Carnage de Ngarbuh : Une Enquête prévue pas avant Août 2020. Pourquoi ?

Les Camerounais viennent de recevoir un communiqué de la présidence à propos d’une enquête sur le carnage de Ngarbuh. Une information qui leur a permis de se distraire un tout petit peu entre deux enterrements des victimes du Covid-19 et surtout de faire une pause dans la recherche de leur président disparu. Il faut bien préciser qu’il s’agit d’un communiqué et non d’un rapport d’enquête car il n’y a pas eu d’enquête.

Pour rappel, une vraie enquête commence par l’exhumation des corps des victimes pour établir des constats nécessaires à la manifestation de la vérité (identification, nombre, causes de la mort atroce et accessoires du crime). Cette action débouche sur la reconstitution des faits et la condamnation des criminels actif ou passifs et des donneurs d’ordre et se termine par une digne inhumation des victimes et l’indemnisation des ayants droits directs (la famille) et indirects (le peuple Camerounais). Le régime de Yaoundé a tous les moyens nationaux et internationaux pour faire une enquête à Ngarbuh.

  1. Pourquoi le régime de Yaoundé n’a pas encore fait une enquête ?

Le régime de Yaoundé ne peut pas encore faire d’enquête, donc une exhumation des corps, parce qu’il ne souhaite pas que les Camerounais découvrent la violence, la brutalité et son aveuglement  dans son plan génocidaire. Sachant qu’en cas de crime avec mort d’hommes, les enquêteurs disposent de deux sources d’informations, à savoir les témoins vivants et le corps des victimes, le régime de Yaoundé souhaitent neutraliser ces deux sources d’informations avant toute enquête.

Si le régime se vante sur les medias, grâce à l’action des militaires qui étaient retournés sur les lieux du crime le lendemain, d’avoir neutralisé, incarcéré ou manipulé quelques témoins ou survivants, le régime peine à neutraliser les corps des victimes, la deuxième source d’information. Le niveau de mépris et de déshumanisation que présenteraient les victimes de Ngarbuh est inexplicable. Certains parlent de corps de bébé mutilés et décapités, de femmes enceintes éventrées, des corps d’enfant criblés de 38 balles,  y compris des scenarios d’incinération des personnes encore vivantes. Le régime de Yaoundé ne fera donc pas d’enquête tant que les preuves des actes de ces amateurs de barbecue d’un autre genre ne seront pas totalement effacées.

L’armée de Paul Biya a imaginé à un moment donné de délocaliser une partie des corps mais elle a été très vite rattrapée car le régime a été informé que le secteur est sous très haute surveillance, y compris satellitaire.

Il ne reste plus que le temps, comme option, pour espérer effacer les stigmates de cette atrocité.

  • Quand peut-on espérer une enquête ?

Une enquête sur les massacres de Ngarbuh dépend de plusieurs facteurs et sa date effective ne dépendra que de la détermination des forces en présence :

  • Une enquête immédiate exigée par le peuple (peu de chance)

Le peuple Camerounais, tout comme les ONGs, souhaiterait une enquête immédiate mais ce peuple est pris en otage par le régime Biya et la communauté internationale qui le protège depuis 38 ans. D’ailleurs, le fameux communiqué qui embarrasse tant le régime résulte d’une injonction de cette communauté internationale. Cette option a peu de chance mais pourra avoir lieux si le régime est renversé ou si les régions du NOSO obtiennent leur autonomie ou un contrôle sur la gouvernance de leursrégions.

  • Une enquête immédiate exigée par la communauté internationale (possible)

La communauté internationale dispose de tous les moyens financiers, juridiques et militaires pour obliger le gouvernement Camerounais à ouvrir une enquête ou même conduire elle-même cette enquête. Si elle ne l’a pas fait jusqu’alors c’est parce qu’elle est en plein concubinage avec le régime de Yaoundé dans le massacre et la destruction des Camerounais.

  • Une enquête après Aout 2020 (attendue)

La médecine scientifique d’investigation établit clairement que la décomposition d’un corps dépend de l’environnement et de sa contamination initiale. En extérieur, comme c’était le cas à Ngarbuh, il faut compter au moins six mois pour que les larves et les animaux dégradent un cadavre. Et c’est cette fenêtre que le régime de Yaoundé veut exploiter pour effacer toute les traces de cette machine a déchiqueter l’homme.

Comme le massacre de Ngarbuh a eu lieu le 14 Février 2020, il faut donc compter que le régime de Yaoundé ne va pas procéder a une enquête avec exhumation des corps avant Aout 2020, ou avant la décomposition totale des corps.

Malgré ces précautions, le régime sait qu’il n’est pas à l’abri car les médecins légistes disposent de techniques modernes qui leur permettent d’établir les causes de la mort à partir d’un examen du squelette, notamment l’analyse des impacts, des traumatismes et des lésions osseuses.

En conclusion, nous aurons bientôt une enquête sur Ngarbuh mais en attendant, nous pouvons nous contenter de ce communiqué qui est une véritable mine d’informations, riche d’enseignements et de confirmations sur les actions du gouvernement criminel qui dirige le Cameroun. Nous y reviendrons une autre fois.

A toutes fins utiles, nous rappelons que nous ne sommes pas en quête d’une enquête. Nous exigeons la fin immédiate de cette guerre criminelle et absurde.

Douala Ngando

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