Le Président Paul Biya est un Homme Fidèle, Honnête et Sarcastique dans l’Attente

Le président Paul Biya. C’est l’histoire d’un homme fidèle et honnête qui ne voulait pas êtreprésident et qui a adopté malencontreusement un caractère sarcastique  pour meubler l’attente de son remerciement par les Camerounais et cela depuis ce jour fatidique où les Français et Ahidjo lui ont transféré le pouvoir alors qu’il n’en voulait pas.

Cette conclusion, ramassée, résulte d´une synthèse des analyses et des décryptages de l’avalanche  des critiques et des informations qui s’amoncèlent sur le Président Paul Biya depuis que le Président Maurice Kamto a imposé le véto sur le holdup.

En effet, depuis que Maurice Kamto a annoncé et prouvé à toute la république et à toute la communauté internationale qu’il avait gagné les élections, la parole s’est libérée au Cameroun et les Camerounais de tous bords, de l’intérieur ou de l’extérieur et même du sérail, parlent. Les informations foisonnent. C’est pourquoi il était important de s’arrêter un tout petit peu et chercher le fil rouge qui a régenté le destin de ce président qui assure sa fidélité indéfectible au service de la France et qui a lamentablement plongé le Cameroun dans le chaos actuel. Ce fil rouge se résume en une seule phrase : Paul Biya est un homme fidèle, honnête et malencontreusement sarcastique qui attend depuis 1982 d’être remercié par les Camerounais.

Cette synthèse, qui pourra faire bondir certains de leur siège, mérite quelques éclaircissements. Mais avant, il faut signaler que le holdup qui est la cause de cette avalanche d’informations, donne beaucoup de peine au président Paul Biya. Pour ceux qui connaissent l’homme, il est très touché par cette situation car Paul Biya a toujours pensé honnêtement qu’il gagnait toutes les élections au Cameroun. Et aujourd’hui il est plutôt considéré à l’intérieur et à l’international comme un voleur de la victoire de Maurice Kamto. Un vrai camouflet pour ce président qui aime à se présenter à l’international  comme un honnête homme. Vous pourrez remarquer qu’il n’a reçu, ni visité aucun président de la république depuis le holdup et il a du mal à se présenter dans toutes les réunions internationales car il est terrifié à l’idée de se promener avec la casquette ou la carapace d’un voleur des urnes. Et ça, c´est déjà une marque d´honnêteté.

Cette parenthèse fait dire à certains, en pensant surtout à la gestion du problème du NOSO, que l’homme n’est plus au courant de ce qui se passe dans le pays. Les gladiateurs du holdup avaient pris la peine d’étouffer la question en l’enfermant dans un mutisme et un isolement en bonne et due forme. Paul Biya qui est coupé des réalités du Cameroun depuis très longtemps  ne prendra conscience de la situation  qu’a l’occasion d’une visite en Suisse où on va lui signifier qu’il était persona non grata a Genève.

Pour revenir à la fameuse synthèse sur la fidélité et l’honnêteté, pour mieux la comprendre, il faut revenir sur l’arrivée de Paul Biya au poste de Président de la République du Cameroun.  Paul Biya ne voulait pas être président, il ne sait pas comment mettre en orchestre une équipe pour manager un pays et le diriger. Et il l’avait fait savoir aux Français qui lui ont proposé un contrat qui tenait en deux points : Tu nous laisses piloter le Cameroun et toi tu te contentes de gérer le budget virtuel du Cameroun à ta guise, accompagné de l’”orchestre national”, et tout cela au détriment du Cameroun. Le président Paul Biya va accepter. Ainsi, l´homme, qui avait souhaité dans son fort intérieur servir son pays comme un bon fonctionnaire de haut niveau et mener tranquillement sa vie, va voir son rêve s’évanouir quand les Français avec Ahidjo vont le mettre dans cette situation avec ce contrat auquel il est resté fidèle jusqu’à nos jours. Et il avait raison car dès les premiers mois de sa mandature, les signaux de cet échec annoncé se sont étalés au grand jour jusqu’au fameux coup d’état de 1984. Il prendra alors ses précautions en allant s’installer à Genève.

  1. Fidèle

Oui ! Il est fidèle à la France. Il remplit tous ses engagements vis-à-vis de la France et de façon sincère et honnête. Aucun de ces grands panafricains, qui roucoulent dans les medias, ne peut le prendre à défaut dans ses relations avec la France. Il est le grand ami fidèle, le meilleur élève et le meilleur rédacteur de compte rendu de la France et il garantit la pérennité du Franc CFA, de la Françafrique et des directives de la France à travers le FMI et la banque mondiale.

Il est dévoué, constant et loyal dans ses relations avec la France qui le couvre en retour pour tous les crimes et massacres dont il est indirectement responsable puisque, comme nous l´avons dit plus haut, c´est la France qui pilote le Cameroun. Je sais que beaucoup de Camerounais, experts en roublardise, n´aiment pas qu´on dise que c´est la France qui pilote le Cameroun. A ceux-là je leur pose deux questions simples:

  • Comment un Paul Biya, absent, peut diriger les Camerounais dont il ignore le nombre et leur façon de vivre, avec des ministres sans feuilles de route qu’il ne connait ou ne rencontre pas, sans conseils des ministres et sans aucun moyen de contrôle des activités du gouvernement? Il ne dirige pas le Cameroun, il patauge dans la gadoue.
  • Avez-vous déjà eu la justification d’une seule ligne budgétaire d’une année d’exercice au Cameroun? Même le ministre des finances, nommé par Paris, qui est chargé de signer les documents présentés par le trésor Français, ne peut pas vous la donner. La Macro-économie de la colonie Camerounaise est pilotée par la France.

Pour revenir à la fidélité, le Président Paul Biya présente un indice de fidélité infaillible : L’hôtel intercontinental de Genève. Depuis qu’il a pris pied dans cet hôtel, il n’en est jamais reparti, reléguant aux oubliettes les multiples merveilles des différentes régions du Cameroun, l’Afrique à miniature. Il s’en échappe de temps en temps pour se rendre au Cameroun quand il est convoqué par l’ambassadeur de France pour les besoins de photos ou pour quelques cérémonies à la gloire du père de la nation. C’est la télévision nationale (CRTV) qui sait le mieux magnifier cette fidélité à Genève. A l’époque où Paul Biya avait encore le droit d’aller faire le pèlerinage aux Nations Unis à New York, la CRTV annonçait le départ du président Paul Biya pour un court séjour privé à Genève, un mois avant son envol pour New York. Et après la conférence, la CRTV annonçait à nouveau que le président de la république, père de la Nation, devait quitter New-York pour Genève où il devait effectuer un court séjour privé. Et cela dure depuis 1982. Avez-vous encore des doutes sur la fidélité de l’homme ?

C’est cette fidélité maladive qui va le maintenir dans l’allégeance à la France sans l’ombre d’un sursaut d’orgueil. Et toutes les incantations de ces derniers mois sur la lésion des intérêts Français au Cameroun ne visent qu’à s’assurer que les Camerounais ne soient pas dérangés dans leur sommeil. Paul Erik Kingue et le Directeur du Port de Douala en savent un peu plus.

Tant pis pour les Camerounais s’ils ne comprennent pas Paul Biya. Il a toujours été clair !

Mais nous savons tous que « toute chose qu’on fait beaucoup devient mauvais » et nous avons encore les souvenirs vifs et récents d’un vieil ami fidèle de la France qui, s’accrochant à son jeune maitre, a failli trébucher sur des escaliers, lâché violement par son jeune maître. Pour rappel, les chutes dans les escaliers sont la principale cause des décès chez les personnes âgées. C’est dire que Paul Biya avait échappé à un attentat involontaire à Lyon.

  • Honnête

Il est très courant de dire d’un homme fidèle qu’il est honnête, même si ce n’est pas toujours vrai.  L’honnêteté est justement une qualité du président Paul Biya. C’est elle qui l’a empêché de trahir le pacte avec la France. Cette trahison lui aurait permis de se pencher un tout petit peu sur les souffrances traumatiques des Camerounais.

Il se conforme aux termes du contrat qu’il a établi avec la France et il a le devoir de faire avaler aux Camerounais toutes les pilules concoctées par la France et ses alliés du FMI et de la Banque mondiale. C’est cette poursuite de loyauté et d’intégrité vis-à-vis de la France qui va le braquer contre les Camerounais par simple honnêteté. Il n’est pas possible d’être fidèle aux Maitres et de servir les esclaves. Il n’aime pas les Camerounais, il ne partage rien avec les Camerounais. Il ne les assiste pas dans les moments tristes et sombres. A la limite il vient revendiquer leur gloire à l’occasion d’une victoire sportive par exemple comme le ferait un LE DRIAN en allant inaugurer le pont sur le Wouri.

Il  ne discute pas avec les Camerounais et quand les Camerounais exigent et obtiennent un minimum de dialogue comme une conférence nationale, une tripartite ou un grand dialogue national, fidèle à son honnêteté, il n’y participe pas. Il ne se sent aucunement concerné par les recommandations des camerounais mais en toute honnêteté, il se précipite à Paris pour aller rendre compte aux ayant droits, ceux qui pilotent le Cameroun.

Au nom de l’honnêteté et par fidélité à la France, Biya n’aime pas les Camerounais, il ne peut pas aimer les Camerounais

Il n’a accordé d’interview au Cameroun qu’une seule fois, et c’était face à Eric Chinje pour lui expliquer qu’il suffisait qu’il fasse un signe de la tête pour que celui-ci saute  de son poste comme un bouchon de Champagne. Depuis, Eric Chinje a effectivement sauté de son siège et il n y a plus eu d’interview au Cameroun. Il préfère s’entretenir avec les journalistes Français par simple honnêteté. Il est des leurs.

Il ne connait plus le pays. Il ne connait même plus Yaoundé qu’il traverse de temps à autre à vive allure, pour s’évader ou se rendre à Mvomeka’a. Les seuls souvenirs qu’il a du Cameroun remontent à la période d’avant son arrivée à la primature. Pourtant il a tous les moyens pour renouer avec le pays et avec le peuple qui l’attendait souvent mais il ne le fera pas, par simple honnêteté. Il n’aime pas le Cameroun, il n’aime pas les Camerounais.

Un autre symbole de l’honnêteté du Président Paul Biya c’est sa reconnaissance sans complexe du parrainage de toutes les malversations financières au Cameroun. Il est à l’épicentre de tous les détournements divers et variés qui se passent au Cameroun depuis près d’une quarantaine d’années. L’Art 66  de la Constitution camerounaise stipule que : « Le Président de la République, le 1er Ministre, les membres du gouvernement et assimilés, et tous ceux qui manipulent l’argent public, doivent faire une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction.Le président Paul Biya, par simple honnêteté,  n’a jamais placé la signature du décret d’application de cet article 66 à l’ordre du jour. Autrement dit, il assume la couverture de tout son entourage qui détourne les fonds au Cameroun.

Tant pis pour les Camerounais s’ils ne comprennent pas Paul Biya. Il a toujours été clair !

Mais nous savons tous que « toute bonne chose qu’on fait beaucoup devient mauvais » et nous pouvons noter que le président Paul Biya, en confisquant le budget de la Nation Camerounaise, se croit tellement riche qu’il est convaincu qu’il peut faire coucher tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux crimes qui se déroulent au Cameroun. Et croyez-moi beaucoup de grands de ce monde sont passés à la casserole. Il est très surpris par l’attitude de Maurice Kamto, Mamadou Mota, Maitre Simh, etc. Il ne comprend toujours pas.

  • Sarcastique

Quand vous êtes fidèle à une autre chapelle qui est contre les intérêts de la chapelle que vous dirigez, il vous reste très peu de place pour ne pas verser dans le sarcasme. Etre sarcastique c’est dire le contraire de ce que l’on pense, sans montrer qu’on pense le contraire de ce que l’on dit. Le président Paul Biya n’est pas un sarcastique naturel. Il a adopté cette attitude pour s’étonner de l’irréversible zombification des Camerounais. En effet, Paul Biya est le premier surpris d’être encore à la tête de l’État compte tenu du détricotage systématique de la société Camerounaise qu’il a opéré. C’est donc ce sarcasme qui lui a permis de berner les Camerounais pendant toutes ces années.

Son sarcasme va se matérialiser en deux fléaux qui gangrènent la société Camerounaise aujourd’hui, le chaos et l’antiphrase. Paul Biya est devenu le maitre du Chaos et de l’antiphrase :

  • Le chaos lui a permis de plonger les Camerounais dans une sauce où ils ne comprennent absolument rien. Il faut savoir que le Camerounais de 2020, dans ce chaos, comprend très bien que le ministre des affaires étrangères du Japon se déplace au Cameroun pour creuser un puits d’eau. Vous avez compris vous ?
  • L’antiphrase. Nous disions que Paul Biya est le maitre de l’antiphrase. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir en 1982, il a réalisé le contraire de tout ce qu’il a promis verbalement au Camerounais. Vous pouvez le vérifier en comparant sa démocratie contre la dictature actuelle, sa prospérité contre la misère actuelle ou encore la paix contre la guerre actuelle, etc…

Donc, il ne fait que le contraire de ce qu’il dit aux Camerounais. Et tous ceux qui ont cru aux grands hôpitaux, grandes infrastructures, grandes réalisations, grands axes lourds, grandes autoroutes, transafricains, grandes opportunités et grandes dégringolades, n’auront que leurs yeux pour pleurer.

Tant pis pour les Camerounais s’ils ne comprennent pas Paul Biya. Il a toujours été clair !

Mais nous savons tous que « toute bonne chose qu’on fait beaucoup devient mauvais » et nous pouvons évoquer la situation actuelle où un Président, se moquant de son peuple, crie sur tous les toit que « le Cameroun est un et indivisible », alors qu’en même temps il débarque un escadron de la mort dans une partie du territoire. Bon sang ! Y’a-t-il un bougre dans les parages pour lui expliquer que ce sang versé inutilement peut éclabousser les murs blancs de sa prison dorée ?

  • L’attente

Ne sachant plus quoi faire pour alerter les Camerounais sur son inaptitude ou son manque de volonté de gérer le pays, il a laissé la salle besogne à des clans violents qui abiment la nation Camerounaise au point où tous les sujets au Cameroun sont devenus clivants. Si vous évoquez le coucher du soleil au Cameroun cela va créer un débat surréaliste qui va opposer de faux patriotes et de faux antirépublicains. Et pendant ce temps-là, le président se repose à Genève. L’amateurisme qui caractérise la gestion du Cameroun par Paul Biya et son entourage résulte de cette fidélité à son contrat datant de plus 40 ans.

Il est très facile, face à ce contraste cauchemardesque d’un Président vivant dans une opulence qui éclabousse son misérable peuple, de comprendre que la rupture est consommée entre le Président Paul Biya et les Camerounais, et cela depuis longtemps. C’est pourquoi ce président s’est installé depuis longtemps dans l’attente. Il attend ce verdict certain des Camerounais mais qui n’arrive toujours pas. Cela ressemble à une torture, mais il tient. Il s’entête à ne pas démissionner et invite les Camerounais à aller jusqu’au bout.

Avant de clore cette analyse, je dois rappeler que ceci n’est qu’une synthèse de l’avalanche des critiques, des remarques et des informations qui s’est abattue sur cet homme honnête après que des gangsters ont volé la victoire de Maurice Kamto pour la lui attribuer. Et je précise que ce n’est qu’une opinion car je ne souhaite pas que ce brulot aille rejoindre le cortège des grands rapports de Doctorat qui ont porté sur les qualités du Président Paul Biya. Oui ! Il faut rappeler que le Cameroun est un pays curieux de l’Afrique centrale qui abrite une génération rare de Professeurs en voie de disparition qui ont tous fait des thèses de Doctorat sur l’homme Biya avec les résultats que l’on connait : Personne, en dehors des Français, ne comprend le N’nom Gui.

La fidélité et l’honnêteté. Voilà, à mon avis, deux qualités nobles qui ont aidé un homme à servir maladivement la France au point de le rendre sarcastique face à la patience ou à l’indifférence d’un peuple  qui ne l’a pas compris et qu’il ne comprend pas. Un malentendu qui a suspendu en plein vol l’oiseau Cameroun qui était en plein décollage. Une suspension qui a duré tellement longtemps (38 ans) que cet aigle géant de l’Afrique centrale ne pouvait que chuter ou reculer. Une vraie tragédie moderne.

Le Cameroun est dans une situation explosive et le Président Paul Biya, malgré sa fidélité et son honnêteté s’est embarqué dans une situation très compliquée. Au-delà du soutien de la France, il lui faudra bien l’aide des hommes de l’envergure du Président Maurice Kamto pour mettre un terme à ce supplice, le libérer de ce joug et le sortir, lui et son Cameroun, de ce pétrin sans trop de grabuge, car il faut le dire, il risque d’avoir de la casse.

Douala Ngando

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