Autopsie d’un génocide : la guerre planifiée du NOSO est le socle du holdup électoral depuis 2018.

Les Camerounais, les Africains et la communauté internationale, se sont toujours demandés pourquoi le régime de Yaoundé avait choisi dans le NOSO, l’option de la guerre féroce contre le peuple Camerounais alors que :

  • la population Camerounaise a démontré son pacifisme (on ne laisse pas un satrape au pouvoir paisiblement pendant 38 ans sans être pacifiste) ?
  • les personnalités politiques, religieuses et de la société civile avaient, à maintes reprises, attiré l’attention du régime sur les risques de cette guerre et avaient prôné l’option du dialogue ?
  • le pays était déjà engagé sur plusieurs fronts de guerre assez coûteux ?
  • le pays, déjà en faillite, frappait à nouveau aux portes du FMI qui n’aura d’autre choix que de replacer le Cameroun, pour une deuxième fois, sous ajustements structurels ?
  • le pays s’apprêtait à recevoir une coupe d’Afrique des Nations ?

La réponse à cette question est très simple. Le génocide du NOSO a été planifiée par le régime de Yaoundé comme une guerre préventive pour neutraliser les pulsions revendicatrices des Camerounais qui devaient automatiquement défendre leur victoire à l’élection présidentielle de 2018 que le RDPC avait mission de voler

Près de 4 ans après le déclenchement de cette guerre, après plus de 30.000 morts, plus de 200.000 réfugiés et plus de 1.700.000 déplacés internes, l’autopsie du génocide montre que :

  1. Sur le plan tactique, le régime de Yaoundé, habitué aux attaques par embuscades, avait réussi un coup de maitre en planifiant cette guerre pour favoriser le holdup. Il avait vu juste en s’attaquant aux anglophones, car la population Anglophone du Cameroun est plus prompte à revendiquer énergiquement ses droits fondamentaux. Et les Camerounais en général et les Anglophones en particulier, n’avaient jamais imaginé que le régime pouvait se lancer dans une telle folie. Si les Anglophones avaient eu 3 mois de préparation, cette guerre serait déjà terminée en leur faveur. Mais qu’à cela ne tienne, le régime a un peu réussi car il aura fallu d’une part aux anglophones et leur diaspora un instinct de survie extraordinaire pour tenir tête au régime depuis 4 ans. Le Président élu Maurice Kamto et la diaspora, d’autre part, auront dû user de plus d’une démonstration pour faire sortir quelques Camerounais dans la rue.
  2. Sur le plan stratégique, par contre, cette option, que les thuriféraires du régime qualifiaient de « géniale », est un fiasco général qui témoigne de l’absence de vision qui caractérise ce régime. Le régime a perdu cette guerre sur tous les plans. Cette guerre plombe complètement le Cameroun. Et le régime est coincé dans tous les sens et pour plusieurs raisons :
    1. Assassiner les hommes et détruire une société pour des raisons politiques est un cauchemar qui peut se révéler mortel, même pour ceux qui l’ont initié, particulièrement quand le peuple refuse cette aberration.
    1. Le président Maurice Kamto a mis un veto sur le holdup, en lançant le plan derésistance. Un acte qui rend la guerre permanente dans le NOSO, selon la logique du régime, jusqu’à ce qu’il quitte le pouvoir.
    1. Le régime est coincé par le DIA-LO-GUE. Ce gros mot qui fait flipper le régime, est le meilleur moyen pour arriver à une paix durable. Or ce régime considère désormais la paix et le dialogue comme deux éléments qui sifflent inéluctablement sa fin.

Voilà en gros ce que révèle l’autopsie du génocide en cours dans le NOSO. Une aventure folle qui a été planifiée par les imbéciles malheureux du régime de Yaoundé comme une guerre préventive pour sursoir le holdup électoral. Il est donc très difficile d’attendre de façon volontaire de ce régime toute forme de dialogue, de cessez-le-feu ou de fin de guerre car son objectif n’a pas été atteint et tout dialogue va aboutir à les mettre en face de leur folie. C’est pourquoi, en plus de la guerre dans le Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le régime a favorisé trois nouveaux fronts de guerre ; le Covid 19, le Cholera et les commérages (confiés à une chaine de télévision spécialisée).

Les Camerounais Francophones font semblant de n’avoir pas bien compris. Ce gouvernement ne comprend que le langage de la guerre et de la confrontation qu’il impose à tout va sans réfléchir. Les Francophones savent très bien que ce régime, soutenu par Paris, fait aussi la guerre aux Francophones pour maintenir le Cameroun en esclavage. Alors, si nous voulons mettre fin à cette guerre, nous devons passer de la phase de dénonciation et de lamentation à la guerre tout court. Ce n’est pas un discours de va-t’en-guerre. C’est une voie parfois incontournable, face aux redoutables colons ou néo-colons. C’est la voie qu’avait choisie Jerry Rawlings et Paul Kagamé.

Si nous n’agissons pas, nous resterons dans l’esclavage et compterons encore nos morts pendant des décennies sous les regards goguenards de ces vautours sans foi ni loi.

Douala Ngando

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