Moussa Faki va-t-il faire mieux au Cameroun que Jean Ping en Libye?

« L’UA, la Francophonie et le Commonwealth appellent Paul Biya à la sagesse ». Telle est la Une de tout media (presse, radio, télévision et réseaux sociaux) au Cameroun et en Afrique en ce mois de Novembre 2019. L’histoire retiendra que Moussa Faki Mahamat, Louise Mushikiwabo et Patricia Scotland, tout en usant des traditionnels codes diplomatiques, ont demandé clairement au président Paul Biya d’emprunter la voie de la sagesse. Une traduction simplifié de ce langage diplomatique donne ceci : « Monsieur le président par usurpation, nous sommes venu vous dire, si vous pouvez encore entendre et comprendre, que vous êtes en train de commettre des crimes aussi inacceptables et insoutenables que même votre tête seule ne pourra compenser. Le seul choix que vous avez maintenant c’est d’arrêter les frais de façon nette ou périr atrocement” C’est ce qu’ils appellent la sagesse. Je crois que c’est plus clair pour tout le monde maintenant.

Tous les Africains, les Camerounais avec, qui, en 2010-2011, ont suivi toutes les gesticulations de la diplomatie de pacotille de l’Union Africaine, à travers l’Union Africaine, menée par Jean Ping lors de la crise de la Libye de Kadhafi, peuvent témoigner et affirmer que le Cameroun de Paul Biya est dans une situation similaire que celle de la Lybie de Kadhafi avant l’intervention de la communauté internationale. Je dirai même que la situation du Cameroun est pire que celle de la Libye. Ce qui fait dire au secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires africaines, Nagy Tibor,  «Les États-Unis ont été TROP PATIENTS avec le Camerounais Paul Biya ». Et il appelle à une intervention militaire dans son pays. « Nous ne pouvons pas nous rallier à une dictature brutale à changer ».

Les deux situations sont similaires parce que :

  • Le guide Libyen, comme Paul Biya était un dictateur, qui dirigeait son pays sans partage, sans une constitution consensuelle, pendant près de 4 décennies.
  • Ces deux chefs d’état considèrent leur pays comme leur royaume avec une propension à désigner leur membres de famille comme leurs collaborateurs et successeurs.
  • Ces deux experts de l’abus de pouvoir ne tolèrent aucune expression de la liberté ou une quelconque critique et ils menacent avec une violence non voilée toute tentative de revendication qu’ils se garantissent de sanctionner par un embastillement ou un assassinat. 
  • Et dans les deux cas, la fameuse communauté Internationale n’est pas d’accord avec cette situation et menace d’une intervention s’il n’y a pas des modifications profondes du système.

La situation au Cameroun en 2019 est plus grave que celle de la Libye en 2011:

  • Le leader Libyen était ce qu’on peut appeler un dictateur éclairé, qui avait fait de son pays un havre de paix et de prospérité, au contraire de Paul Biya, le dirigeant perdu, sans vision.
  • Le guide libyen aimait son peuple et l’Afrique. Ce panafricain convaincu était jaloux de la souveraineté de son peuple. Tout le contraire de Paul Biya qui n’aime pas son peuple, qui n’a rien fait pour son pays et qui s’efforce encore de rappeler au monde entier, pour plaire à son maitre, qu’il est le serviteur de la France. Vraiment, les images de ce vieil homme chancelant, trébuchant et rampant, entrain de rire aux éclats parce qu’il est venu rendre compte à son maître, sont un désastre pour le Cameroun de Um.
  • Le guide Libyen était aimé par son peuple et même par les Africains, en témoignage de la prospérité et la paix dans cette contré du désert et de son investissement en Afrique. alors que Paul Biya est vraiment vomit par son peuple qu’il a martyrisé et réduit à l’impuissance. La CEMAC le considère comme une malédiction et pour l’UA, dont la plupart des membres ne le connaissent que de photo, cet homme est un fantôme qui ne se déplace que pour se rendre à Genève ou à Paris.
  • Et enfin et c’est le plus important, Kadhafi a été menacé de représailles s’il s’attaquait aux habitants de Benghazi. Or il a été déposé et assassiné alors qu’il n’avait pas attaqué Benghazi. Ici au Cameroun, Paul Biya avait été menacé de représailles s’il s’attaquait aux Anglophones. Or depuis, non seulement Paul Biya s’est attaqué aux Anglophones de façon féroce mais il les massacre. Un massacre qui a dépassé les limites d’un génocide. Et c’est encore plus grave, Paul Biya est fermé à tous les appels qui affluent de partout pour l’inciter à arrêter ce génocide. Encore plus grave, ce bougre de marionnette de la France s’est mis en tête d’étendre le génocide au-delà du NOSO. Cet homme est une bénédiction pour la France. Et avec tout ça, en dehors du veto de Maurice Kamto et de l’embargo de la BAS et de la diaspora, cet homme n’a toujours pas rejoint Kadhafi.

Monsieur Moussa Faki va-t-il faire mieux au Cameroun que Jean Ping en Libye ?

La réponse à cette question est fatalement négative compte tenu des acteurs en présence et de la gravité de la situation que nous avons décrite ci-dessus. En fait il est très difficile aux diplomates internationaux de parler à des régimes totalitaristes, mal conseillés, imbibés d’une arrogance surréaliste et entourés par des spécialistes en bluffs. Mr Moussa Faki a quand même pris la mesure de la situation en s’entourant de deux précautions importantes qui pourront peut-être faire la différence:

  • Mr Faki s’est fait accompagner à Yaoundé par la Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo et du Commonwealth, Patricia Scotland, pour éviter que ces arrogants de Yaoundé ne le traitent de « petit rebelle Tchadiens » qui viendrait leurs faire la leçon. C’est une précaution qui peut avoir un impact.
  • Mr Faki a rencontré, avec sa délégation, les membres de l’opposition, une façon de permettre au régime de Yaoundé de diluer la perception de la visite de dernière chance qui leur est offerte.

Malgré toutes ces précautions, et face à l’inconscience et l’arrogance du régime, on ne peut que souhaiter bonne chance à Mr Moussa Faki. 

ATTENTION ! La vie d’une nation ne se joue pas au tiercé. Donc, à l´attention de TOUS LES CAMEROUNAIS, pendant que nous observons l´histoire se répéter devant nous, il faut que nous nous rendions bien compte de l’urgence de notre action à sauver notre pays. Et pour cela, il faut garder à l’esprit les conclusions de Monsieur Jean Ping en 2014, trois ans après la chute du guide libyen: « A partir du moment où nous n’avons pas pu convaincre le guide Kadhafi, les pays occidentaux n’ont plus laissé l’union africaine “entrer” dans cette histoire libyenne qui a déjà fait plus de 50 000 morts».

Je pense que tout est dit et que nous avons fait le tour de la question, à savoir en cas d’intervention étrangère, Paul Biya sera certes déposé mais le Cameroun va perdre grandement. Il faut donc que les Camerounais mettent Paul Biya a la retraite eux-mêmes.

Maintenant, pour alimenter la discussion et faire avancer le débat, voici quelques extraits, mis en parallèle :

  1. A propos des recommandations des médiateurs l’UA avant le drame:

Jean Ping en 2011: « L’Union africaine (UA) a été la seule organisation au monde à refuser l’intervention militaire étrangère en Libye et avait proposé une sortie de crise pacifique. Nous avons proposé un plan en cinq points, comprenant un cessez-le-feu immédiat ; la mise en place d’une transition politique consensuelle, c’est-à-dire excluant le maintien au pouvoir de Muammar Kadhafi, ce que la Libye avait accepté. La transition avait pour objet de préparer une Constitution, car la Libye n’en avait pas, et des institutions démocratiques en vue d’aller aux élections ».

Moussa Faki en 2019: « Le président de la Commission de l’Union Africaine, les secrétaires généraux de l’OIF et du Commonwealth recommandent, entre autres, l’accélération de la décentralisation, le statut spécial pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et l’examen des systèmes éducatif et juridique, y compris les mesures prises par le Président Biya pour désamorcer les tensions politiques. Convaincus que le dialogue reste la voie privilégiée à encourager dans le contexte camerounais actuel, ils ont encouragé toutes les parties prenantes à poursuivre sur la voie de la sagesse et de la responsabilité, en particulier en ce qui concerne le gouvernement dans la mise en œuvre des conclusions du Grand Dialogue National », 

  1. A propos de l’attitude des dictateurs damnés.

Jean Ping en 2011. « Le problème avec Kadhafi, c’est qu’il croyait qu’il pouvait faire ce qu’il voulait quand il voulait. Et, bien évidemment, il m’était impossible de le suivre puisque j’étais comptable de mes actions devant les 54 chefs d’État de l’Union africaine ».

Mbayu Felix 2019. Le problème avec Paul Biya, c’est qu’il croit qu’il peut faire ce qu’il veut, quand il veut. « il fallait que les EU accordent plus de temps au changement de Paul Biya, ajoutant que les mécanismes du gouvernement fonctionnaient lentement mais sûrement. Notre président n’a pas été en bonne santé. C’est pourquoi les décisions de supplier les anglophones ont été difficiles à appliquer. Donnez-nous quelques temps ». 

  1. A propos du sentiment de ceux qui tiennent les « vrais canons ».

 Ilari Clinton à Washington en 2011. « Même si Kadhafi a accepté votre plan, il ne le mettra pas en application. NE GASPILLEZ PAS votre temps». Alors que l’UA était déjà à la recherche d’un lieu où Kadhafi pourrait partir en exil.


Tibor Nagy à Washington en 2019. «Les États-Unis ont été trop patients avec le Camerounais Paul Biya. Il appelle à une intervention militaire dans son pays. Nous ne pouvons pas nous rallier à une dictature brutale à changer. NE GASPILLEZ PAS l’argent des contribuables pour implorer les États-Unis d’assouplir les sanctions de l’AGOA ». Alors que Felix Mbayu était monté à Washington avec une partie du budget du Cameroun pour aller faire la seule chose dont ils sont capables : corrompre les Américains.

Voilà, méditons sans trop rires sur ces extraits afin de barrer la voie au sort que le régime de Yaoundé veut nous réserver. Apres l’urgence de la pensée, l’urgence de l’action, il y a urgence de l’anticipation.

Douala Ngando

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