De Me Souop comme de P. Njawé : Après la “mort” par anesthésie de l’avocat, questionnements et peur au Cameroun (Cameroonvoice)

La mort très suspecte de celui qui a dirigé au Cameroun la phase judiciaire de la résistance nationale contre le hold-up électoral avec son camarade et confrère Me Emmanuel Simh, alors que le MRC semblait progressivement mais surement décapité, rappelle à la nuance près du lieu de sa survenue celle de notre regretté confrère Pius Njawé, Directeur de Publication du quotidien “Le Messager”.

Il n’est pas étonnant en effet que le décès des suites d’un accident de la circulation de Me Sylvain Souop rappelle dans le souvenir des Camerounais, celui du journaliste Pius Njawe, survenu le 12 juillet 2010, à la suite d’un accident de la route en Virginie aux Etats-Unis.

On se rappelle encore comme si cela datait d’hier, que Pius Njawe qui était alors l’une des voix les plus influentes de la société civile camerounaise venait de participer, quelques heures plus tôt, à la Convention nationale de la Diaspora Camerounaise pour le Changement 2010 (en anglais  Cameroon Diaspora for Change 2010 -CAMDIAC 2010-). A l’époque, on était rendu à un peu plus d’une année de l’élection présidentielle de 2011, et la convention à laquelle Njawé avait participé jusqu’à la veille de son décès visait justement à « s’interroger sur la nature de l’apport de la diaspora camerounaise pour favoriser une alternance démocratique véritable et sans violence en 2011 ».

À l’époque, le Chairman de CAMDIAC 2010, un certain Célestin Bedzigui –qui s’est investi financièrement en 2018 pour la réélection du président Biya dont il œuvrait alors pour le remplacement à la tête de l’Etat-, avait indiqué avec force détails que le moteur de la voiture à bord de laquelle se trouvait Pius Njawé se serait arrêté, et que de ce fait, la voiture de l’emblématique fondateur du journal “Le Messager” s’était retrouvée immobilisée en pleine autoroute, et en pleine circulation, se faisant accrocher par le camion qui le suivait et qui l’avait « trainé sur une centaine de mètres et plus. ».

Une autre version, rendue publique cette fois-ci dans un communiqué, faisait état de ce que un communiqué que l’accident était survenu pendant que « la voiture de marque Lexus (qui transportait Njawé, ndlr)   était immobilisée pour qu’on y change une roue défectueuse ».

Mais quelques temps plus tard, revenu du coma dans lequel il était plongé depuis l’accident, le chauffeur de cette voiture allait révéler que « la voiture avait été violemment percutée par l’arrière alors qu’elle roulait sur l’autoroute ».

De quoi semer la confusion dans les esprits -même si la version du chauffeur ne prouvait vraiment rien-, au moment où beaucoup tentaient d’établir un lien entre « la mort par accident de Njawé » et les affaires plus ou moins  d’État dans lesquelles le “journaliste-opposant” s’était impliqué pour qu’éclate la vérité (affaire  Thierry ATANGANA et Titus EDZOA, affaire Bibi NGOTA,  procès Groupe BOLLORE contre RFO-France inter…).

À LIRE
Décès de Pius Njawe : Questionnements

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, peut-on espérer, fort de ce qui précède, qu’un jour soit donnée une version moins anesthésiante et plus vraisemblable  du décès (survenu 6 jours après son accident) de celui qui avait conduit avec brio le Conseil juridique du candidat à la présidentielle Maurice Kamto devant le Conseil Constitutionnel en octobre 2018, qui avait remis ça  après les arrestations des dirigeants et militants du parti, et qui, suivant l’orientation du président du directoire National du MRC, n’entendait pas s’arrêter en si bon chemin, tant que certains militants et sympathisants du parti restaient emprisonnés ou simplement arrêtés ?

Sur un autre plan, la mort de Njawé en 2010 ayant semé la psychose au sein d’une opposition où tout le monde avait en effet pris conscience de ce que la mort plus ou moins téléguidée pouvait frapper n’importe quelle figure de l’opposition sur n’importe quel point du globe terrestre, celle de Me Sylvain Souop va-t-elle finir de convaincre les Camerounais qui ne chantent pas la chanson du régime que n’importe lequel d’entre eux peut y passer des suites d’une “erreur médicale” post-accident de la circulation ?

Autant de questions qui accompagnent la peur des Camerounais de voir leur démocratie encore bourgeonnante mais déjà si mal en point, être davantage mutilée par des pratiques innommables.

But let us wait and see ! 

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