Cameroun : Le lourd bilan de l’attaque de Galim ou l’échec illustré rouge-sang du Grand Dialogue National

La situation revient-elle à la normale dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest comme le prétendent régulièrement le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Atanga Nji et son collègue du ministère de la Communication, René Sadi ? Rien n’est moins sûr. Et les attentats des 7 et 8 mars attribués aux groupes séparatistes anglophones à Galim (dans la région de l’Ouest pourtant non concernée par la crise dite anglophone) et à Bamenda (principale ville de la région séparatiste du Nord-ouest) étaient à suffisance cette opinion.

Et ce ne sont pas les autorités administratives et sécuritaires camerounaises, émetteurs du message porté ci-dessous à la suite de l’attaque très meurtrière de Galim (8 morts au total) qui démentiraient cameroonvoice. Tenez :

« GALIM/BAMBOUTOS | MESSAGE: “#Attaque simultanée survenue ce samedi 07/03/20 vers 19 heures 30mn :brigade et commissariat secu de Galim #assaillants (20 environ)lourdement armés venus à bord de motos (10)# ville dans l’obscurité pendant l’attaque #Bilan provisoire :-02 Gendarmettes décédés succombant blessures graves #Gend Nougue Maeva et Gend. Boumla Emelda #02 blessés légers #Cb ACM Tarkoua Thomas et Gend Tchio sortis avec le véhicule organique disent être coincés dans une brousse derrière la brigade# position inconnue pour les MDLC :Etoundi et Tanyi Atem# 02 policiers décédés :IPP Nsangou et GPP Djeugap # 01garde à vue décédé :Supuyo Salifou# matériels emportés::brigade :03 armes Ak 47 et 06 boîtes chargeurs garnies. Commissariat :02 armes 01 FAL et 01PM et des munitions #02 corps des gendarmes acheminés et gardés à la morgue de l’hôpital de district de Mbouda. ## cocom Mbouda renforts et reste personnel en poste de combat à la brigade avant l’opération de ratissage à faire le matin #assaillants après attaque ont pris la direction de Bafandji dans le Nord Ouest d’où ils venaient pour rejoindre leurs bases soit à Bambalang ou Ndop.” Stop et fin. »

Monsieur le ministre, à quand une communication digne du diplomate de haut vol ?

Un message qui glace d’effroi et invite à revoir la copie de l’ex-Grand Dialogue National, qui, si l’on n’y prend garde, rentrera dans l’histoire de la résolutions des conflits sociopolitique du Cameroun comme la plus grosse plaisanterie jamais mise en scène. Aller  à de vrais pourparlers non exclusifs demeure la seule esquisse d’une bonne solution à la guerre dans le NOSO.

Faire comme le gouvernement camerounais qui donne l’impression d’avoir pris la bonne option  en se livrant à un semblant de dialogue alors qu’il sait pertinemment qu’étaient exclus les vrais interlocuteurs, lesquels avaient été remplacés par des amuseurs publics avouant des crimes ignobles qu’ils n’avaient  jamais commis  comme on revendique une action héroïque, n’apporte rien à la paix dans le NOSO que tous les Camerounais, de toutes les régions, appellent de tous leurs vœux. Ne serait-ce que parce que la guerre dans les deux régions anglophones est à l’origine de la plus grave crise alimentaire jamais vécue dans le pays, et d’une crise humanitaire dont la gravité est sans précédent (soldats et policiers ressortissants des régions francophones massacrés à leur tour par les sécessionnistes, des centaines de milliers de déplacés internes se retrouvant dans les villes des régions francophones où les prix des loyers sont en train de quadrupler, voire de quintupler du fait d’une demande en lieux d’habitation de plus en plus croissante –à Douala, par exemple, on retrouve parfois une dizaine de personnes dont des enfants, dans une chambre de 10 mètres carrés, au loyer quatre fois plus élevé que d’ordinaire, voire plus-).

Assassinées à la fleur de l’age par les “sécessionnistes” anglophones qui cherchent eux aussi à faire du “bilan” ?

Que par opportunisme, le ministre de la Communication devenu un as en matière de communication-catastrophe, « dénonce le silence des Organisations non gouvernementales et autres acteurs de la communauté internationale, face à cette cruauté des bandes terroristes sécessionnistes, dont les commanditaires continuent du reste, de bénéficier du soutien et de la protection de certains partenaires internationaux », peut sembler une blague saumâtre  laissant penser que l’attaque de Galim et celle de Bamenda sont, comme l’accusent souvent certains observateurs, les œuvres   tordues des stratèges de guerre du gouvernement en vue de rendre les séparatistes odieux aux yeux de la communauté internationale.

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