Affaire “certains petits partis politiques”: Biya reçoit la volée de bois vert version Bibou Nissack

Le Conseiller en communication politique qui ne cesse de  suggérer au président camerounais de nimber sa phraséologie des trivialités de nature à mettre le feu aux poudres, à provoquer ses compatriotes, à les narguer ou à leur démontrer le dédain qu’il a pour eux, doit avoir été, toute sa formation durant, le pire cancre de sa génération, et dans sa carrière, le plus piètre des pitres.

Est-ce une raison pour faire d’un vénérable présidentiel vieillard, un saltimbanque qui ne peut plus ouvrir la bouche sans se faire siffler ? Oh, que non !

Mais voilà, entre ce que l’on désire et la réalité qui s’impose aux Camerounais, le fossé est là, immense. Et le doux  président Biya qui donnait l’impression d’un homme politique aux mœurs civiles et civilisées – c’était  à l’époque du parti unique, et il ne faisait alors face à aucune adversité, pas plus qu’il ne courait de risque que quelqu’un vienne lui disputer le “trône” de la République qu’il croyait  lui être échu de droit divin -, s’est, dès le frémissement de la moindre contrariété qu’impliqua le multipartisme à lui imposé par le fameux vent d’Est récupéré adroitement par François Mitterrand au Sommet de la Baule pour pousser à un peu d’ouverture les anciennes colonies françaises d’Afrique et exploité avec une historique maestria par l’inoubliable Me Yondo Black Mandengue et ses 9 compagnons,  taillé une réputation d’incendiaire irresponsable, incapable depuis des lustres de dire le moindre mot qui mette d’accord au moins la moitié de ses compatriotes.

On a ainsi connu Paul Biya qui traite de “pyromanes”, “casseurs” et “vandales” des Camerounais en colère qui investissent la rue pour crier leur ras-le bol, on a vu le même défier toute une capitale économique de son pays, parce que protégé par des éléments surarmés des unités spéciales des forces de défense et de sécurité, et parce que galvanisé par une foultitude d’applaudisseurs importés de Yaoundé, Obala, Ebolowa, Sangmelima, Bertoua… pour aller faire foule à Douala en lieu et place des populations riveraines qui avaient préféré boycotter le dictateur : « Me voici à Douala, me voici donc à Douala… » Il eut beau édulcorer ce propos provocateur en ajoutant   « … porteur d’un message de paix et de réconciliation », tout le monde avait compris à travers le non dit qu’entretenait la brève pause entre les deux premières phrases : « Me voici à Douala où vous avez dit que je ne pourrais pas mettre les pieds, venez donc si vous avez les couilles pour affronter mes “njounjous kalaba” armés jusqu’aux dents ; Me voici donc à Douala avec mes applaudisseurs importés de mon village… électoral pour vous suppléer, venez alors faire les marioles si on ne vous écrase pas chez vous-mêmes ».

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Aujourd’hui, on a un Paul Biya qui ignore tout de la leçon de politesse que lui dispense sans frais son cadet Maurice Kamto. Oui, Maurice Kamto, politicien atypique dont l’excessive  bonhomie a fini par écœurer  ceux de son propre camp, qui l’estiment trop timoré pour faire l’affaire des Camerounais fatigués de caresser ses bourreaux dans le sens du poil et de voir ces derniers gagner en embonpoint, ce que de façon inversement proportionnelle, la majorité des Camerounais en perd.

Après les “apprentis sorciers” de 2008, les “petits partis politiques” de 2020 ?

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur en 2008, les Camerounais, réduits au silence par la sortie de leurs retranchements des colosses du BIR –musclés on dirait Cyborg-  avaient pardonné le fait  que des leaders politiques s’opposant à la modification intéressée de la constitution dans le but d’instaurer la présidence à vie soient traités d’”apprentis-sorciers”. Mais la rigolade de dimanche qui a consisté à qualifier de « petits partis politiques » un quatuor de partis politiques dont le mot d’ordre de boycott a plus pesé sur le double scrutin de ce jour-là que les appels bruyants à la participation, a semblé si ridicule que les Camerounais ne décolèrent pas depuis de voir leur président descendre ainsi dans les bas-fonds de la petite insouciance, alors que le pays brule. Et cela d’autant plus que les appels à participation lancés par des dizaines de partis -dont le « grand » parti-Etat administratif au pouvoir et ses satellites , qui avaient eu le temps de se mobiliser au moins deux semaines durant, milliards de francs CFA étatiques à l’appui, autorisation explicite et implicite accordée de tout dire et faire pour pousser les Camerounais à souscrire à la mascarade, et menaces soutenues à l’encontre de ceux qui professaient le contraire, ainsi que leur arrestation, quand cela était possible,  n’ont rien pu contre le bon sens d’environ 2/3 des électeurs inscrits qui se demandaient à quoi rimaient finalement des élections  dont les résultats, comme à l’accoutumée, étaient déjà connus, ainsi que le vainqueur, non pas à cause de ses qualités ou de sa ruse, mais de sa propension à faire usage de la force brutale pour mettre entre parenthèses les lois et le droit pour passer en force.

Olivier Bibou Nissack est un de ces Camerounais, fut-il proche de l’un des leaders du camp du boycott, -Maurice Kamto, pour ne pas le nommer- qui a réalisé le caractère dérisoire du propos présidentiel, et qui a décidé de révéler aux instigateurs tapis dans l’ombre de cette excentricité l’image qu’ils donnent de ce fait du pouvoir et des tenants du pouvoir au Cameroun.

Et en guise de pied de nez final, Olivier  leur fait voir les dégâts que peuvent produire sur les projections des “grands” partis politiques, les mots d’ordre  des « petits partis politiques ». Toute mythomanie atanganjienne mise  à part.

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