Mythomanie sévère au Cameroun : Le colonel Atonfack, atteint d’une Sepsis, mais vivant, 15 jours après son Interrogatoire sur Equinoxe TV

Alors que la famille Atonfack a été rapidement informée des traumatismes de leur fils, frère et père,… la famille Wazizi doit attendre… 10 mois pour apprendre que leur fils, frère et père était mort de Sepsis sévère,

Sou-la-ge-ment ! C’est l’expression générale qui se lit sur les visages des membres de la famille Atonfack, près de 15 jours après son interrogatoire sur les plateaux de Equinoxe soir dans l’émission “La Vérité en Face”. Un sentiment diamétralement opposé àla profonde tristesse qui anime la famille Wazizi que la police et l’armée, supposées le protéger, avaient tout simplement supprimé atrocement. En effet, 15 jours après son interrogatoire, Wazizi était déjà abattu.

C’est l’histoire de deux hommes, qui ont eu à un moment donné, un parcours commun d’interrogatoire, avec deux destins différents, l’un étant la victime de l’autre le bourreau. Oui, Wazizi, de son vrai nom Samuel Ajiekah Abuwe, et le colonel Atonfack sont deux hommes, deux Camerounais, qui ont subi une épreuve commune d’interrogation avec des destins différents car le 5 juin 2020, suite à de fortes pressions nationales et internationales, c’est ce colonel, Serge Cyrille Atonfack, porte-parole de l’armée, qui va déclarer que Wazizi était décédé d’une grave sepsis le 17 août 2019 à l’hôpital militaire de Yaoundé. Plusieurs éléments viennent attester le parallélisme des évènements que ces deux hommes ont subis :

Les deux hommes : Wazizi et Atonfack sont deux hommes de métier qui aime servir dans leur fonction respective. Leur engagement pour servir la nation Camerounaise semble, je dis bien semble, ne souffrir d’aucun doute.

La convocation : Le colonel Atonfack a été convoqué ou invité en bonne et due forme par les journalistes de Equinoxe télévision pour un interrogatoire, tout comme le journaliste Wazizi avait été convoqué en bonne et due forme par la Police de sa localité.

Acceptation de la convocation : Wazizi, en bon citoyen, s’était rendu volontairement à la convocation de la police locale. Il en est de même pour le colonel Atonfack, qui se serait rendu volontairement dans les studios de la télévision Equinoxe. Il n’aurait donc pas, comme le suggèrent certaines mauvaises langues, été capturé dans une de ces rafles routinières de la police à Douala et trainé de force sur les plateau de Equinoxe.

L’interrogatoire : De l’avis de tous ceux qui ont regardé cette émission « La vérité en face », le colonel Atonfack aurait subi un interrogatoire musclé, cuisiné par les journalistes Cédric Noufele, Babila Johnathan et Duval Fangwa. La déroute du colonel sur le plateau est une indication qu’il a subi probablement les mêmes affres que Wazizi dans les locaux de la police. Malgré ces rigueurs, les gouverneurs des deux régions concernées vont confirmer que les deux hommes étaient en très bonne santé quand ils ont regagné Yaoundé.

La sepsis sévère après l’interrogatoire : ce n’est donc pas une surprise qu’un tel interrogatoire ait eu des conséquences sur nos deux hommes. Wazizi va s’en tirer avec une sepsis sévère qui va l’emporter alors que Atonfack va s’en tirer avec une sepsis mentale très sévère. Une maladie étourdissante dont nous allons voir les contours un peu plus loin.

Le dénouement final : Alors que la famille Atonfack a été rapidement informée des traumatismes de leur fils, frère et père, après son passage sur la télévision Equinoxe, la famille Wazizi doit attendre près de 10 mois pour apprendre que leur fils, frère et père était mort de Sepsis sévère, une maladie qui au Cameroun est très grave car non seulement elle vous tue mais elle nécessite au moins 10 mois pour constater votre décès et en plus elle oblige le régime à confisquer votre corps. Oui ! C’est une nouvelle maladie ! Ça vient de sortir !

Si la septicémie généralisée, qui a emporté Wazizi, est une maladie qui vous ôte la vie en vous fracturant les os des bras, des jambes et du crâne, avec des risques de décapitation, la sepsis mentale sévère, par contre, n’est pas mortelle mais, à en juger ses effets instantanés sur Mr Atonfack, on peut affirmer que cette forme de sepsis n’est pas sans séquelles. La performance du colonel lors de l’interrogatoire a permis de souligner au moins trois symptômes de la sepsis mentale sévère :

  1. L’ignorance de la vérité

Le colonel Atonfack, au cours de l’interrogatoire, a prouvé qu’un militaire bien formé peut appliquer rigoureusement une discipline. Il a réussi pendant toute l’émission, parlant souvent comme un pasteur et souvent comme un philosophe, à tout dire sauf à dire « la vérité en face ». Nous n’avons eu aucune réponse sur tous les sujets de la guerre au Nord et au NOSO. Surtout, le colonel n’a toujours pas expliqué pourquoi, il a fallu 10 mois pour informer la famille, les avocats, les collègues journalistes, les syndicats, l’ensemble des Camerounais et les ONG, de la mort de Wazizi. Il nous parle d’une enquête, commandée par l’ambassadeur de France, mais qui n’existe nulle part, pour justifier la confiscation du corps du défunt journaliste.

  • L’illusion d’être un philosophe.

Dans son souci de ne pas dire la vérité le colonel a du se vêtir du manteau du philosophe d’un soir. Mal inspiré, il va déployer sa théorie qui mérite un titre de doctorat : Le journaliste Wazizi, anglophone, serait décédé, suite aux causes naturelles puisque un autre journaliste Kingsley Njoka, anglophone lui aussi, est vivant alors qu’il a été kidnappé pendant un mois et traité dans les mêmes conditions que Wazizi (c’est-à-dire habillé d’une veste). La mise en œuvre de cette théorie indique clairement que l’arrestation de Njoka Kinsley a été sans fondement et prémédité uniquement pour construire l’antithèse de cette théorie. Autrement dit :

  • Si des soldats vont en guerre dans le NOSO et que quelques soldats survivent, alors les soldats décédés seraient morts de septicémie généralisée d’origine naturelle.
  • Les civils de Garbuh seraient morts de Sepsis puisqu’il y a plein de civils aux NOSO qui ont croisé le chemin des soldats et qui sont vivants.
  • Les 40.000 morts du NOSO seraient victimes de sepsis puisqu’il y a des milliers d’autres civils qui sont vivants dans le NOSO.

Quel talent ! Ce colonel, pardon, ce philosophe Atonfack vise carrément un prix Nobel de philosophie.

  • La désinhibition face aux secrets du régime.

La désinhibition est finalement l’un des grands symptômes d’une sepsis mentale. Le malade s’emporte, et sans complexe, finit par dévoiler toutes les stratégies meurtrières du régime que les plus initiés avaient déjà décryptées depuis longtemps. Le régime fabrique des thèses et des antithèses. C’est ainsi que dans le NOSO, pour chaque acte de barbarie perpétré, plusieurs observateurs nationaux ou indépendants ont du mal à en dédouaner le régime. Le cas le plus récent c’est l’assassinat d’un membre de cet ONG qui est justement dans la zone pour aider les anglophones et dont le régime accuse les anglophones d’être responsable de sa mort.

Je pense que nous allons nous arrêter là avec les symptômes de cette terrible sepsis mentale pour évoquer les vérités que le colonel Atonfack, sous l´effet de cette sepsis mentale étourdissante, n’a pas dites aux Camerounais pendant l’interrogatoire. Le colonel n’a pas souligné que :

  • L’armée est la grande muette : Mon colonel, le peuple est, à 99%, constitué des civils. Il ne comprend pas le langage militaire. Dans de telles situations, pour s’adresser au peuple, c’est le président de la république qui prend les devants, ou à défaut le premier ministre, sinon le ministre de la défense ou encore le ministre de la communication ou plus bas le porte-parole du gouvernement. Votre apparition dans cet interrogatoire pour des sujets aussi graves montre que l’armée du Cameroun est en péril, avec un électron libre qui vient se frotter à une sepsis.
  • L’armée ne doit pas être partisane :  Quand une armée obéit aveuglement à un régime ou à un gouvernement sans plus tenir compte de l’avis du peuple qui est souverain, alors cette armée devient partisane et gagne le qualificatif de milice coloniale. C’est ce qui justifie cette dérive qui amène un soldat Camerounais, formé et payé par les impôts d’une pauvre paysanne Camerounaise, à abattre le bébé de cette paysanne sur son dos avant de la tuer elle-même.
  • L’armée est en échec sur tous les plans : Une armée nationale défend les personnes, les biens et l’intégrité du territoire. Or l’armée Camerounaise détruit les Camerounais et leurs biens sur le territoire, avant de les vendre aux étrangers. Même un lion, dans la protection de son territoire, épargne d’autres lions et surtout empêche les proies qui se trouvent sur son territoire d’aller ailleurs. L’armée Camerounaise a dépassé l’état bestial pour se confondre à un état robotique. Cette milice, exécutant comme des robots des ordres de leur maitre Français et Israéliens, tue les gens, des enfants, décapitent les femmes, brûle des villes et villages entiers. Elle ne réalise même plus ce qu’elle fait, au point d’échafauder des théories mal alambiquées pour justifier des carnages.
  • L’armée Camerounaise est une armée commandée par des étrangers pour des intérêts étrangers : Monsieur Atonfack  n’explique pas pourquoi 60 ans après les indépendances c’est toujours les Français qui sont les instructeurs des soldats camerounais. Pourquoi c’est l’ambassadeur de France qui parraine les officiers en fin de formation au Cameroun ? Pourquoi c’est cet ambassadeur de France qui annonce une enquête militaire sur la mort de Wazizi ? Pourquoi c’est Le Drian (entouré de toute la garde républicaine du Cameroun) qui vient inaugurer le pont sur le Wouri ?
  • Le BIR est une milice dans la milice : Le BIR n’est pas une unité spéciale. Pour bien comprendre ce que c’est que le BIR, il faut prendre l’exemple d’un centre hospitalier. Un hôpital général traite toute les formes de maladie, alors que certaines cliniques ou hôpitaux sont spécialisés dans une ou deux sortes de maladies, on parle alors d’hôpital spécialisé. On peut dire que l’armée est comme un hôpital général car l’armée a toutes les formes de spécialisations (terre, air et mer). Et souvent dans l’armée, pour des besoins ponctuels ou très spécifiques, on peut développer une unité spéciale dont la mission est d’assumer une tâche spéciale. Le BIR qui a des unités terre, mer et air, n’est pas une unité spéciale, elle est une armée dans l’armée. Or comme nous sommes en présence des milices, elle est une milice dans la milice.
  • Le BIR recevait tous les moyens pendant que l´armée Camerounaise, clochardisée, est devenue l´armée la plus malheureuse du monde car condamnée à racketter, brutaliser et tuer les Camerounais qu´elle est supposée protéger. Les Camerounais étant de plus en plus pauvres, cette armée est  ´exporter son activité de rapine au-delà de nos frontières et même plus loin (les Togolais ne se sont toujours pas remis du traumatisme de ce brigandage).

Pour conclure, nous devons donc admettre, au vue de la gravité de la situation de notre armée et des déclarations hasardeuses et approximatives de ce colonel, que personne ne peut sortir indemne d’un interrogatoire musclé. Une forme de sepsis est en général le tarif réservé aux victimes. Si Wazizi en est mort, notre Atonfack national, qui a étalé sur le plateau les connivences du régime avec la France et les Israéliens, s’en est tiré avec une sepsis mentale très sévère. Les Journalistes de Equinoxe TV, très élégants, en ont probablement tenu compte puisque le colonel Atonfack n’a même pas été accusé d’intelligence très grave avec les terroristes Israéliens ou Français.

Le soulagement de la famille Atonfack est donc bien justifié même si c’était presque sans surprise, connaissant le sens de la justice et de l’élégance des journalistes de la télévision Equinoxe. Mais j’ai peur que ce soulagement de la famille ne soit que de courtes durées car on ne dit pas tant d’affabulations sans risquer de se retrouver à nouveau convoqué pour un autre interrogatoire qui peut être plus musclé. Je pense ainsi à la réaction violente et catégorique du journaliste Njoka Kingsley, qui est un signe précurseur des plaintes contre Atonfack qui risquent de s’amonceler sur les bureaux des juges.

Douala Ngando

Le soulagement de la famille Atonfack est donc bien justifié même si c’était presque sans surprise, connaissant le sens de la justice et de l’élégance des journalistes de la télévision Equinoxe. Mais j’ai peur que ce soulagement de la famille ne soit que de courtes durées car on ne dit pas tant d’affabulations sans risquer de se retrouver à nouveau convoqué pour un autre interrogatoire qui peut être plus musclé. Je pense ainsi à la réaction violente et catégorique du journaliste Njoka Kingsley, qui est un signe précurseur des plaintes contre Atonfack qui risquent de s’amonceler sur les bureaux des juges.

Douala Ngando,

Facebook Comments
- Publicité -

Plus populaires

Autres actualités

Cameroun: Plainte internationale contre le régime Biya après la marche du 22 septembre

C'est la deuxième missive qu'il adresse au régime Biya après les bavures policières du 22 septembre 2020 dans plusieurs régions du...

A contested legacy: Julius Nyerere and the 2020 Tanzanian election (The Conversation)

By Luke Melchiorre* Julius Nyerere’s ideas and legacy remain objects of debate in contemporary politics, especially in an...

Parqués tels des bêtes à la Police judiciaire à Douala : Leur crime ?...

Ainsi sont toujours les après-manifestations de protestation au Cameroun. C’est une tradition. Comme c’est une tradition que les policiers tirent sur les...
video

Cameroun : Albert Dzongang introuvable depuis le 22 septembre. Vers un Remake de l’affaire...

Arrêté ou en fuite ? Difficile de dire exactement où se trouve l'ancien député du Rdpc, Conseiller du Président national du MRC,...

22 septembre (suite) au Cameroun : Crainte d’un mouvement des avocats après l’arrestation...

Après les centaines d’arrestation opérées depuis mardi dans les rangs des militants de l’opposition et des activistes de la société civile pour...
- Publicité -
Facebook Comments