Cameroun- Assassinat crapuleux du journaliste Wazizi par l’armée : Révélations scandaleuses et craintes pour Paul Chouta

Dix mois après son enlèvement avec la complicité de la police, par  des terroristes en treillis qui ont envahi les rangs de la vaillante  armée camerounaise, se faisant appeler “patriotes” et “professionnels”,   et semant la mort et la désolation au sein des Camerounais qui ont le tort de se battre pour l’avènement d’un système qui respecterait la vie de tous, y compris la leur, et où tous les avis – y compris les leurs- seront respectés, la nouvelle que tout le monde attendait et redoutait à la fois, est tombée : le journaliste Samuel Wazizi, qui se trouvait depuis août de l’année dernière. La crainte s’est emparée de la corporation qui redoute un sort similaire pour le journaliste Paul Chouta, mais qui pense qu’elle doit se lever une fois pour toutes pour affronter un pouvoir qui s’appuyant sur l’armée commence  de plus en plus à se réjouir d’être l’une des plus grosses terreurs des journalistes dans le monde.

Arrêté le 2 août 2019 à Muea par des policiers qui lui avaient signifié que leur chef souhaitait obtenir de lui des informations, il avait été aussitôt récupéré par les militaires du 21ème Bataillon d’Infanterie Motorisé (BIM) de Buea qui le voulaient pour « exploitation ». Depuis lors, le journaliste Samuel Abuwe, a.k.a Wazizi, présentateur de l’émission “Pidgin News” sur la chaine Chillen Muzic Television (CMTV) basée à  Buea  était détenu au secret et sauvagement torturé par ses ravisseurs.

Les dénonciations des avocats et des journalistes et des organisations professionnelles dont Committee to Protect Journalists (qui dès le 12 août appelait déjà à sa libération immédiate), n’ont pas empêché les militaires de repousser les lignes du traitement cruel, inhumain et dégradant auquel sont soumis des Camerounais étiquetés « ennemis de la nation » pour un oui ou un non.

C’est ainsi que ce journaliste  anglophone à propos duquel la police n’avait de cesse de répéter à ses parents, amis et connaissances venus s’enquérir de ses nouvelles et des raisons de son enlèvement, puisqu’ils n’avaient jamais accès à lui, que ses tribulations avaient un rapport avec « le conflit armé anglophone dont l’enquête est toujours en cours », a fini par succomber sous les coups des éléments du Chef de Bataillon Alain Wilfried Essengue Amougou Commandant du 21ème BIM, à qui le ministre de la Défense, Joseph beti Assomo avait recommandé lors de son installation le 18 mars 2019, de « traiter avec fermeté tout acte de nature à faire douter du lien armée-nation par les populations ».

Encore un journaliste donc que l’armée au service de la nation assassine parce que soit dit en passant, il aurait tenu des propos critiques sur la chaîne privée Chillen Media Television à l’égard des autorités et de leur gestion de la crise dans les régions anglophones du Cameroun.

Des révélations sur les circonstances de l’assassinat du journaliste qui glacent le sang

Et comme si cela pouvait atténuer quoi que ce soit à la gravité du crime, la même armée tente de faire accroire que c’est à l’hôpital militaire de Yaoundé (près de 315 kilomètres de Buea)  où il avait été transféré pour des soins, qu’il aurait succombé des suites des sévices qui lui ont été infligés alors que –une supposition que le “mal” dont il souffrait n’eut nécessité que l’intervention d’une formation médicale de l’armée-, l’Hôpital de la Garnison de Douala n’est distant de Buea que d’environ 72 kilomètres.

Des indiscrétions que des membres de la famille du défunt ont communiquées à Cameroonvoice mercredi soir tendent à situer la survenue du décès du journaliste à une période comprise la première décade de son arrestation et la suivante, du fait que son seuil  de tolérance physique n’ait pas pu tenir le coup. La situation aurait sérieusement embarrassé  la police, auteur principal de l’interpellation, qui, à son tour, aurait aimablement demandé à l’armée, auteur du crime, d’assumer ses responsabilités.

Mais au Cameroun, l’armée étant presque souveraine et surtout absolument au-dessus du peuple, elle a pris tout le temps qu’il fallait pour habiller du mieux qu’elle le pouvait  cet autre crime abominable avant de  rendre  publique la nouvelle de la mort de Samy, juste pour “libérer” la famille du défunt qui a tenté ces dix derniers mois  de repérer ses  traces, au point de saisir en vain la Cour d’Appel de Buea pour une  demande de libération en habeas corpus formulée par ses avocats.

 « C’est ainsi qu’il aurait été prévu de contacter des médias de grande audience, pour annoncer le décès et voir ce qu’il va se passer », déduit notre source qui ajoute que « Malheureusement, rien ne s’est passé, confortant ceux que vous appelez abusivement “les forces de répression”, alors que ce sont des forces d’incitation à la prise des responsabilités citoyennes et civiques”, que leurs éléments ont le droit de vie et de mort sur les Camerounais, et ça dépend d’eux de choisir l’heure, le moment et la manière de les mettre à mort. »

Les circonstances troubles de l’assassinat crapuleux du journaliste font craindre pour la vie du journaliste Paul Chouta arrêté depuis mai 2019 pour une affaire de diffamation qui ne lui aurait coûté tout au plus que six mois de prison (ARTICLE 305, alinéa du Code Pénal du Cameroun), si cela était prouvé, mais qui séjourne encore en prison parce que la partie adverse est une dame bien en cour et soutien zélé du régime).

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