France-Côte d’Iv. : C’est Macron qui m’a demandé de faire arrêter Soro, ou la dernière trahison de Ouattara

L’Hexagone n’en serait pas à son premier coup en 2019 contre la démocratie en Afrique. Après son flop mi-janvier contre l’élection de Félix Tshisekedi en R.D.Congo,   et le coup de l’arrestation au Cameroun de Maurice Kamto, de ses alliés et camarades pour “hostilité à la patrie” et autres, c’est au tour de la Côte d’Ivoire de refaire l’expérience des coups fourrés de la France en faveur de Alassane Ouattara.

Ainsi, après le dégommage brutal de Gbagbo commencé en 2001par le duo Chirac-De Villepin et achevé en 2011 par le duo Sarkozy-Alliot-Marie, revoici la France en action, cette fois-ci, pour empêcher un Ivoirien de…  constituer ne serait-ce qu’une petite menace au pouvoir en voie de perpétuation de Ouattara, suppôt préféré de la Françafrique en Côte d’Ivoire, depuis le temps où il fut imposé à Houphouët-Boigny.

Eloigner Soro pour laisser le champ libre à Ouattara,

L’énigme a hanté les esprits des jours durant : comment le régime Ouattara avait pu réussir le tour de passe d’émettre un mandat d’arrêt d’un opposant, et en même temps, empêcher l’atterrissage en Côte d’Ivoire d’un avion à bord duquel se trouvait  le recherché dont l’arrestation devait faire l’objet de la priorité des priorités ? Et surtout, comment ils ont pu pousser aussi loin la sordide perfidie au moment où le chef de la France Libre, nation soi-disant démocratique dans le concert des nations, séjournait sur le sol ivoirien. La réponse est là, stupéfiante! c’est Emmanuel Macron qui a instruit l’administrateur colonial d’Abidjan-Yamoussokro de mettre sous les verrous l’empêcheur de fossoyer en rond la république illusoire de Côte d’Ivoire. 

La Côte d’Ivoire étant en  Afrique Occidentale pour la France ce qu’est également le Cameroun en Afrique centrale pour la même France, c’est-à-dire la prunelle de ses yeux, il se peut que la France ait voulu rééditer en Eburnée son affreuse stratégie de “pacification” de climat politique qui a marché au Cameroun en 2019.

Neutraliser l’opposant et ses partisans en brandissant la menace de l’emprisonnement

En effet, comme à l’époque où elle pacifiait les régions Bamiléké et Bassa en bombardant les populations au napalm parce que ces régions servaient de “repaires” aux… nationalistes,  la France avait remis ça au lendemain de la présidentielle plus ou moins controversée d’octobre 2018 au Cameroun. Selon des sources manifestement très introduites, c’est  la France –prise ici en les personnes de son chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian, et de son chef d’Etat, Emmanuel Macron, qui avaient instruit au meilleur élève de la France, Paul Biya –pour ne pas le nommer- de mettre son adversaire Maurice Kamto, ses lieutenants et les “petits excités” de militants et sympathisants derrière les barreaux.

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L’objectif visé par le duo Le Drian-Macron était ainsi de pousser Yaoundé à semer la peur chez les Camerounais francophones qui développaient déjà une très forte empathie pour le tireur de penalty, pour, in fine, faire régner la paix des cimetières dans l’autre partie du pays qui ne devait pas elle aussi emboiter le pas à la partie anglophone. La manœuvre fut un incontestable succès, étant entendu qu’au Cameroun francophone, on ne demande généralement pas plus qu’un soupçon de répression pour rentrer sagement dans ses petits souliers, contrairement à ces têtes brûlées de Camerounais anglophones,  dont la résistance est plus souvent proportionnelle aux moyens déployés pour la réduire ou les écraser.

La répression au Cameroun, un cas qui fait tâche d’huile

Bien sûr que ça a marché, car les Camerounais ont beau  maugréer, développer des théories savantissimes pour expliquer pourquoi les élections législatives et municipales du 9 février 2020 seront de non-élections, ils s’apprêtent quand même à subir stoïquement ces non-élections quoique conscients du fait que les “élus” qui en sortiront décideront en leurs noms, et surtout contre leurs intérêts.   Et pour cause, chat échaudé craignant même l’eau froide, l’écho des tortures d’une atrocité paradigmatique infligées à Mamadou Mota, Serge Nana Branco…, le message subliminal émis par les forces de répression à travers le fait de menotter Maurice Kamto, Penda Ekoka, Albert Dzongang…, et de les  obliger à se soulager sur eux-mêmes dans une fourgonnette  est encore frais dans les mémoires des Camerounais pour qu’ils osent encore quelle que résistance que ce soit, fussent-ils convaincus que le salut des opprimés passe par la résistance qu’ils peuvent opposer aux forces obscurantistes de la tyrannie.

Voilà donc que la solution radicale à la crise postélectorale camerounaise préconisée par la France ayant marché comme sur des roulettes, il ne restait plus qu’à la reproduire en Côte d’Ivoire.

Cela pourrait donner du crédit à une opinion largement répandue en France, que les Africains trouvaient excessive, au début, mais à laquelle ils commencent à souscrire, l’actuel président français Emmanuel Macron, pourrait être un personnage décidément très violent, faisant craindre des dérives à la Adolf Hitler. Il n’y a qu’à voir sa gestion sanglante de la crise des gilets jaunes, qui a permis à des chefs d’Etats africains ou à leurs communicants zélés de citer la France en exemple à chaque fois qu’ils étaient indexés pour le traitement cruel, inhumain et dégradant de ceux de leurs… sujets qui ont l’outrecuidance de se prendre pour des citoyens.   

Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Seulement, il semble qu’avec Ouattara, rien ne marche jamais comme prévu.

En 2011, son ami Sarkozy lui avait conseillé de séquestrer  Laurent Gbagbo dans une caserne quelque part à Korogho, pour que cette victime de la Françafrique soit mortifiée au seul contact des Nordistes dont certains avaient reçu mission de trouver le moyen d’invectiver l’ancien président, et de faire planer sur lui le spectre d’une « vengeance » pouvant lui coûter la vie ou la coûter à ses proches. Tout ceci devait au finish, rendre Gbagbo un peu lunatique… Mais Ouattara préféra s’en débarrasser en envoyant le colis encombrant à la Haye où huit ans plus tard, des centaines de témoins à charge à l’appui, la procureure de la Cour Pénale Internationale n’a pu démontrer qu’une seule chose : l’ancien président socialiste n’était coupable d’aucun crime, ni de guerre, ni contre l’humanité. Ceux qui sont dans les secrets de l’Ancien DG adjoint du FMI et de l’ancien maire de Neuilly jurent que Sarko n’a jamais pardonné à ADO cette lâcheté qu’il lui aurait fait payer si son bail à l’Elysée avait été reconduit.

Le jeune dictateur français Emmanuel Macron 1er subit-il lui aussi le syndrome de la trahison ouattarienne ?  Probable ! Sinon on comprend difficilement qu’au lieu d’attendre tranquillement que Soro mette les pieds à Abidjan pour l’arrêter, il ait lancé un mandat d’arrêt contre lui pour lui dire de faire gaffe, puis, voyant que son ancien protégé n’avait pas bien saisi la nuance du message, ait décidé d’interdire l’atterrissage à Abidjan de l’avion transportant Soro, pour lui permettre  de saisir toute la gravité de la situation. Message cette fois-ci reçu 5 sur 5 : le leader de Génération et Peuple Solidaire s’est posé à Accra, avant de prendre la route de l’Espagne, après qu’on lui eut signifié qu’il était décidément persona non grata au pays de  Kwame Krumah où, semble-t-il pourtant, les opposants de Ouattara ont l’habitude d’être bien accueillis dans un premier temps, avant de finir dans les mains de leur bourreau bien installé à Abidjan.

Mais Macron l’aura peut-être mérité, cette trahison de l’ami Ouattara. Il n’avait qu’à ne pas vouloir assumer la paternité de la monnaie ECO lors de sa visite en Côte d’Ivoire, alors que Ouattara avait déjà fourbi le gros mensonge selon lequel cette monnaie participait d’une décision souveraine des chefs d’Etats de l’UEMOA.

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Mais ce pourrait être la dernière trahison au compteur du potentat ivoirien, car instruit de la gestion de l’affaire Gbagbo par ADO et du sentiment que cela provoqua chez Sarko, Macron pourrait lui-même chercher à accélérer la mise en retraite de son administrateur des colonies.

Comme quoi, à quelque chose, malheur est bon !

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