Cameroun : A quoi rime le bonheur twitté de Paul Biya après son “échange cordial” avec l’Ambassadeur de France ?

Désormais tournée la page des colères feintes et des marches de protestation sponsorisées et payées presque rubis sur l’ongle contre l’impérialisme français au Cameroun ?

Difficile de se faire une religion précise sur la question, mais en scrutant l’attitude sur fond de retournement de situation du chef de l’Etat camerounais on peut être tenté de répondre par l’affirmative.

Après une audience tout ce qu’il y a d’ordinaire avec le plénipotentiaire français au Cameroun, le président Paul Biya s’est fendu d’un tweet enjoué en fin d’après-midi, jeudi, pour informer la communauté des followers qu’il avait eu un échange cordial  avec l’Ambassadeur Christophe Guilhou de France cet après-midi. A en croire cette source très officielle en laquelle s’est mué le président camerounais, l’échange  a tourné autour de des relations historiques entre la France et le Cameroun, du double scrutin législatif et municipal du 9 février 2020, de la situation socio-politique et de la situation dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que du Sommet Afrique-France de 2020.

Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes relationnels entre le président camerounais qui s’était bien gardé, fin février, de dire le moindre mot après que le président français eut affirmé, lors d’un entretien avec « un quidam » « terroriste » « sénégalais » « usurpant la nationalité camerounaise » qu’il était parfaitement au courant du fait que monsieur Biya était entrain de perpétrer un génocide au Cameroun avec au compteur 12.000 morts.

Le fait même qu’Emmanuel Macron ait affirmé que c’est lui qui avait conditionné sa rencontre avec Biya à Lyon en novembre par la libération de Maurice Kamto, n’avait pas sorti le président camerounais de sa sage surdi-mutité. Seuls ses ministres, un peu plus pressés de le voir débarrasser le plancher,  s’étaient jetés à l’eau, jouant le tout pour le tout avec une audace de kamikaze, convaincus que pour une fois ils allaient pousser la France à prendre le prétexte d’un propos contrariant pour chasser le vieux Paul. Ce qui ne se passa pas, la France macronienne craignant de se comporter comme le régime de Biya  qui pour la moindre peccadille se jetterait sur ses (terroristes d’)opposants  pour les massacrer sur eux pour quelques propos contrariants, sans trahir sa réputation de “pays des droits de l’homme”.

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Voilà pourquoi, quoique sachant que c’est leur chef, Paul Biya, qui avait déclaré en mondovision avoir rendu compte à Macron de la manière dont s’était déroulé le Grand Débat (lisez débat, mais prononcez dialogue) National de septembre-octobre 2019 au Cameroun, les “créatures” de Biya rappelèrent à loisir, pince sans rire, et dans un langage rasant les pâquerettes, que le Cameroun était un Etat indépendant et souverain, dont le chef d’Etat, tout aussi indépendant et souverain que sage, n’avait de leçon à recevoir de personne.   

Franchement, y aurait-t-il de quoi fouetter un chat après une causette rien de plus banale entre  tout un chef nationaliste et souverain d’un Etat lui aussi indépendant et souveraino-nationaliste et un ambassadeur qui a à peine rang de Directeur au ministère des relations extérieures du Cameroun, pour que le premier en fasse tout un ramdam twitté ?  

Trêve de questions sans réponses. Même si la dernière en appelle une autre :

Pourquoi quand Paul Biya s’et entretenu avec Macron dimanche il ne s’est pas empressé de twitter ?

Et une autre, la der des der : est-ce là la preuve que ce n’est pas Biya qui fait lui-même ses tweets ? Cela revient-il à dire que d’autres que lui le feraient en son nom et selon un timing propre à eux, avec pour visée de savonner la planche à ce président souverain, nationaliste et patriote, comme le font déjà avec brio ceux qui instruisent des massacres parmi les populations civiles des régions en crise, puis indexent tantôt l’armée malienne, tantôt les séparatistes, tantôt les incendies accidentels, en sachant qu’en fin de compte c’est Biya qui répondra d’avoir lâché des chiens haineux sur des gens qui n’en demandaient pas tant ?

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