Après 37 ans, c’est officiel, ce sera Mototaxi pour les jeunes du Centre et du Sud : Ont-ils décroché le Graal?

Depuis les récents évènements de violences orchestrés par les jeunes de Sangmélima et d’Ebolowa pour exprimer leur ras le bol face à l’abandon de la jeunesse du Centre et du Sud en particulier et de la jeunesse Camerounaise en général, les Camerounais scrutent l’avenir avec une question qui ne quitte plus leur esprit : « Les jeunes Boulou-Beti du Centre et du Sud vont-ils accepter l’exclusivité de la profession de Mototaximan au Cameroun ? » « That is the Question ».

Une proposition en forme de décision formelle que les élites du Sud et du Centre, représentées par le premier d’entre eux le président de la république, leur ont offerte comme un graal, une réponse sublime à leur attente depuis près de 37 ans.

Comment comprendre cette forme de dégringolade ?

Tout commence par cette idée saugrenue selon laquelle les jeunes du Centre et du Sud du Cameroun forment une armée granitique de misérables dont la seule fonction est de défendre le pouvoir du régime de Yaoundé qui les opprime. Une controverse qui avait amené le regretté Ateba Eyene à parler du “paradoxe du pays organisateur”. Le Feu Ateba Eyene n’avait aucune chance, à cette époque, d’être compris car à cette époque-là, les jeunes du Centre et du Sud se demandaient « Pays organisateur de quoi ? ». Aujourd’hui, je pari que si notre regretté et illustre compatriote Ateba Eyene nous avait expliqué qu’il s’agit du pays organisateur du désordre, de la corruption, des détournements, de la misère, de la violence et de la guerre, je pense qu’il aurait été très vite et bien compris. Et je pense que c’est ce que les jeunes d’aujourd’hui ont réalisé.

Nous pouvons aussi dire que les jeunes du Centre et du Sud s’inspirent des conseils très constructifs que la MAMAN Nkili, la Maire de Zoétélé avait donné aux jeunes quand ceux-ci l’avait tabassée copieusement sous la bénédiction express du ministre Edgard Mebe Ngo’o. Voyez-vous, mes chers frères et sœurs, la MERE Mengue etait une élue du peuple. Et cette maman se battait tous les jours, malgré les faibles moyens que leur donne l’exécutif, pour permettre aux populations de Zoétélé d’apprivoiser la misère. En Maman Africaine et éclairée, en guise de représailles, elle avait préféré conseiller à l’époque aux jeunes de Zoétélé, et je résume un peu, «  d’exiger de Mr Mebe Ngo’o et des élites du Sud du travail et un avenir, au lieu d’accepter d’être constitué en groupes de petits violents voyous aux brigandages minables, à la solde d’un  futur locataire de Nkondengui ». Et je pense qu’aujourd’hui, avec ce chef de gangs aux frais, les jeunes du Centre et du Sud n’avaient plus beaucoup d’excuses pour ne pas comprendre.

Il est une chose de comprendre et il est une autre chose d’opérer la bonne réaction. Ainsi, les jeunes du Centre et du Sud, pour marquer leur ras le bol, se retourneront contre leurs congénères au lieu de s’attaquer à leur bourreaux, par simple déformation de 37 ans de renouveau.

La réaction des élites du Centre et du Sud.

L’innovation, face à la levée des boucliers des jeunes, est venue du côté des élites du Centre et du Sud qui ont proposé aux jeunes du Centre et du Sud l’exclusivité de la profession de Mototaximan. En effet, pendant près de 37 ans, les populations du Centre et du Sud se sont vu miroiter la récupération des biens des allochtones qui seront tout simplement chassés hors de la région. Une promesse qui ne tient pas car les plus âgés d’entre eux savent que cela n’arrivera jamais au Cameroun, d’où la brillantissime idée de faire du Mototaximan une profession exclusive pour les jeunes du Centre et du Sud. En fait, les élites du régime se sont rendu compte qu’en 37 ans, le seul métier que les Camerounais ont adopté en majorité  pour tromper l’ennui et la misère, n’est pas prisé par les jeunes du Sud. Alors, pourquoi ne pas en faire une exclusivité pour les jeunes du pays organisateur?

Les jeunes du Centre et du Sud vont-ils accepter d’être les mototaximen du Cameroun?.

Si les jeunes du Centre et du Sud acceptent cette offre du régime, alors cela voudrait dire qu’ils ont accepté d’être doublement marginalisés. Il faut se souvenir que l’un des fers marqueurs de la marginalisation des Anglophones et qui est à l’origine de la crise Anglophone est la fameuse expression “mon petit Bamenda”. C’était devenu un classique au Cameroun, de voir un individu pouvant arborer une chemise repassée, prétendre qu’il a “son petit bamenda” pour faire toute sorte de petits travaux.

Donc, si les jeunes du Sud acceptent cette offre, d’ici quelques mois, tout Camerounais pourra se vanter d’avoir “son petit Boulou-beti” pour faire référence à son mototaximan du coin qui l’aide à transporter son régime de plantain ou sa bouteille de gaz. Alors, ce sera la dégringolade car ce peuple, souvent présenté comme le plus éduqué, le plus intelligent du Cameroun et aux valeurs multiples historiques, va désormais se consacrer au transport en moto des Camerounais, dans les marécages boueux des rues du Cameroun. Quelle tristesse!

Mais, n’allons pas très vite, nous sommes encore loin de cette catastrophe. N’est-il pas  coutume de dire qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ? Premièrement, le métier de Mototaximan est un métier difficile. Deuxièmement, les jeunes du SUD et du CENTRE n’ont pas encore donné une réponse formelle et favorable à cette descente dans le « Poto-Poto ». Une réponse que nous aurons définitivement dans les prochains mois si les électionslégislatives et municipales ont lieu au Cameroun. Une élection qui sera donc cruciale pour les jeunes du Sud et du Centre car ce ne sera pas seulement un choix entre plusieurs sortes de gouvernance mais ce sera également le choix d’embrasser ou pas la fonction exclusive de Mototaximan, tout en acceptant une double marginalisation du «petit boulou-Beti » comme jadis du « petit Bamenda » . « Wait and See ».

Douala Ngando

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