle le Communicant de Yaoundé a dit la détermination du Gouvernement à continuer «en toute responsabilité, avec mesure et professionnalisme. » Voilà qui ferait rire.  La controverse de cette sortie malheureuse réside surtout sur la perception que Yaoundé a des dénonciations relatives à la crise.  Ce serait le fait de personnes qui font preuve d’«ignorance ou méconnaissance de la situation réelle telle qu’elle a prévalu et prévaut encore dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, soit d’une volonté délibérée d’ignorer cette réalité,  soit alors d’une version travestie des faits par des observateurs de mauvaise foi ou par quelques concitoyens qui ne font point mystère de leur dessein antipatriotique » René Sadi ne fait pas de mystère, lui,  d’entrer dans les pages sombres de l’histoire du Cameroun.  À l’observation c’est sa vérité qui devrait être la vérité, alors que Yaoundé a cédé aux pressions extérieures pour convoquer le Grand dialogue national. À bien y voir, Yaoundé veut rassurer les amis du Cameroun sur ce que son image est juste ternie alors que face à une crise aux milliers de morts, le pouvoir en place s’emploie sournoisement à se maintenir en priorisant la tenue des élections municipales et législatives. Qu’espère réellement René Emmanuel Sadi comme réponse ?  Sans doute qu’il a entièrement raison et que le monde entier a tort. Certainement qu’il y a zéro mort dans les régions du Nord-Ouest et que l’Armée n’a jamais fait de victime. A s’interroger sur la pertinence de la sortie du Ministre de la Communication, on comprend qu’elle n’a juste pas de prétexte, à défaut d’une volonté de Yaoundé de mendier la clémence de Washington. C’aurait été plausible si des mesures concrètes avaient été annoncées. A ce jour, il n’en n’est rien des résolutions du GDN critiqué, pas de perspectives également pour la proposition d’un autre dialogue plus inclusif. C’était finalement un discours pour rien, si ce n’est pas de la poudre aux yeux des naïfs.

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