Conavirus : le monde ne s’est-il finalement pas trompé de chemin ?

Alors que le monde entier est tourmenté par la crise sanitaire imposée par le nouveau Coronavirus, le Dr Olivier Bilé, universitaire et Président du Mouvement pour l’Emancipation et l’Intégration Monétaires de l’Afrique, MEIMA adresse une lettre ouverte aux dirigeants et aux peuples d’occident en particulier et du monde entier en général.

L’humanisme le plus élémentaire m’impose, en pareille circonstance, de commencer par exprimer toute ma compassion émue à l’ensemble des nations et familles endeuillées par le phénomène planétaire du nouveau Corona virus. La survenue d’une telle catastrophe devrait toujours être l’occasion, pour les humains que nous sommes, de questionner, avec rigueur et modestie, nos trajectoires existentielles, nos modes de vie, nos réglementations, lois et principes, nos orientations sociétales ainsi que nos paradigmes civilisationnels, librement et volontairement établis.

S’il est vrai que l’irruption de telles pandémies dans l’histoire de l’humanité a toujours occasionné des changements considérables dans la vie des nations comme le suggère Jacques Attali, alors il est indispensable que la pandémie actuelle du Covid 19 soit l’occasion d’une prise de conscience profonde et décisive. Une prise de conscience de ce qu’est l’Homme, Etre insignifiant et fragile, au sein de l’incommensurabilité de la nature qui l’entoure. Toutefois, cette prise de conscience ne peut avoir lieu que si cet homme, depuis longtemps habité par l’esprit scientifique et cartésien, se donne la peine de comprendre ce qui a dysfonctionné dans sa trajectoire civilisationnelle depuis le moyen-âge.

Le Bébé jeté avec l’eau du bain

Le film de l’histoire nous apprend que les traditions théocratiques romanes et gothiques constituent le socle politique et culturel de l’Europe du moyen-âge. Désenchantés et dépités par ce modèle de monarchie absolue de gouvernance à l’origine d’abus et de pratique arbitraires aux antipodes de ses objectifs espérés, les peuples européens, aidés sur le plan théorique par leurs philosophes et penseurs, engagent à partir des 17eet 18e siècles, un long processus de répudiation de la religion de l’époque qui est le christianisme catholique traditionnel. Compte tenu des réalités sus-évoquées de l’époque, on peut comprendre que les Européens aient été fondés à le faire.

Toutefois, la chose essentielle à relever est qu’au lieu de se débarrasser uniquement de “l’eau souillée du bain”, (l’ordre monarchique de l’église et des Rois), ils ont confondu le “Bébé” avec l’eau du bain et les ont tous versés. Dieu, d’une part et, d’autre part, la religion organisée et entretenue à leur avantage par les hommes, ont tout simplement été confondus. C’est du reste, comme dirait Eboussi Boulaga, ‘l’erreur de perspective’ que beaucoup commettent encore souvent aujourd’hui. Là se situe la faute historique, l’erreur de calcul fondamentale et fatale au principe de la désorientation du monde entier jusqu’à nos jours.  L’avènement du courant de pensée moderniste au 17esiècle consolide et systématise ce rejet de la Fides (foi) en tant que modèle sociétal dominant.

En proclamant comme Protagoras que “l’homme est la mesure de toute chose”, l’humanisme moderne instaure un socle civilisationnel où la norme humaine et la culture scientifique  sont établies comme vecteurs paradigmatiques absolus. Les 18e, 19e et le début du 20esiècles, avec la révolution industrielle, viennent consolider cette orientation structurelle qui s’étend désormais à la quasi-totalité des pays du monde avancé. Si elle renforce l’autonomie humaine, la subjectivité du regard et la liberté en matière d’agir social, force est de reconnaitre que cette orientation  sociétale devient productrice d’une palette considérable de déviances dans presque tous les segments de la vie.

Exacerbation des égoïsmes et des individualismes, culture de la violence et des conflits couronnées par les deux guerres mondiales du 20e  siècle ; Réglementations nationales et internationales viciées et corrompues au bénéfice des plus forts (système monétaire et financier international, termes de l’échange dans le commerce mondial, système économique ultra libéral au profitdes plus riches, inégalités criardes entre les régions du monde, destruction de l’environnement); Dérives autoritaires et gouvernance autocratique dans nombre d’Etats du Sud ; Systèmes d’allégeance philosophiques et perpétuation des pratiques impérialistes au détriment de certains Etats Africains ; Corruption chronique et pandémique ; Dérives sociétales issues du libido-libéralisme galopant (promotion ouverte de la culture dite LGBT, etc.)

Pourtant, la préservation du “Bébé”, c’est-à-dire, de la figure symbolique de Dieu, dans cette trajectoire souhaitable vers le scientisme et le modernisme, l’aurait enrichie des bienfaits de ses constituants axiologiques pour le moins incontestables. L’ampleur de l’esprit de rébellion prévalant dans le monde actuel a jusqu’ici empêché que le tir ne soit rectifié. Il est impératif de prendre toute la mesure des périls multiformes suscités par cette insouciance libertaire.

Répudiation exacerbée de la figure symbolique du “Bébé”

Dans un contexte passé, dans la deuxième moitié du 20e siècle,  de moderniste à postmoderniste, le monde assiste à l’exacerbation des travers, déviances et dérives sociétales de l’ère moderniste ci-dessus mentionnés. Avec la déconstruction et l’effacement de la figure du sujet, la postmodernité nous met en présence d’une société encore plus éloignée des repères normatifs issus de la figure et des principes de Dieu. Ici ne prévalent plus que des variables informationnelles et technologiques ayant, au passage, évacué la figure même de l’homme issue du modernisme. Manipulations biotechnologiques et nano-technologiques dans des laboratoires de génie génétique qui se multiplient, à la faveur de la vulgarisation, voire de la banalisation  des technologies numériques. Ambitions de production de l’éternité par le clonage humain ; velléités de créationnisme et d’accès à un statut quasi-divin, l’humanité se trouve face à des périls incalculables dans l’univers postmoderne dépourvu, plus que jamais, de fondations axiologiques.

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Et c’est précisément dans ce contexte de postmodernité expérimentaliste que le nouveau Corona virus encore appelé Covid 19, issu de manipulations digitalo-génétiques a été produit, tout le monde le sait désormais. Ce nouveau Corona virus n’étant pas le premier de la série, le risque est alors grand de voir apparaitre, si la trajectoire et les mentalités humaines ne sont rectifiés, d’autres virus d’extraction biotechnologique encore plus dévastateurs.  La seule fondation en mesure d’encadrer l’homme dans ses légitimes rêves et entreprises de progrès reste et demeure ce “Bébé”, employé ici en métaphore, jeté avec l’eau du bain depuis le 17e siècle. Sur le plan théorique et à l’usage des scientifiques qui lui sont souvent si allergiques, ce Vecteur normatif pourrait recevoir la désignation de perspective Théiste, Théocentrique ou Théocentrisme. Je propose, depuis quelques années, le concept de Foiisme politique qui en est une déclinaison idéologique dans la sphère politique.

Ce théocentrisme se distingue très clairement du modèle théocratique par son caractère démocratique et ouvert à une fusion avec d’autres perspectives théoriques progressistes. On pourra ainsi parler dans le monde des sciences sociales d’une approche théorique de type : théocentrisme postmoderniste. L’indiscutable dimension métaphysique et physique de la vie, à la fois intelligible et sensible selon Platon, commande une plus grande prise en compte du Théocentrisme favorable à une plus robuste éthicisation de nos sociétés actuelles. L’éthicisation et “l’axiologisation” de notre humanité restent, assurément, la meilleure garantie de sa sécurité. La postmodernité étant l’époque de l’hyper science, on pourrait parodier François Rabelais en posant que « hyper science sans conscience n’est qu’hyper ruine de l’âme ».Mais cette hyper ruine ne concerne pas que l’âme.

Elle laisse déjà entrevoir des conséquences catastrophiques pour le monde d’aujourd’hui et de demain. Doublement des populations affectées par la famine pour atteindre les 250 millions de personnes, chute vertigineuse des prix des matières premières, récession économique mondiale, explosion du chômage et disparition massive d’entreprises entrainant des crises sociales innombrables, etc. Cette indispensable éthicisation du monde ne peut toutefois s’accomplir sur la base illusoire de l’éthique laïque qui a depuis longtemps montré ses limites. Après avoir démontré précédemment que l’Europe et l’Occident ont un impérieux besoin de se réapproprier le “Bébé” qui avait été versé avec l’eau du bain, il tombe sous le sens que c’est bien d’une éthicisation théocentriste dont notre monde a besoin.

Par-delà sa perspective axiologique, ce ‘retour à Dieu’ recèle bien d’autres avantages, notamment celui  qui permet de sortir le monde du paradigme humaniste moderne et de l’économie classique fondé sur la rareté des ressources, pour le faire basculer dans celui, alternatif, de l’abondance providentielle issu du théocentrisme. À l’instar de l’écologisme contemporain, auquel beaucoup se sont heureusement finalement convertis, ce paradigme de la Foi a également valeur cardinale d’ « arche de Noé » ou de bouée de sauvetage pour tous. Last but not least, dans un monde devenu particulièrement hostile et incertain, il est porteur de sécurité. Il dit en effet ceci : « Sois sans crainte car je suis avec toi ; n’ouvre pas des yeux inquiets, car je suis (L’Eternel) ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite victorieuse » (Esaïe 41 :10).

C’est simplement tout cela qui fonde la glorieuse et sécurisante perspective offerte par la redécouverte, sans fanatisme ni contrainte, du Dieu véritable, vivant et rempli d’un amour et d’une bienveillance infinis pour l’humanité tout entière dont Il est le Créateur.

Olivier BILE, PHD

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