Télescopage de Février 2020 : Weinstein condamné aux Etats Unis, Polanski célébré en France

Les valeurs de l’occident sont-elles dans la tourmente ? C’est l’impression qui se dégage du télescopage du mois de Février 2020 qui met en lumière deux mastodontes du Cinéma mondial, Weinstein Harvey et Roman Polanski. En fait ces deux magnats du cinéma mondial sont des maitres très talentueux dans leur art, ce qui leur a fait croire à un moment ou un autre qu’ils avaient le droit de molester ou d’imposer des violences sexuelles à la junte féminine et en particulier aux plus jeunes d’entre elles qu’ils considèrent comme de petites friandises.

Évidemment ce genre d’actes est unanimement condamné à travers le monde mais sa tolérance dans  le monde occidental est recouverte d’un manteau nuageux suffisamment sombre et épais au point où on ne sait plus quelle est la position officielle de l’occident.

Examinons les deux évènements en télescopage au  mois de Février 2020 :

Evénement numéro 1 : 24 Février 2020, Harvey Weinstein est condamné aux Etats-Unis.

Le 24 Février 2020, Harvey Weinstein, l’ancien poids lourd d’Hollywood sera reconnu coupable. Le verdict des douze jurés est unanime : « Coupable » d’avoir infligé des viols, en recourant à la violence. Il connaîtra sa peine le 11 mars prochain. Une peine qui ira de cinq à vingt-neuf ans de prison.

Et en attendant cette peine, Harvey Weinstein est déjà derrière les barreaux.

Evénement numéro 2 : 29 Février 2020, Roman Polanski reçoit le César du meilleur Film àParis.

Le cinéaste Roman Polanski, visé par des accusations de viol, c’est-à-dire des mêmes actes que Weinstein, a été plutôt primé lors de la 45ème  cérémonie des César, pour son film « J’accuse », au grand dam des manifestants qui clamaient en chœur et à l’unanimité « Enfermez Polanski! » « Polanski violeur, cinéma coupable, public complice ».

En attendant, loin de tous ces slogans hostiles à son endroit, Roman Polanski savoure du champagne et du fromage quelque part en Europe.

Ce qui est formidable dans cette histoire, c’est qu’elle laisse entrevoir les limites non étanches des valeurs dites occidentales qui s’interprètent de façon variable selon qu’on soit en Europe ou en Amérique ou selon les intérêts du moment. Voici quelques repères:

– Polanski est plus futé que Weinstein car il avait compris depuis longtemps que les Etats Unis ne constituent pas un bon terrain de chasse pour ce genre d’activités. Pour mémoire Polanski est un fugitif de la justice américaine depuis 1978 après avoir reconnu le viol légal d’une jeune fille de 13 ans.

– Le réalisateur, fugitif, trouve toute cette situation absurde. Il déclare « les médias tentent de faire de moi un monstre » alors qu’il essaye juste de jouer à la poupée avec des petites filles.

– Polanski estime aussi qu’entre membres de la ligue des cinéastes dangereux, Weinstein ne respecte pas le fairplay. En effet, il accuse Harvey Weinstein d’avoir tenté de l’empêcher de remporter un Oscar en 2003 pour « The Pianist » en le qualifiant de “violeur d’enfants”.

Autrement dit, dans le gang de ces grands cinéastes aveuglés par leur passion, il y a une petite lueur de lucidité qui semble indiquer qu’on peut encore distinguer un enfant d’un adulte. Une vraie note d’espoir.

Douala Ngando

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