Mur entre la Guinée Equatoriale et le Cameroun : Discorde, Protection ou Prévention ?

Une concertation au plus haut sommet vient de se dérouler en Guinée équatoriale, entre les autorités Camerounaises et Equato-guinéennes. A l’effet de parachever les accords entre les deux parties au sujet du conflit frontalier qui les oppose depuis des années et qui s´est manifesté par la construction d´un mur qui sépare les deux pays.

Mais enfin ! Que signifie ce mur ? On parle bien entendu ici de deux pays dont les dirigeants sont les champions du monde du panafricanisme selon Afrique Media, c’est-à-dire que ces deux dirigeants aspirent à l’union des pays Africains. En tout cas, aux vues de tout ce qui se passe entre les deux pays, bien malins sont ceux qui pourront vous dire avec précision si cette barrière est un mur de discorde, de protection ou de prévention.Je répondrais :« les trois ! Mon commandant » pour faire un clin d’œil aux autorités militaires, érigés en émissaires, qui se sont rendues à Malabo. Nous pouvons donc respectivement évoquer :

  1. Un  mur de la discorde

Les Equato-Guinéens et leur président ne sont pas d’accord avec la façon dont le Cameroun est gouverné, de la délinquance multifactorielle du Cameroun qui déborde sur la Guinée et surtout avec cette manie qu’a le chef de l’état Camerounais d’infiltrer la France dans tous les méandres des affaires de la zone CEMAC.

  • Un Mur de Protection

Le président Obiang, chef de l’état de la Guinée Equatoriale comprend très bien deux choses : Premièrement, il appréhende très bien cette fuite en avant des autorités Camerounaises qui se sont installées dans une frénésie de vente des atouts du Cameroun et en particulier des forets Camerounaises. Connaissant leur boulimie sans frontière, ce mur est une précaution pour ne pas se retrouver un beau matin avec une Guinée Equatoriale vendue au Français ou aux Israéliens par les Camerounais. Deuxièmement, le président compte bien protéger son pays contre un éventuel coup d’état. Pour rappel, le ministre équato-guinéen des affaires étrangères et de la Coopération, Siméon Oyono Essono, a reprécisé à la délégation camerounaise la chose suivante: «Nous exprimons notre gratitude au gouvernement camerounais pour sa collaboration sur l’échec de l’attaque mercenaire de décembre 2017 en Guinée Equatoriale. Cependant, des menaces provisoires persistent de la part de nos ennemis qui tentent de commettre des actes macabres et de provoquer des effusions de sang dans notre pays. Nous félicitons le gouvernement du Cameroun pour son implication auprès de tous ceux qui sont impliqués dans ce coup d’État frustré». Un doigt accusateur sans ambages. La légende dit que Paul Biya n’avait pas reçu les émissaires de Obiang NGuéma à Yaoundé à cause de cette difficulté à afficher un regard coupable face à ses hôtes, alors que dans la même période, le même Paul Biya recevait un ambassadeur de Corée et un touriste Sénégalais qui passait par Yaoundé.

  • Un mur de Prévention

Le président Obiang observe avec beaucoup d’attention toutes les dérives tribales que le signataire des APE de Yaoundé est entrain de déverser sur la Nation Camerounaise et ne souhaiterait pas que la Guinée Equatoriale soit la base arrière ou un refuge pour des potentiels génocidaires qui viendront s’y réfugier au nom de leur appartenance à la tribu Ekang. Une telle mesure de prévention serait plutôt salutaire pour le Cameroun car cela va certainement freiner les ardeurs de certains apprentis génocidaires qui s’impatientent dans l’ombre.

Nous pouvons retenir que ce mur tient tous ses symboles qu’il soit de discorde, de protection ou de prévention, les arguments évoqués pour un cas étant valables pour les autres cas. Cela dit, nous apprenons que ce mur de la honte ne sera plus construit et que la concertation, initiée par le président Obiang pour enterrer la hache de guerre, sera couronnée par des « Accord sur la défense et la sécurité » entre le Cameroun et la Guinée équatoriale.

Je dirais pour conclure que je ne suis pas de ceux qui pensent que le président Obiang a eu tort de prendre des mesures si drastique en ordonnant la construction de ce mur. C’est que la situation à cette frontière peut facilement dégénérer. C’est bien deux pays aux philosophies bien différentes avec l’un qui s’occupe de son peuple et l’autre qui sert son peuple, sur un plateau d’esclaves, à ses maitres, les Français et les Israéliens. On raconte que la distraction principale des Camerounais de cette région consiste à s’attrouper aux bords de la frontière pour voir briller au loin la Guinée comme dans un rêve.

Je mesure également la prudence du Président Obiang qui a eu le bon sens d’initier cette opération de désescalade pour contenir l’imprévisible régime de Yaoundé. En effet, il faut surveiller cette frontière comme du lait ou de l’huile sur le feu car, face à cette prédation insatiable de la Francafrique, il faut s’attendre à tout. On se souvient que :

  • Deux Burkinabés (Ouattara et Compaoré), après avoir mis en faillite leur propre pays, ont fondu, tels de féroces rapaces sur un pays voisin (la Cote d’Ivoire) qu’ils contrôlent totalement aujourd’hui. « Il faut surveiller cette frontière comme du lait ou de l’huile sur le feu ».
  • Le régime de Yaoundé avait déclenché un génocide juste parce que les Camerounais Anglophones avaient revendiqué une décentralisation ou un fédéralisme en agitant des arbres de la paix. Alors on peut imaginer la fureur qui peut s’emparer de ces  tirailleurs face à tout un mur. « Il faut surveiller cette frontière comme du lait ou de l’huile sur le feu ».

Douala Ngando

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