Après Kamto, Me Bomo remet Biya à sa place : «Le premier Ministre n’est pas le titulaire du contrat social avec le peuple»

Réagissant à la dernière sortie de l’homme politique Maurice Kamto sur fond d’ultimatum à Paul Biya, l’avocat camerounais résidant en France explique que « Le Président de la République ne doit pas diriger au travers de ses collaborateurs quand le pays est en danger », et que « Paul Biya est un homme politique et non un dieu ». Qu’à ce titre-là, justement, le silencieux et absent chef de l’Etat peut et doit être interpellé par son opposition dont c’est d’ailleurs la mission… “quasi régalienne”

Ci-dessous, la réaction créditée d’une grande intelligence de Me Christian Ntimbane Bomo subséquemment à la récente sortie de Maurice Kamto.

Maurice Kamto est dans son rôle. il a parfaitement raison d’interpeller Paul Biya

Dans toute démocratie l’opposition c’est à dire les partis politiques légalisés ont le droit de scruter, de critiquer et d’interpeller le pouvoir sur ses missions et responsabilités. Même en y fixant les délais pour qu’il le fasse.

En France par exemple, des opposants comme Rachida Dati, Abad, Retailleau, Marine Le Pen, Morano… ne cessent de critiquer et d’interpeller vertement Macron et le gouvernement sur sa gestion de la pandémie du covid-19.

D’autres parlent même de poursuites pénales pour haute trahison pour n’avoir pas pris des mesures alors qu’il était informé à travers son premier ministre du danger à venir.

Les camerounais doivent apprendre que Paul Biya est un homme politique et non un dieu.

Ridicule encore d’en faire un patriarche d’une supposée tribu alors qu’il occupe une fonction républicaine qui n’a rien avoir avec ses origines.

Toutes ses actions en tant que Président de la République peuvent faire l’objet de critiques et de dénonciations non seulement de l’opposition mais aussi de la société civile et de tout citoyen.

Ainsi, Maurice Kamto à travers sa sortie a parfaitement raison d’appeler Paul Biya à assumer personnellement sa fonction en ces temps de crise.

Car dans notre constitution, lui seul, mais alors lui seul, doit intervenir en cas d’urgence et de situation mettant en péril la vie de la nation. Dans le cas d’espèce la pandémie du Coronavirus.

Le Président de la République ne doit pas diriger au travers de ses collaborateurs quand le pays est en danger.

Le premier Ministre n’est pas le titulaire du contrat social avec le peuple, encore moins les ministres. Il est juste le chef d’une équipe ministérielle (Chef du gouvernement) et non du peuple.

En prenant encore l’exemple de la France dont nous avons copié le modèle républicain, on voit bien Macron présent sur tous les fronts.

Il rencontre le personnel médical, les chercheurs, les autorités, fait des déclarations, participent aux rencontres internationales…

Il est insoutenable que depuis que cette pandémie s’est abattue sur le Cameroun et que des morts suspectes se multiplient dans des familles dans un pays ne disposant pas de statistiques médicales fiables faute d’une couverture santé efficiente, que le Président de la République ne vienne pas personnellement dire au peuple ce qu’il y a lieu de faire ou alors quelles dispositions, il a pris lui, pour protéger leurs vies comme il s’y est engagé constitutionnellement.

Depuis des semaines plusieurs camerounais, y compris moi, lui demandent de faire une déclaration qui aura l’avantage de sensibiliser davantage le peuple et aussi de le rassurer.

Demander à Paul Biya de faire des déclarations relève donc du bon sens républicain. Ce n’est pas une faute.

Par contre essayer de justifier ou soutenir son silence coupable et glacial relève de l’hypocrisie.

Car la large majorité des camerounais sans exception, même sans le dire ouvertement condamne ce silence présidentiel que certains vont jusqu’à qualifier de mépris envers le peuple.

Le peuple camerounais est abandonné face à cette maladie et ça se voit.

Que Paul BIYA prenne ses responsabilités de président de la République et Chef de l’Etat en parlant à son peuple.

Le peuple est souverain. Ce n’est pas à lui de courir derrière son Président pour qu’il fasse son travail. Et si Paul Biya n’accepte pas de remplir sa part de d’obligations dans le contrat social passé avec son peuple, celui-ci a le droit souverain de rompre le contrat qui les lie à tout moment.

C’est ça la République.

Christian BOMO Ntimbane
Société Civile Critique.

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