Le Cameroun Sombre dans l’Horreur: La Terreur de Fotokol est un Simple Accident

Les festivités de fin d’année n’ont quasiment pas eu lieu au Cameroun. L´ambiance, de façon unanime a été morose car les Camerounais, rattrapés dans leur naufrage par une gangrène pleine de pauvreté et de misère qui les a éloignés, au sens propre comme au sens figuré, des folles débauches de Etoudi. Par respect pour le vivre ensemble, les Camerounais n’ont pas mis leurs nez dehors. Certaines indiscrétions indiquent que le régime s´en est inquiété car ils estiment que les Camerounais, en boycottant les fêtes de fin d’année, pourront remettre ça aux élections au Cameroun francophone. 

Toutes ces spéculations et craintes vont s’estomper de façon nette et radicale ce jour du 6 Janvier 2020 car le régime, spécialisé dans le la diversion, va saisir le drame de l’explosion d’une grenade à Fotokol pour faire souffler sur le Cameroun un vent de réjouissance nationale qui a frôlé un délire généralisé dans le monde médiatique. En effet, dans le communiqué rendu public par Cyrille Serge Atonfack Guemo, Chef de la Division Communication au ministère de la Défense, l’horrible scène qui s’est déroulée ce Lundi 6 Janvier à Fotokol, n’était pas un acte terroriste. Un grand soulagement dont les médias ont été chargés de répandre, telle une traînée de poudre, sur l’ensemble du territoire. On a ainsi vu des journalistes, des leaders d’opinion, je voulais dire des anesthésistes, rivaliser de contorsion pour expliquer qu’une explosion qui a terrorisé deux villes jumelles de deux pays voisins n’était pas un acte terroriste. Tous les plateaux, radio et télévision, ne parlaient que de cette bonne nouvelle pour l’année 2020. Aucun avis contraire n’était tolérable sur les plateaux de télévision. Il fallait chanter cette gloire à l’unisson, au point où certains zélés ont poussé le bouchon très loin en déclarant « les habitants de Fotokol/Gambaru  ont (eux au moins) eu un feu d’artifice qui a illuminé le ciel pour l’année 2020 ». Allez donc comprendre !

Oui! Il faut comprendre les faits

Les faits révèlent que ce lundi 06 janvier 2020, il est environ 14h30 lorsqu’une grenade explose sur le marché périodique de Ngala, côté nigérian du pont sur la rivière El Beid, entre Gambaru (Nigeria) et Fotokol (Cameroun), semant morts et désolation parmi les personnes présentes à leurs côtés : 15 morts, une centaine de blessés et une ébullition dans toutes les structures sanitaires de part et d’autre de la frontière, en l’occurrence les centres médicaux de Fotokol au Cameroun et de Gambaru au Nigeria. C’était effroyable même pour les plus aguerris des Camerounais de Fotokol.

Le terrorisme se définit comme l’ensemble des actes de violence qu’une organisation politique exécute dans le but de semer la terreur dans la société existante et la désorganiser pour créer un climat d’insécurité. Clairement, les Camerounais ont été terrorisés par ces horreurs de Fotokol sauf les membres du gouvernement qui ont plutôt trouvé là une occasion, au-delà de la diversion classique, d’institutionnaliser le terrorisme au Cameroun. En soulignant que le terrorisme se définit aussi comme l’emploi systématique par un pouvoir ou par un gouvernement de mesures d’exception et ou de violence pour atteindre un but politique. Le régime de Yaoundé a délibérément choisit la politique de la terreur pour résister à la puissante grogne ou révolution rampante que les Camerounais impriment au Cameroun depuis près d’une demi-dizaines d’années.

Sachant que les régions du Nord sont abandonnées depuis fort longtemps par le gouvernement Camerounais, les journalistes Camerounais auront du mal à expliquer aux Camerounais que : 

  • Un ferrailleur, qui commercialise des grenades et qui ne les reconnaît pas, ne peut être qu’un terroriste.
  • Des enfants de 6 ans, supposés être à l’école, qui ont décidé de devenir des entrepreneurs dans le commerce des armes, n’ont pas entraîné un acte de terrorisme.
  • Les enfants ne sont pas en plein acte de terroristes quand ces petits anges peuvent avoir des grenades comme jouets ou cadeaux de noël.
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Face à ces contradictions et ces difficultés, un grand « journaliste » a cru se rattraper en précisant : « Les recherches et entretiens menés avec les survivants de la scène ont permis d’établir avec certitude qu’il s’agit bien d’un acte terroriste MAIS qu’il ne s’agit point d’un attentat kamikaze… ».

Ainsi va le Cameroun qui sombre de plus en plus dans le chaos de l’horreur. Les journalistes insistent sur le fait que ce n’était pas un acte terroriste car la terreur est devenue la norme dans notre pays. Ainsi quand on scanne les journaux Camerounais, à côté des faits divers classiques relatant par exemple la chute d’un oiseau aux ailes ensanglantés, on peut aussi lire : Réglementation de la Circulation des armes et autres munitions dans les zones à risque ; un enseignant derrière les barreaux pour viol en série de ses élèves ; Une petite fille de 10 ans violée et assassinée contre une somme de 800.000 FCFA dans la région de l’Est ; 100 boutiques ont été incendié dans le quartier PARTOUT, les bureaux de Elecam ont été brûlés, etc… Pour couronner le tout le régime en a fait une des grande opportunité du RDPC et se propose selon le SDF et le cardinal Tumi de rendre la terreur démocratique dans le NO-SO.

Cette diversion superficielle a permis au régime de focaliser les Camerounais sur les vrais sujets qui comptent :

  • Le concours de beauté des ministres du Cameroun, remporté par un certain Momo, serait en train de faire des émules sur les réseaux sociaux. Comment ce titre a pu échapper à un autochtone ? 
  • Jacques Fame Ndongo a réussi à diviser en deux groupes les grévistes du recrutement des Docteurs au Cameroun. Maintenant nous avons les modérés, qui dormiront dorénavant sur les rives droite de la route et les simples grévistes qui vont continuer à dormir sur les lieux habituels. Bref, les deux groupes restent dans la rue car  « la démocratie n’est pas dans les rue ».

Finalement, après cette petite  diversion, pour revenir à ces horreurs de Fotokol, cette situation indique que les Camerounais naviguent entre un état basé sur un modèle terroriste et une nation où la morale a tout simplement disparu. Sinon comment comprendre que la seule matière première raisonnable que puisse utiliser un industriel de la métallurgie (on parle ici du ferrailleur) soit des grenades. Comment comprendre que les grenades soient au cœur du négoce des jeunes entrepreneurs précoces (on parle ici de nos enfants) dans le domaine du commerce. Et tout cela dans un pays qui ne sait pas fabriquer un cure-dent.

Non ! Ce n’est pas compréhensible. D’ailleurs, face à cette incompréhension, animée par les redoutables anesthésistes au service du régime, un des fils du Cameroun, Wilfried Ekanga, va déclarer : « Le Cameroun est un asile psychiatrique géant ».

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