“Vous êtes mon employé, monsieur le président” : Et il y en a pour comparer démocraties occidentales et tyrannies de brousse subtropicales

D’entrée, il faut qu’on s’entende bien :  « Imbéciles » ici ne doit nullement être pris au sens de personne manquant d’intelligence ou de bon sens, mais juste comme un terme générique désignant tous les “ministrons gens du diable moumous”, les “avocats l’eau-l’eau”,  jouisseurs fous et insulteurs publics à leurs heures, sans oublier les Meon sortis du néant à la suite de cirages de pompes colloquiaux, qui peuplent la galaxie popaulienne des crétins sardinards et des théoriciens abrutis du génocide anglophone et de la confiscation du pouvoir d’Etat.

Toute acception d’imbécile différente de celle exposée ci-avant n’engage que son concepteur, l’auteur de ses lignes n’étant responsable que de sa pensée et non de l’interprétation qu’en font les autres.

Une fois cette digression préambulaire entendue, qu’il nous plaise de retenir qu’il n’est nullement question de faire de la publicité gratuite à la démocratie occidentale elle aussi en construction permanente comme toute entreprise humaine, et dont les imperfections sont aussi évidentes que le dire -comme s’y attèlent certains forcenés-  serait semblable à l’attitude d’un idiot chargé de son sac qui frapperait résolument à la porte d’un moulin, attendant que le meunier  l’autorise à y rentrer.  

Comment, en effet, ne pas s’y arrêter pour le remarquer, quand on a été témoin, de loin ou de près, de l’altercation verbale entre le chef de l’Etat français et des français se réclamant du mouvement contestataire des Gilets Jaunes, qui l’ont pris à partie mercredi au moment où il effectuait une promenade ? Comment ne pas noter, en bon Camerounais qu’est l’auteur de ces lignes, que l’on n’a enregistré ni mort, ni blessé, et encore moins la moindre arrestation à la suite de cet incident.

Car dans ma Crevettonie-Sardinavie natale, quelque part au centre de l’Afrique, le démiurge qui me sert de président de président de la République ne peut gratifier ses concitoyens d’une promenade pédestre. C’est la loi de la démiurgie. Toute attitude tendant à le rapprocher de la plèbe et de la racaille populaires pourrait le ramener au rang d’humain. Cette loi non écrite qui tranche avec l’idée du contrat entre un peuple et son employé-président supposément élu (choisi entre plusieurs) par lui est tellement ancrée dans les mœurs sécurocratiques de la Sardino-Crevettonie que lors bien même que le chef de l’Etat passerait dans un véhicule blindé jusqu’aux moyeux, il est tellement encerclé (chez eux ils disent “entouré”, “encadré” ou “protégé”) par une garde dont les éléments armés jusqu’aux dents vous dissuadent tellement de leur mine lugubre que vous n’aurez jamais le courage de vous approcher,  fut-ce pour adresser des félicitations ou des remerciements. Et si par extraordinaire, vous l’avez ce courage, vous ne vivrez pas pour raconter comment des rafales de kalach vous ont effacé de la surface de la terre. Ce sera ce qu’on appelle une cause entendue d’office.

Car dans ma Crevettonie-Sardinavie natale, pays non imaginaire qui s’étend de la baie de Biafra jusqu’au Lac Tchad, le choix du président de la République et des représentants du peuple ou des collectivités n’a rien d’une élection ou des élections, c’est-à-dire l’instant où le jury populaire désigne son (ses) serviteur(s) en lequel(s) il a le plus confiance, pour veiller sur les affaires de la Nations. Non, il s’agit d’un simulacre de quelque chose de semblable à une élection, au cours duquel un clan de népotes, spécialistes aussi bien des montages électoraux que des montages vidéographiques, armés jusqu’aux dents –comme toujours-  et prêts à tout pour neutraliser « ennemis de la nation » et « antipatriotes » font tout ce qui est en leur pouvoir pour imposer « démocratiquement » leur chef   au nom de la prévention de la réalisation d’un soi-disant « agenda caché ».

Eurêka ! Agenda caché ! C’est le mot. Les gilets jaunes de ce mercredi 15 juillet 2020 eurent été des sujets crevotto-sardinaves qu’ils n’auraient pas eu le temps de rappeler à monsieur Macron que le mot président était synonyme d’employé. Pourquoi ? Elémentaire mon cher… “Moumou Gens du Diable” ! Ils auraient été mitraillés et le sol des Tuileries aurait été pavé de leur sang. Rouge.

Ensuite, un « Meon-néant » aurait été chargé d’expliquer en langage “science-politologique” les contours de l’agenda caché des “terroristes”, et en bon intellectuel du ventre, aurait fait valoir que même dans les démocraties “longtempsnaire” comme la France et les Etats-Unis, on s’offre quelquefois des bains de répression au teaser et au bâton contre les gilets jaunes et les manifestants du mouvement Black Lives matter, et qu’au nom de la raison d’Etat, ce serait une grosse injustice de tenir rigueur au pays de “la démocratie avancée” d’avoir encore recours aux armes à feu et autres balles réelles “non létales” au 21ème siècle pour régler le compte des manifestants pacifiquement terroristes armés (par des puissances extérieures convoitant nos crevettes et sardines) de phrases d’une puissance nucléaire inégalée telle  que « vous êtes mon employé, monsieur le président. ».

A sa suite, un sadique ministre du porte-parolat aurait entonné son refrain sur le professionnalisme de l’armée crevetto-sardinave, dont les éléments, quoique  tirant à balles réelles « non létales » sont incapables “d’oser songer penser” faire du mal à une mouche. Son prédécesseur, lui, aurait indexé l’armée malienne, uniforme « de type sahélien » à l’appui pour illustration…    

Bien sûr, comme à l’accoutumée, les avocats du diable disséminés dans la populace et en quête de billets d’invitation à la mangeoire nationale feindront d’ignorer les limites de la comparaison, et vous brandiront le scandale d’Abou Ghraib et les gilets jaunes blessés en France pour vous faire comprendre qu’ailleurs on fait pire qu’au Cameroun.  Autrement dit, Hérode “Le Grand” était un démocrate parce qu’il pouvait entendre jusqu’au bout des mages venus lui annoncer l’avènement d’un roi des Juifs autre que lui, alors que l’empereur romain Tibère aurait effacé l’humanité entière après un tel affront. Par pertes et profits donc le massacre des enfants (les Saints Innocents) de moins de deux ans ordonné par ce roi fou après qu’il a appris la naissance de l’enfant Jésus ; aux oubliettes, l’assassinat systématique de ses opposants ou supposés tels,  ainsi que l’exécution de  son épouse Mariamne, son beau-frère et de trois de ses fils, pour la simple raison qu’il est le monarque juif sous le règne de qui furent réalisées les plus grandes constructions de Palestine qui lui valent le surnom de “Le Grand”, à l’instar de l’achèvement du Temple de Jérusalem, l’édification de la forteresse Antonia, le port et la ville de Césarée, Massada, l’Hérodion… au moyen d’une politique fiscale tout simplement étouffante. De même, pour avoir construit la belle cité touristique de Tibériade, son fils Hérode Antipas II devrait être sanctifié malgré qu’il eut ordonné la décollation de  Jean Le Baptiste pour offrir sa tête à la contemplation jouissive de sa fille Salomé à qui il avait promis de réaliser le vœu qu’elle ferait.  

Mais on n’en est pas encore là, les citoyens de la Crevettonie-Sardinavie, c’est entendu, ne pouvant jamais avoir le culot et/ou l’occasion de dire son fait en face à un président de la République. Ils ont tellement peur, y compris de leur ombre, que même si un décret présidentiel était lu en direct à la radio et à la télé pour les  autoriser à le faire, ils ne le feraient pas.

Pour l’instant, on en est à l’analyse de l’interpellation en public par ses concitoyens  du président d’un pays auquel les Crevetto-sardinaves ont l’habitude de comparer le leur en matière de mauvaises pratiques.   Certains esprits embués d’huile de sardine qui nous ont fait la grâce de commenter ce qui est un événement  pour nous, peuples interdits de citoyenneté et convertis par la force  en sujets souffre-douleurs de nos satrapes obtus, mais qui n’est pour les Français qu’un fait divers, quoique pas forcément de la plus triviale… banalité, ont tout bêtement laissé entendre qu’« il s’agit d’un montage » commandé par un Macron en mal de popularité.

Ils avaient dit pratiquement  la même chose fin février,  accusant au passage les “services français” d’avoir volé au secours de Bolloré désireux de se venger du président d’un pays qui venait de lui dire non sous les tropiques. La couleuvre avait été d’autant plus rapidement gobée qu’à l’époque le magnat françafricain de la logistique, de l’agro-industrie et des transports, accapareur insatiable devant l’Eternel des terres africaines,  était en difficulté en Crevettonie-Sardinavie où il avait perdu temporairement  -fait sans précédent- le bail (emphytéotique ?)  de la gestion du Terminal à Conteneurs  (TAC) du principal port du pays. L’on fit alors endosser au Premier des « Patriotes » de la Crevettonie-Sardinavie de « hautes  instructions » patriotiques instruisant hautement le non renouvellement  de la concession du TAC au logisticien breton. Toutes acrobaties intellectuelles ayant pour but de réduire à une affaire d’agenda caché de déstabilisation néocoloniale  de la Crevettonie-Sardinavie, l’initiative prise lors du Salon de l’Agriculture à Paris par le BASsiste, Calibri Calibro, de faire avouer au lointain successeur de François Mitterrand  qu’il savait que l’armée professionnelle du  meilleur élève de la France était en train de semer généreusement la mort dans des milliers de familles  des régions anglophones de son pays qui n’en demandaient pas tant, et qu’en retour, des centaines d’anglophones ayant pris le maquis pour venger leurs morts, tuaient eux aussi des hommes et femmes soupçonnées d’intelligence avec “l’oppresseur franco-fool”, dans des conditions dont l’atrocité le disputait en tout aux méthodes du camp d’en face.

Il était ici question de faire croire que l’aveu de « Monsieur Macron » selon lequel il avait dû tirer les oreilles au président du PPTE d’Afrique subtropicale et l’avait  menacé de non-rencontre entre présidents à Lyon s’il ne se départait pas des habitudes de chef de villages de brousse qui consiste à faire enfermer des gens pour des actes aussi ordinaires que marcher, des actes aussi barbares que de les charger des crimes passibles de potence comme cela avait été le cas  pour les plus grands criminels de l’histoire de la Crevettonie-Sardinavie, un certain Maurice Kamto et sa bande –pour ne pas les nommer-, libérés finalement sans (autre forme de) procès, après avoir commis le crime odieux, que dis-je ignominieux,  de marcher (faire le geste de se déplacer répétitivement jusqu’à destination, en mettant un pas après l’autre) pour dénoncer le braquage électoral  perpétré par des “patriotes” convaincus que l’on peut être l’homme politique le plus critiqué d’un pays, que l’on peut se voir imputer la responsabilité de l’échec pendant plus de 36 ans du même pays, et être tout bonnement plébiscité la minute d’après  à 71% des suffrages par les citoyens de ce pays lors d’une élection. Une élection supervisée et validée respectivement par un organe électoral et un Conseil constitutionnel d’obligés, eux aussi appuyé par une armée, une  police et une justice “patriotiques” chargées de semer l’épouvante dans les rangs des déstabilisateurs qui osent troubler le sommeil de la minorité qui boit du champagne, par leur insistant et insolent rappel de  l’existence misérable de ses sans-dents qui courent après la moindre goutte d’eau potable.

A croire que sous les cieux de la Sardino-Crevettonie, il n’y en a pas beaucoup pour rattraper les autres

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